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Inconnu

Hylien(ne)

Homme

#666666


Habile à l’arc, efficace à la lance et adroit à l’épée, le jeune homme semble plutôt doué pour le combat. Des mois – sans doutes des années, en vérité – d'épreuves et d’affrontement ont achevé de l’endurcir, d’aiguiser ses réflexes et ses capacités. Aujourd’hui, il est à l’image de sa lame : dangereux, sans merci. Les coups qu'il porte ne visent pas à blesser, ils cherchent toujours à tuer.
Sa maîtrise ne se limite d'ailleurs pas aux seuls outils évoqués : il est également à l'aise à la hache – fut elle de poing, de guerre ou de lancer –, le marteau ou la masse, le bec-de-corbin. Il l'est également à l'hallebarde, à la pique et autres armes d'hast. D'une façon générale, l'ancien garde royal sait se faire porteur de mort, peu importe ce qui lui passe entre les mains.
Les cicatrices qui marquent son corps racontent toutes l'histoire de ses affrontements. Certaines ont été infligées par des bêtes massives, assez pour raser l'équivalent d'une colonie actuelle, tandis que d'autres disent les fois où de sordides langues d'acier l'ont mordu. Parfois, elles étaient maniées par des Yigas avec qui il a souvent du batailler. Certaines appartenaient à d'autres survivants, dont tous n'étaient pas humains. Sur sa chair, elles ont griffonné le livre d'une vie. Ou de deux. Peut-être ces stigmates trahissent l'expérience qui accompagne l'Inconnu.
S'il ne dégaine que rarement le fer, il s'avère particulièrement brutal quand il le fait finalement. Certaines des dépouilles qu'il a laissé derrière lui n'étaient plus reconnaissables après avoir eu le visage engoncé, par exemple, à grands coups de rondache. Pour qui sait l'utiliser, la tranche de ces boucliers s'avère des plus meurtrières. Nombreux, pourtant, sont celles et ceux à avoir connu un sort similaire même quand le vagabond n'avait pas de targe sous la main.
Fauve, l'Hylien sait aussi se faire discret. Habitué à chasser des animaux souvent plus alertes que ne peut l'être l'humain, il ne manque pas d'entraînement en la matière. Si la situation l'exige, il n'hésitera donc pas à contourner une rixe peu pertinente. Il a, depuis longtemps déjà, appris à choisir ses joutes et ses escarmouches.


Celles et ceux qui l’ont rencontré l’appellent parfois Gueule-Cassée. Longue plus que large, la balafre qui fend son visage s’étend presque d’une joue à l’autre, chevauchant son nez déjà maintes fois brisé. La plaie, pourtant, a plutôt bien cicatrisé : elle est nette et droite, comme le sont la plupart des incises infligées par une lame archéonique. Mais, les quelques uns qui battent encore la voie des Landes sont, sans doute, devenus avares d'amabilités.
D'autres stigmates marquent le corps meurtri du jeune Hylien. Sous la dense étoffe, parfois renforcée de cuir ou couverte d'un manteau de paille, se cachent d'autres lézardes, d'autres brèches. Elles courent le long de son flanc et de son bras, mais aussi sur son thorax et son épaule droite. La gauche arbore encore l'impérissable souvenir laissé par le feu des Gardiens.
Souvent nouée en un chignon négligé ou ramenée à la va vite pour former une queue de cheval, sa chevelure blonde – quoique tirant vers le brun – encadre un regard éraillé, presque essoufflé. D'un bleu de givre à la clarté rare, il contemple sans haine ni ressentiment un monde qui jamais ne pourra être le sien.
En un an, ses joues ascètes se sont doucement creusées, marquant légèrement les pommettes que grignote parfois une discrète barbe de quelques jours. Cette simple information, associée au teint légèrement hâlé qu'il camoufle parfois sous une autre épaisseur de tissu, en dit long sur cette vie nomade, presque de bohème, qui s'est imposée à lui.
Discret, et d'apparence peut-être un peu banale, Sans-Nom dissimule en vérité une musculature rêche, légèrement noueuse, hersée le long des sentiers sinueux d'un conflit séculaire, fait de légendes sanglantes — de rancoeur autant que de cupidité.
Aux lourdes cuirasses de plaques et d'acier, il préfère généralement des textiles plus légers, et surtout plus pratiques pour voyager quoiqu'il lui arrive parfois de revêtir un haubert, qu'il couvre ensuite de sa tunique. Il affectionne aussi les capes, les chaperons et les pèlerines, qui offrent toutes une protection contre les affres de la pluie ou les regards indiscrets. Cependant, quoiqu'il soit amené à porter, il s'assure toujours de couvrir son avant-bras droit, qu'il ceinture régulièrement d'un bracelet de perles en bois – commun chez les Sheikah – que lui a offert une amie lors de leurs adieux.


