Lorsque le soleil éclaire leur visage ; ils s'en vont

Puisqu'il a été décidé de leur prochain départ en compagnie du Gérudo, Haya organise une brève journée en compagnie de ses deux futurs compagnons de route. Après une randonnée qui les mènera au delà des montagnes qui encerclent le village caché, le groupe y revient en fin de journée pour une audience auprès de la Gardienne des Secrets, Impa. Chacun des membres est cependant reçu séparément par la doyenne, dont les mots ne seront pas aussi tendres et affectueux envers tous...

Milieu de l'automne - 3 mois 6 jours après (voir la timeline)

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Arkaï


Inventaire

L'on dit parfois de l'espoir qu'il peut être plus contagieux que les pires maladies, et Arkaï manqua de peu de le constater, à mesure que la princesse dévoilait devant lui ses échecs, ses doutes passés et son passé évanoui dans les âges. Ses paroles jouaient à ses oreilles une mélodie agréable, joyeuse, qui l'emportèrent presque dans leur enthousiasme... Presque. Il avait sur la langue comme un goût de déjà vu, qui lui venaient des nombreuses et interminables conversations échangées avec son maître, sur le même sujet. Ayant foulé ce chemin maintes fois, il en reconnaissait presque chaque pierre, chaque pavé. Avec à la clef, comme toujours, ce gouffre insondable, ce mur infranchissable : La question du choix. Et tandis que Zelda, comme Shingen, enjambait l'abime sans effort, lui se retrouvait paralysé devant, pétrifié par cette question sans réponse.

Son regard plongé dans celui, trouble et inquiétant, du reflet agité, Arkaï se demandait quelle part son libre arbitre pouvait il bien revendiquer dans ce qui l'avait mené au point où il était. Quelle était sa responsabilité à lui, dans cette avalanche qui l'avait emporté depuis son premier souffle ? Comment pouvait il croire au choix quand on ne lui en avait jamais laissé ? Entre deux phrases de Zelda sur sa possible culpabilité, il murmura un brin de poésie que son maître lui avait un jour lu et qui s'était aussitôt gravé dans sa mémoire, par sa beauté ambiguë. 
« Imparfaites,
Ce sont les pierres,
Qui font la route. »
Tout ce qui lui plaisait se trouvait dans ce doute, caché entre les vers, et présent également au fond de son esprit. Certes, la route ne saurait être parfaite, et l'erreur est une part naturelle du monde... Mais où se trouve leur liberté, si elles ne sont que cela ; des pierres, déposées là par la terre, le vent, et un caprice du destin ?

Il ne révéla pas sa lecture du poème à Zelda. Il ne désirait pas la contredire ouvertement, ni même la couper. Arkaï n'avait que trop conscience de la beauté du geste de la princesse, qui daignait rouvrir pour lui un chapitre douloureux de sa vie. Il compris n'avoir jusque là fait qu'effleurer la surface de ce qu'elle avait pu vivre, supporter, encaisser, pour accomplir quelque chose d'aussi grand. A vrai dire, le Fléau ne l'avait lui-même que peu touché... Grâce à elle. Sans son héroïsme, peut être que le mal aurait déjà balayé le monde entier, ramenant la ruine du royaume au statut de répétition avant le grand final. Arkaï s'écarta alors légèrement de la jeune femme, presque inconsciemment, en prenant conscience de leur différence. Toute sa vie, on a attendu d'elle qu'elle révèle sa vraie nature ; son problème résidait dans ce qu'elle n'était pas.

Arkaï, lui, n'avait jamais eu le droit d'être. Quand à la révélation, tous ne craignaient que cela, lui le premier.

Il fut tenté de se renfermer, jusqu'à ce qu'il l'entende évoquer sa mère, et le poids de son absence.

A cet instant, le garçon sentit en lui comme un choc ; un impact semblable à un poing cognant sur la porte de sa mémoire. Sa gorge se serra, et sa position lui parut soudain très inconfortable. Poussé par son instinct, il se sentit une violente envie de décamper à toutes jambes, mais heureusement, Zelda ne s'attarda pas sur le sujet. A la place, elle évoqua un nom qui ne représentait pour Arkaï qu'un bruissement, une rumeur qui avait circulé parfois au village ces derniers mois ; Link. Malgré sa curiosité, il n'avait jamais pu apprendre quoi que ce soit d'intéressant à son sujet. Son maître, d'habitude si loquace, semblait comme soumis à un interdit sacré le concernant. Mais si Zelda l'avait connu, à l'époque, qu'elle l'avait vu se battre "jusqu'à son dernier souffle"... C'était évident, ça ne pouvait pas être la même personne ! Après tout, nommer ses enfants à partir des noms des martyrs du Fléau n'avait rien de rare.

