Le Fléau d'Elimith : des maux que nul rempart ne saurait repousser – Confrontation

[Quête Halloween - 2020] - Partie III

Fin de l'automne - 4 mois 1 jour après (voir la timeline)

Zelda

Princesse à la retraite

Inventaire

Jour III - 07 : 19

Allongée sur le lit improvisé que lui avait mis à disposition Pru'Ha, se tournant et se retournant avec lassitude, elle avait vite senti qu'elle mettrait plus de temps que les jours précédents à trouver le sommeil. Sur le coup, la princesse n'avait pas trouvé les mots. Elle s'était contentée de répondre au salut Sheikah emprunt de fatigue de son ami avant de le laisser prendre congé pour dormir en lui souhaitant une bonne nuit. Elle était alors restée seule avec ses pensées.

L'ancienne prêtresse se tourna à nouveau sur sa couche. Le franc-parler du Gerudo l'avait un peu déstabilisée. Elle y avait senti une pointe de fatigue, craignant du même coup de l'avoir agacé à parler une fois de plus de son ancien chevalier servant alors qu'il était épuisé. Mais il y avait aussi un côté chaleureux et attendri auquel elle ne s'était pas attendue. Par le passé elle avait pu trouver un soutien à ses connaissances et ses recherches en les partageant avec les bonnes personnes, mais on avait rarement été jusqu'à la féliciter d'être têtue et bornée. D'ailleurs, elle savait qu'elle avait inquiété Arkaï en partant de son côté plus tôt dans la journée. Et la veille à peine, même s'ils avaient fini par arranger les choses elle se souvenait aussi l'avoir fâché avec son caractère autoritaire. Pourtant, il n'avait pas seulement l'air de la pardonner, mais aussi d'apprécier cet aspect d'elle ? L'Hylienne était moins sûre que lui en revanche que sa tendance à n'en faire qu'à sa tête suffise vraiment à résoudre les problèmes pour autant. Mais dans ce cas-ci, elle serait vite fixée.

De toute façon, elle ne souhaitait pas particulièrement se déprécier. Certes elle n'avait pas forcément bien vécu de ne pas pouvoir répondre aux attentes qu'on avait placées en elle, et sa seule consolation était d'avoir achevé la tâche qu'on lui avait confiée bien qu'un peu tardivement et non sans pertes. Mais si elle était si incroyable que ça, et si Link était parti malgré tout, alors qu'est-ce qui le ramènerait ? Elle n'arrivait pas à le comprendre. Et sans compréhension, pas de solution non plus. La jeune femme ignorait même comment se comporter si un jour elle parvenait à le retrouver. L'idée était aussi angoissante qu'attrayante. Quelques fois, elle se disait tout comme son compagnon que ce n'était qu'un idiot, et que s'il ne voulait plus la voir, peu lui importait désormais. Mais quand il avait prononcé ces paroles, son cœur serré ne laissait pas de doute sur ce qu'elle pensait vraiment. Et l'idée de s'être trompée toutes ces années où elle avait considéré Link comme un véritable ami et confident était particulièrement douloureuse.

Sans s'en rendre compte, elle s'était finalement endormie au fil de ses réflexions. Mais c'était d'un sommeil fragile et agité, et les premiers rayons de soleil suffirent à l'en tirer. Et tandis qu'elle abandonnait l'idée de se rendormir, une nouvelle idée lui germait doucement en tête : pour se prouver que ses défauts pouvaient devenir des qualités, elle n'avait qu'à véritablement régler le problème du village. Elle était plus décidée que jamais à confronter les habitants et découvrir ce qui était arrivé. Zelda ignorait encore si ça lui permettrait d'élucider la situation actuelle, mais les événements passés n'en étaient pas moins importants à ses yeux, qu'ils aient bel et bien un lien avec la maladie ou non.

La princesse se leva pour se préparer en silence. Elle avait mauvaise conscience à l'idée de réveiller Arkaï alors qu'elle était persuadée qu'il avait besoin de plus de sommeil au vu de son état de fatigue. D'autant que puisque le jour était levé et le couvre-feu était fini, il n'y avait plus tellement de danger. N'était-ce pas la nuit qu'elle lui avait promis de ne pas sortir ? Mettant la main sur un vieux parchemin, elle y écrivit soigneusement "auberge", et puisqu'elle n'avait pas encore eu l'occasion de donner beaucoup de cours d'écriture à son ami, elle dessina du mieux qu'elle pouvait une pinte pour accompagner le mot. Elle laissa son dessin en évidence sur son lit. La jeune femme aurait pu commencer par aller faire un tour du côté du vieux puits, mais rien ne lui permettait d'être sûre d'y trouver quelque chose. Alors qu'à la taverne, elle était certaine de croiser des gens intéressants. Et instinctivement, elle sentait bien que si leur petit groupe d'enquêteurs disparates devait se retrouver pour faire le point, ce serait sans doute là. Malgré une pointe d'appréhension, elle était impatiente de les retrouver. En particulier cette personne qui avait éveillé ses soupçons… Il n'y avait de toute façon pas de meilleur endroit pour se poser, observer et tenter de questionner ceux qui pouvaient lui en apprendre plus à ce niveau.

Fraîchement apprêtée, son journal et de quoi écrire dans son sac en plus de ses effets habituels, elle ferma la lourde porte de bois de l'ancien moulin derrière elle. Elle se referma un peu fort à son goût, mais elle ne s'imaginait pas qu'il y ait de quoi réveiller les occupants. D'un pas décidé, elle prit alors la route vers le village. Ce ne fut qu'une fois arrivée en vue de l'établissement qu'elle se rappela que malgré l'apparition du soleil, l'établissement n'ouvrirait pas immédiatement. Ne souhaitant pas déranger Florène, d'autant plus qu'elle avait besoin d'encore quelques jours avant de pouvoir tenir sa promesse de les aider pour le service, elle s'installa sur un petit banc, non sans sortir son journal et gratter le papier. La veille, elle avait rapidement écrit – phonétiquement du moins – la liste des noms qui lui avaient été cités. À présent elle tentait de faire la synthèse de ce qu'elle savait, et de réfléchir à comment elle allait bien pouvoir les aborder. De temps en temps, ses yeux se levaient discrètement pour surveiller les allées et venues dans la rue qui se remplissait doucement de vie.


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