D'aucuns habillent parfois leurs émotions d'un masque de fumée et d'illusion. Lui se contente d'un silence austère, d'un regard empli d'une lassitude non dissimulée. Sans-Visage ne fait que peu de cas de cette carapace usuellement portée par celles et ceux que le monde a brisé. Tout juste se contente-t-il de taire ses états d'âmes, ses inquiétudes et ses angoisses.
Sur ses lèvres sèches de n'avoir que trop peu parlé pèse un mutisme de plomb. De ceux qui pourraient laisser croire à un tempérament sévère, prompt au jugement — sinon au mépris. C'est pourtant loin d'être le cas. Cette impassible aphasie n'illustre rien sinon le caractère très marginal de l'ancien garde royal.
Depuis son éveil, et peut-être à jamais, il demeure étranger où que le portent ses pas. Des confins de Tabanta jusqu'aux plages de la Palmeraie, nulle âme ne semble pouvoir comprendre ce qu'il a eu à traverser.
Mais les combats menés sur le champ de bataille ou au cœur de gigantesques machines, si rudes soient-ils, ne sont peut-être pas les pires épreuves qu'il lui aura fallu affronter. Le plus gros du chemin reste, sans doute, à parcourir.
Rongé par d'importants questionnements relatif à son identité, le vagabond cherche encore à accepter le fait qu'il n'a de place nulle part. Que ce Royaume qu'il a contribué à sauver ne saurait être le sien — ne l'a jamais été, en vérité. C'était, et ce n'est probablement plus, celui de l'Autre, cette ombre qui plane irrémédiablement au dessus de chaque geste qu'il entreprend.

C'est que, à bien des égards, l'Hylien est hanté.

Penché sur son épaule demeure le fantôme de l'homme à qui il a tout arraché. L'esprit de celui dont il arbore aujourd'hui le linceul de chair et de sang. De celui à qui il a volé le destin, tous les accomplissements. Peut-être ce double qui, sans jamais faillir, le pourchasse et le dévore n'est pas malin. Il aurait pourtant toutes les raisons du monde de vouloir se venger.
C'est lui, après tout, qui a tout perdu. Promis à un destin glorieux, entouré d'amis et de proches, il a été fauché avant d'avoir pu goûter à ce qui lui revenait de droit. Aujourd'hui, un étranger revêt sa peau comme le plus trivial des manteaux, s'arme de sa lame et mène la quête qu'il aurait dû conduire.
Comment ne pas voir son visage, à chaque fois que la rivière lui renvoie son reflet ? Comment ne pas deviner sa peine, son amertume, sa douleur, quand un mot – enfin – perce sa gueule ? Comment ne pas ployer, sous le poids de son nom — de cette identité usurpée, spoliée ?
Qui mange son pain seul, seul porte son fardeau. Tel est celui de ce garçon riche de rien et pauvre de tout. De cet enfant sans-nom qui, à jamais, restera un imposteur.


Jour 422
Elle lui glaçait les os. Sa morsure inoffensive brisa son visage sans mal, tandis qu'un feu malsain rongeait son avant-bras. Sans un bruit, les lèvres encore scellées, il se força à contempler la plaie, qu'il se savait bien incapable de véritablement purifier. Et pourtant, il laissait l'eau claire rincer sa chair ignorant bien ce qu'il espérait réellement. La rigole ne parvenait pas à atténuer la douleur, du moins pas durablement. Parfois même, elle rendait le tout plus insupportable. Au moins la sylve contribuait-elle à l'apaiser, maintenant que les esprits avaient cessé de l'assaillir de toutes leurs questions. A l'évidence, c'était la dernière fois qu'il les voyait et il n'aurait su s'en apitoyer. L'Arbre avait été on ne peut plus clair sur la question : il n'était plus le bienvenu ici.