En tout cas, tout dans l'attitude de la princesse indiquait que cet inconnu lui était plus cher qu'un simple soldat ou même chevalier. Il restait l'hypothèse qu'il s'agisse d'un de ses parents, mais la mélancolie qui se lisait dans son regard perdu au loin ne pouvait mentir. Elle en était amoureuse. Encore ? Après tout ce temps ? Cette pensée serra de douleur le coeur d'Arkaï. Quelle tragédie. Il n'avait jamais vu les conséquences du Fléau que comme des faits lointains, des ruines couvertes de mousse et des fantômes du passé. A présent, il lui semblait avoir devant les yeux un drame bien plus réel que tous les romans du monde. Honteux de lui avoir demandé un tel effort de mémoire, Arkaï s'écarta de l'eau et répondit, encore profondément incertain, mais sur un ton qui se voulait rassurant quand au doute de la princesse sur l'utilité de ses paroles,

« Zelda... mes souvenirs sont trop flous pour savoir si ce que tu as vécu me concerne... Mais cela j'espérais entendre quelque chose de ce genre, aujourd'hui. Alors merci. » Il aurait aimé lui rendre son sourire, lui rendre un peu de son charme, mais tout cela commençait à peser lourdement sur son humeur. Sa voix se brisa alors qu'il poursuivait, « J'espère simplement que si le moment vient, contrairement à toi, je trouverais la force de réprimer ce que je suis. Après tout, je n'ai rien d'un sauveur, moi. »

En tout cas pas de l'avis d'Impa.

Arkaï eut conscience qu'il mettait la jeune femme dans une situation difficile, entre une amie et un inconnu envers qui elle n'avait fait preuve que de bienveillance. Il s'efforça donc de relever un peu la lippe, comme pour atténuer l'acidité de ses derniers mots, et reprit avec un peu plus de légèreté, « Si cela te dit, je pourrais tenter de composer quelque chose avec tout ça. Pas juste pour la princesse, mais aussi pour toi. Et pour Link. » Il ignorait si la proposition était correcte mais le souvenir de cet homme semblait avoir tant marqué Zelda... Cela pourrait peut être l'aider à faire son deuil ?

Machinalement, Arkaï repensa à ce qu'elle lui avait dit sur Link, sur son rôle dans cet instant béni. Peut être était ce ça, la clef ? La bonne personne, celle qui saurait empêcher le destin de frapper. Mais qui ? Shingen lui avait clairement fait comprendre qu'il ne saurait pas l'être. Alors, naturellement, le regard d'Arkaï se fixa sur Zelda. Aussitôt, les paroles de dame Impa lui revinrent en mémoire. Il revit sa colère, sa haine, ses mots chargés de pouvoir. Aurait il à défier cela, aussi, pour se sauver ? Il allait reprendre la parole, se confier véritablement à la princesse, lorsqu'il aperçut Haya qui venait vers eux. Alors que la sheikah signifiait à la princesse que c'était à son tour d'être reçue par la doyenne, le garçon se referma et déclara d'un ton plus sec qu'il ne l'aurait voulu,

« Il serait impoli de faire attendre Dame Impa. »

Et sur ce, il se leva en remettant ses armes en place, salua bas bien que rigide comme une momie, et pris la route du monastère. Tandis qu'il s'éloignait, Arkaï se retourna l'espace d'un instant, fit un geste dont il ne put dire si Zelda l'avait vu, et continua sa route. Bien que le jour ne soit pas très avancé, il lui restait encore une chose à faire avant de rentrer.


Haya

Babysitter par intérim

Inventaire

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Quand elle sortit à nouveau de la demeure d'Impa, Haya constata que la fine pluie qui s'était abattue sur le village n'avait pas encore cessée ; tout comme la discussion entre le gérudo et la jeune hylienne, près de la fontaine. La sheikah les observa quelques secondes, du haut des marches du long escalier de sa maison, d'où elle pouvait profiter d'une vue presque sans pareille sur tout le reste du village. Puis elle récupéra ses armes auprès de Vocah et Momotaro avant d'entreprendre la descente. Elle eut à peine le temps de rejoindre les deux autres qu'Arkaï s'esquivait déjà sous le regard imperturbable et injustement trop froid de la fille d'Impa. Ses pas semblaient prendre la route du vieux monastère ; elle se doutait qu'il avait encore quelques affaires à y régler de son côté, ne serait-ce que par rapport au maître des lieux. Au moins le disciple avait-il la chance de pouvoir faire ses adieux à un Shingen toujours vivant et en pleine santé, de ce qu'elle avait pu en voir lors de sa dernière visite. Lorsque ses yeux glissèrent en direction de la monarque, ils s'adoucirent tout aussitôt, plus sereins. « Tout va bien ? » S'enquit-elle lorsqu'elle fut suffisamment proche pour observer les yeux légèrement rougis de Zelda. Elle n'aurait su comprendre le sentiment qui passa sur son visage alors mais elle comprit facilement que la discussion qu'elle avait eu avec le rouquin n'avait pas été des plus gaies. Son regard s'en fit plus désolé. « Aller, ne restes pas là », conseilla-t-elle gentiment, soucieuse que sa protégée n'attrape pas un rhume la veille de leur départ. Les pluies automnales avaient toujours eu la fâcheuse habitude de clouer au lit les plus imprudents. « Elle souhaite te parler aussi », ajouta-t-elle finalement.