Si les bruits de la Forêt ne surent l'arracher à son affliction, sa compagne de route l'obligea à en faire abstraction. D'un petit coup de museau à l'épaule, elle réclama son attention et parvint même à lui tirer un discret sourire. Sa main gauche épousa un instant les ganaches de l'animal, avant d'en flatter tendrement l'encolure. Elle renâcla, comme pour l'inviter à quitter les Bois Perdus et il prit conscience qu'ils avaient déjà passés de longues heures à errer à la suite de son échange avec le Doyen.

Après un profond soupir, il finit par se relever. Du coin de l’œil, il accorda un dernier regard à la Forêt Korogu, où il avait abandonné l'épée de l'Autre, comme il avait laissé Zelda derrière lui. Ce qui ne devait durer qu'un court instant s'éternisa plus que de raison et après quelques minutes, la jument le ramena à nouveau au monde réel. « Shhhh — », fit-il sobrement, pour lui signifier qu'il avait compris. L'Hylien récupéra le paquetage dont il avait délesté son amie, avant de faire bivouac, et l'attela de nouveau. A la selle, au niveau de l'épaule, il accrocha son scramasaxe, de sorte à ce qu'il retombe à l'horizontale et n'entrave pas les mouvements de sa camarade. De l'autre côté, près de sa croupe, il arrima un petit sac de toile dans lequel il conservait quelques racines, des fruits et parfois des champignons ainsi qu'un peu de viande séchée. A sa propre ceinture pendait la griffe dont il se servait parfois pour gravir monts et ravines.

Avant de jeter sur ses épaules l'imposante cape de paille qui habillait usuellement son échine, il prit le temps de recouvrir le bras qu'il avait préalablement dénudé. Puis, ramenant sur son nez une étoffe bleue sombre, il referma sa paume sur le cuir cassant des rênes et entreprit de guider le cheval à travers l'imposant maquis. Sans un adieu, ils tournèrent les talons et s'éloignèrent de la petite cascade et de ses gerbes d'eau, suivant doucement le cours du ruisseau. Petit à petit, le givre de son regard captura quelques uns des reflets timides que renvoyaient certains des Kodamas venus observer son départ. Un court moment, il jeta sur ses yeux creusés par les cernes un lourd suaire de chair. Une seconde, il s'arrêta, avant de reprendre sa route. Ici, autant qu'ailleurs, il n'avait jamais eu sa place. Alors, faisant fi des petits génies, il quitta sans mot dire les sinueux sentiers du Lacis. 

Jour 49
Ses phalanges déchiquetées étaient maculées d'un sang rouge, aux reflets de nuit. Une fois encore, il leva le poing, bardé d'un gantelet dont le cuir imbibé d'une sève cramoisie se déchirait çà et là. Et puis, sans un mot, il le laissa s'abattre brusquement. A nouveau. A travers la fracture du masque du Maître, il pouvait lire la peur. L'effroi. La souffrance aussi. Il arma une fois de plus son bras. Le désert tout entier se fit silencieux lorsque le visage sculpté de bois siffla une sinistre chanson. Ou peut-être était-ce ses propres os. Une vive douleur lançait ses deux poignets. Il frappa une trente-neuvième fois, fracassant ses doigts contre l'ébène d'hiver, enfonçant le nez du Yiga de près de trois pouces. Ses dents grincèrent, mais au fond de son regard brillait un enfer gelé, aussi impitoyable que rancunier.
*

L’acier trancha net à travers l'étoffe, puis le rire du Doyen. Son cri, étouffé par le kamen qui camouflait son visage, ressemblait à un râle. Lourd, profond et désespéré.

Dans une gerbe de sang, alors que s’effondrait son avant-bras, le vieux seigneur Yiga tomba à la renverse. D’un unique assaut, la lame avait mordu sa chair, déchiré sa large carcasse. Du coude à la paume, tout était dorénavant perdu. L’angoisse et la peine poissaient ses tempes mieux que l’ardent regard du soleil. Sous son imperturbable cache-gueule, l’air lui manquait peu à peu. 

Quand le grand Kohga se mit à ramper, le sable de l'arène se gorgea d’un pourpre plus sombre encore que celui de sa tunique. Les ergots noirs de son gant marquaient le sol rougi de cinq griffes à chaque fois qu'il parvenait à se traîner sur un centimètre de plus. Lentement mais sûrement, il gonflait la distance qui le séparait de son inévitable déclin.