Zelda

Team booty

Inventaire

Même si ses paroles semblaient avoir un peu apaisé le jeune homme, ou du moins lui avoir donné matière à réflexion, il paraissait toujours inquiet. En l'entendant parler du moment fatidique, elle ne put s'empêcher de lui répondre d'un ton qu'elle voulait chaleureux, incapable de ne pas avoir une pensée pour les Prodiges qui avaient si souvent essayé de la rassurer face à ses angoisses.

"Si ce moment arrive, rien ne t'oblige à être seul..."

De toute façon, elle espérait que même s'il avait un jour couru le risque d'être lié au Fléau, la disparition de celui-ci avait épargné au jeune Gerudo ce danger. Dans le cas contraire, elle ignorait de quelle marge de manœuvre ils disposeraient exactement si les craintes des Sheikahs s'avéraient fondées, mais elle le sentait sincèrement bien intentionné et l'emmener avec elle et Haya était tout autant une manière de veiller sur lui que de le surveiller et d'en apprendre plus à son sujet.

Souhaitant apparemment changer de sujet, c'est sur une toute autre note que le jeune homme reprit la parole en lui proposant de composer une création sur les souvenirs qu'elle venait de lui raconter.

"Sur moi et... Link... ?"

Ses joues rosirent légèrement, ignorant ce qu'il avait compris exactement de son récit et ce qu'il envisageait de retranscrire à ce propos. Une part d'elle était curieuse d'entendre ce qu'il imaginait, touchée aussi que cela semble avoir un intérêt pour lui, et d'un autre côté elle ignorait ce qu'en penserait Link. N'était-ce pas un peu égoïste d'espérer entendre une ode à ce qui les liait, alors que le jeune homme avait semblé ne plus souhaiter la côtoyer ?

Elle n'eut toutefois pas le temps d'aborder les quelques complications survenues dans leur relation. Alors qu'Haya avait de toute évidence terminé son entretien avec Impa et les rejoignait, le jeune homme mit un terme assez abrupt à la conversation pour reprendre la route du monastère. Sans doute était-il encore mal à l'aise après son propre échange avec la doyenne. Après tout son Maître attendait sûrement de savoir ce qui s'était dit à cette occasion et elle espéra que quel qu'ait été le tenant exact de la conversation il ne ternirait pas leurs derniers moments avant le grand départ.

Elle le regarda s'éloigner, non sans esquisser un signe de la main en réponse au sien, avant de reporter son attention sur la fille adoptive d'Impa. Elle avait déjà pu constater combien cette dernière était observatrice à la manière dont elle la corrigeait sur ses postures pendant leurs entraînements, mais elle le lui prouva une fois encore avec sa question. La fine pluie qui s'était mise à tomber ne suffisait de toute évidence pas à cacher les quelques larmes qu'elle avait peiné à retenir un peu plus tôt.

"On a seulement évoqué de vieux souvenirs..."

Durant les quelques jours passés en sa compagnie, elle n'avait pas caché à la Sheikah les difficultés auxquelles elle avait pu faire face dans le passé, aussi s'imaginait-elle qu'elle n'aurait pas besoin de rentrer dans les détails pour qu'elle comprenne. Elle acquiesça lorsque cette dernière lui conseilla de rentrer et de ne pas faire attendre Impa.

Elle ne fut pas si surprise d'apprendre que sa vieille amie souhaitait s'entretenir avec elle également. Pendant ces quelques jours passés à Cocorico, même si elle avait profité de son hospitalité, elles n'avaient eu que peu l'occasion de se retrouver complètement seules.
Lorsqu'elle passa la porte de la petite maison, un sourire sincère étirait ses lèvres. Depuis le départ de Link, et malgré l'âge qui les séparaient à présent, la vieille femme était une des dernières personnes auprès de qui elle se sentait encore chez elle et à sa place.


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Zelda

Princesse à la retraite

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