Il ne prit pas la peine de se retourner, en entendant l'alliage résonner contre le sol. Il n'en eu de toute façon pas le temps.
*

D'un coup sec, il tira le vieil homme à lui. Il savait pertinemment ce qu'il voulait : s'il parvenait à récupérer la manicle qui habillait encore son poing gauche, il pourrait de nouveau contrôler aux vents d'Ouest et aux tornades. Il en avait plus qu'assez de ces dangereux tours de passe-passe.

Ignorant les plaintes affolées de l'Aîné, il le fit taire d'un violent chassé en plein abdomen. Sans laisser au patriarche le temps nécessaire pour revenir à lui, l'Hylien se laissa tomber à cheval sur son thorax. C'est là qu'il commença à frapper. Lourdement. D'abord du droit, puis du gauche, puis du droit encore. Sous ses assauts, le bois laqué ne tarda pas à se couvrir de lézardes. De grenat aussi. Chacune de ses charges laissait ses doigts un peu plus mal en poing que la précédente. Bientôt, il ne sentait plus que le sang qui dessinait de sordides rigoles entre son index, son auriculaire et son pouce. 

Après quarante et un coups, le crâne de Kohga percuta brutalement le calcaire vermeil qui sommeillait depuis des siècles sous le limon. Le feulement rêche du Yiga et l'âpre grognement de l'ancien homme-lige ne suffirent pas à effacer le son sec qui secoua tout l'arrière de sa tête. Cela n'arrêta pas non plus le passage à tabac. 
*

Ses pommettes mille fois fracturées ne lui faisaient plus mal. De son faciès meurtri par le temps, il ne restait plus qu'une bouillie, immonde, informe et infâme, piquée de copeaux de bois autant que d'éclats de cartilage. Son arcade sourcilière avait été la première exploser, sous l'impact. Lui, le Maître-de-Tout, était méconnaissable. Il n'avait simplement plus de visage. Engoncé, frappe après frappe, jusqu'à disparaître sous un amas de chair, de sang et d'os, sa gueule n'en était plus une. N'en serait plus jamais une.

Ses doigts, tordus de douleur, n'étaient plus animés que par le souffle sobre du vent. La couronne Gerudo qu'ils avaient dérobée à Makeela Riju avait disparu de sa ceinture et le fer qui avait glissé de la main de l'Hylien plus tôt pendant l'affrontement avait regagné sa hanche. Aux charognards du désert, il n'avait laissé qu'une dépouille.


Jour 358
Sans un mot, respectant le chant discret des criquets, il s'abandonna doucement aux conforts du bain. L'eau chaude caressait distraitement son torse nu, quand il se décida à couvrir le gel de son regard de deux lourdes paupières. Prenant garde à ne pas humidifier son bras droit, l'Hylien poussa un soupir de contentement, toutefois trop silencieux pour rompre avec le calme des lieux. Peut-être, de jour, les onsens étaient-ils plus animés. Il l'ignorait bien : il ne s'y rendait qu'une fois le soleil couché, quand il s'autorisait pareil moments de détente. Ces instants, si précieux ils pouvaient lui sembler, devaient demeurer secrets.

En outre, il ne se sentait pas la force d'entretenir une conversation avec qui que ce soit — et moins encore les gens du Village. Des mois à parcourir les Landes l'avaient épuisé plus qu'il n'aurait su l'imaginer, au début de son périple. Son corps vermoulu témoignait sans mal des épreuves qu'il avait eues à braver, des obstacles auxquels il s'était heurté.

Sa nuque épousa délicatement le bois du bassin, dont les âges avaient peu à peu érodé le vernis. Un second souffle brisa le sceau de ses lèvres, alors qu'il repensait au chemin qu'il avait du parcourir. A celui que l'Autre aurait dû emprunter. Rapidement, son esprit quitta les sources et le ramena à cette terrifiante réalité qu'il ne saurait fuir, même le temps d'une unique nuit. Plus que jamais, il était effrayé. Il aurait préféré affronter le Fléau mille fois de plus plutôt que sentir, encore et toujours, ces yeux sur son échine. 

Un subtil rictus égratigna le masque de sérénité qu'affichait jadis son faciès déchiré. Il se surprit à contempler la lune, qui éclairait les flots paisibles d'un timide rayon d'argent. Ce fut comme un coup de poignard, porté en plein foie. Frappé par une vérité qu'il essayait de dissimuler mais dont il savait tout, il s'arracha brusquement à l'accalmie. Du poing, il prit appui sur l'une des roches qui émergeaient des eaux dont il venait de troubler la quiétude. Il frissonna quand le vent frais qui roulait sur les collines lécha sa peau, mais quitta tout de même le bain.

Récupérant la serviette qu'il avait laissé à proximité de ses vêtements, il se sécha sommairement, soucieux de s'en aller au plus vite. D'aucuns auraient pu rire de sa déplacée vanité, et sans doute le faisaient-ils. Après tout, qui peut prétendre semer un fantôme ? Il tâcha de ne pas prêter attention au nœud qui se formait dans sa gorge en enfilant les manches bleu-nuit qu'il portait sous son kimono dont l'indigo tirait sur le gris. A la lanière de tissu qui ceinturait sa taille, il accrocha cette lame dont il aurait tant voulu se défaire, par trop conscient qu'il ne pouvait simplement la laisser ici dans l'espoir d’apaiser l'esprit. Puis, il entreprit de descendre le sentier de la Montagne. Une amie, de celles qu'il était pressé de retrouver, l'attendait plus bas. 

Jour 224

Ses lèvres se brisèrent en petit sourire alors qu'elle lui tendait la main. La pulpe de ses doigts effleura un instant la soie de ses gants, avant d'embrasser sa paume. Les yeux de la jeune femme, encadrés par une longue chevelure d'or fin, brillaient de cette complicité qui, chaque fois, l'emplissait de joie. Il se laissa entraîner sans une once d'hésitation.

Sans qu'il ne le contrôle réellement, son regard s'attarda plus que de raison sur les hanches de la reine. Il se sentit rougir, alors que le sang affluait sous ses joues, au bout de ses oreilles. Sans chercher à retenir le rire espiègle qui perçait sa voix, elle l'attira à lui pour planter dans son cou un tendre baiser. Un agréable frisson secoua son échine, alors qu'il prenait conscience de l'interdit qu'ils s'apprêtaient à rompre. Une fois de plus. 

Et pourtant... Il n'aurait su le regretter. Pas un instant. Dehors, derrière les murs épais du Palais des Rois, la tempête jetait sur les vitraux ouvragés une douce pluie, dont le rythme effréné n'était pas si différent de celui qui battait sa poitrine. Une nouvelle fois, il se surprit à contempler sa suzeraine, incapable de décrocher le givre de ses pupilles de sa personne. Elle rayonnait, irradiait d'un bonheur qu'il ne lui avait plus connu depuis des mois, sinon des années.

Visiblement impatiente, la souveraine ne prit pas la peine de s'assurer de l'absence de gardes dans les couloirs, avant de le pousser dans une chambre qu'il n'avait pas encore vu. Elle était spacieuse, quoiqu'un peu moins grande que la suite dans laquelle le prince consort avait eu l'habitude de séjourner. Elle savait qu'il n'aimait pas beaucoup ses appartements officiels et elle se faisait une joie de le mener dans un nouveau repaire à chaque occasion.

Sans le prévenir, elle vint lui dérober une brève embrassade. Instinctivement, les mains de l'Hylien commencèrent à grimper le long des flancs de la princesse de la Destinée. Du bout des doigts, elle s'attaqua à la boucle de sa ceinture. « Tu en as aussi envie que moi ? ~ », s'enquit-elle, une lueur malicieuse à peine cachée derrière ses longs cils. Il ne sut que se mordre la lèvre.

C'est là que survint le rugissement.

Comme un démon monté sur un ressort, il se releva brusquement, repoussant tout ou partie de la fourrure qui lui servait de couvrante. Il était trempé d'une sueur glaciale, le cœur battant la chamade, le souffle court. Son thorax se soulevait lourdement, secoué par une respiration saccadée, âpre. Sur la caverne, une désagréable odeur de souffre pesait comme une chape de plomb.

Il dut cependant patienter quelques secondes, le temps que ses muscles raidis par la tension acceptent de lui répondre. Il haletait encore, revenant doucement à lui, l'esprit chargé de rêves et de souvenirs qui ne lui appartenaient pas. Des mémoires d'une époque ancienne, plus vieille encore que les machines Sheikah qu'il avait commencé à libérer. 

La bouche encore chargée d'un arrière-goût amer, il finit par s'extirper des pelisses, non sans une certaine gêne. Ignorant un temps la panique qui lui nouait le ventre et qui enfiévrait sa jument, il s'approcha doucement de l'animal. Autour d'eux virevoltaient les flocons sanglants du Seigneur-Sanglier, mais il n'eut pas besoin de mot pour la calmer. Le creux de sa main glissa gentiment sur son front et, peu à peu, ses yeux se firent moins vitreux. « Là — », souffla-t-il alors. « Tout doux.. »


Ses compétences

Trappeur

Franc-tireur

A vivre sans cesse au grand air, ces vagabondes et ces vagabonds ont appris à tirer le gibier et leurs ennemis de loin. Pour ne jamais se retrouver à court de flèche, ou même d'aiguille pour quiconque préfère les sarbacanes, et à force de s'acharner, ils savent désormais fabriquer des projectiles efficaces à partir de chanvre, de lianes, de silex, de plumes et de bois. Souvent, ils sont aussi en mesure de réparer fortuitement un arc endommagé.
Dompteur animalier

Bon cavalier

Il n'y a pas meilleur façon de voyager qu'à cheval. Un bon cavalier peut parcourir des aunes et des coudées sans pour autant s'épuiser comme le ferait un voyageur à pied. Et si chevaucher tue les jambes les premières fois, à force de pratique, l'habitude s'installe. Malheureusement, parce que les chevaux sont tous redevenus sauvages, rares sont celles et ceux à parvenir à les monter ou à construire une relation durable avec. D'autant plus que, si attentives et attendrissantes que puissent être ces bêtes, elles sont convoitées par les maraudeurs et les Boko qui n'hésiteront pas à les abattre pour un peu de viande, s'ils ne peuvent pas le voler. Soyez vigilants, aucun cheval ne peut galoper la tête tranchée.
Alpinisme

As de la varappe

Il est des endroits qu'aucun cheval ne peut atteindre. Pour pouvoir gagner ces lieux reculés, il est parfois indispensable d'apprendre à grimper. A force d'escalade, certains survivants parviennent à conquérir quelques uns des plus hauts sommets des Landes, pour peu que ceux-ci ne soit pas recouverts de glace. Une fois en haut, ces quelques maîtres de l'ascension bénéficient d'une vue panoramique des plus incroyables. En grimpant au sommet d'une tour Sheikah, par exemple, il est en certaines occasions possible d’apercevoir au loin des points d'intérêts autrement invisibles.

Son inventaire

Grappin-Griffe

Une tête de fer forgée pour ressembler à une griffe, fixée à une solide corde en chanvre. Idéal pour les descentes en rappel ou l'escalade de certaines falaises abruptes.

Scramasaxe

Un long couteau de chasse à lame droite, en acier. Doté d'un unique tranchant, cet outil peut aussi servir au combat. Sa fusée, taillée dans le bois d'un vieux cerf, est ceinturée de cuir à la naissance de l'alliage.


Sa ligne du temps


Commentaires

04/02/2020 01:30
23/02/2020 05:49
Enfin ! Et superbement rédigé comme toujours, je veux le voir sourire ;__;
*reforme la SPL*
23/02/2020 06:25
IL EST LÀ ! 
Ton écriture est vraiment magnifique, et ton Link est si bien travaillé ! Trop trop contente mon chat <3
23/02/2020 10:10
J'ai adoré découvrir les deux derniers fragments de ton histoire, le dernier me brise particulièrement le coeur parce que pendant un bref instant, on a accès à un ancien souvenir... mais à quel prix ?

Superbe plume, comme à ton habitude, et belles ruptures dans la narration sur les deux derniers passages  J'ai hâte de te lire RP, et j'espère qu'on aura l'occasion de se croiser rapidement 
23/02/2020 10:17
Ah quelle histoire prenante ! J'ai adoré lire un Link plus froid, austère. Surtout que tu m'as rendu curieux sur certains points de son histoire, j'ai hâte de le découvrir au fil de rp ! 

Au plaisir de recroiser ton Link en rp ! 
23/02/2020 10:57
Voila le meilleur de touts les Temps!! <3
Toujours un plaisir de te lire mon Grand 3
23/02/2020 15:27
Toujours un plaisir de te lire =)
Je penses que je ne parle pas que pour moi en disant espérer que ses soucis s'arrange et qu'il se fasse des amis. Il faut qu'il apprenne à sourire à nouveau ce petit, je crois savoir que quelqu'un l'attend :p

On se croisera en RP Monsieur
12/08/2020 12:39