La reconquête du vieux haras - A l'assaut !

[évent RP - 2023]

Début de l'hiver - 4 mois 1 semaine 3 jours après (voir la timeline)

Haya

Babysitter par intérim

Inventaire

Du haut de sa quarantaine de printemps, Gregory poussa un long soupire las alors que son regard insistant se plongeait au cœur d'une forêt dont les arbres avaient quasiment perdu tout leur feuillage. Les mains sur les hanches et le dos bien droit, des premiers doutes vinrent commencer à ébranler des certitudes qui n'avaient jamais été remise en cause jusqu'à présent. Pour autant, il se garda bien d'en afficher une quelconque trace à son plus jeune compère de quelques années, qui lui ne pouvait s'empêcher de faire les cent pas pour extérioriser son impatience. « Qu'est-ce qu'on attend ?! » s'insurgea celui-ci soudainement ; il commença à se frotter les bras, autant pour lutter contre l'Hiver que sa frustration grandissante. L'homme décocha un regard immédiat à Gregory, dont le flegme inébranlable le désarçonna quelque peu. « Elle est peut-être morte », lui répondit-il avec une touche d'ironie bien sentie. Il n'en souriait pas mais c'était tout comme. Si l'idée lui avait évidement traversé l'esprit, il restait encore persuadé du contraire et ce malgré les heures qui avaient passé. « On devrait partir, alors ! » Osa son camarade, dont les piaillements ne tarderaient pas à attirer l'attention de quelques prédateurs s'il ne cessait pas immédiatement. « On dira que la bougresse a chuté dans un ravin, ou que sais-je ! Elle ne manquera à personne », conclut-il avant de commencer à prendre le chemin du retour. Mais Gregory le retint fermement par le bras avant qu'il n'est eut le temps de faire le pas de trop. « Ferme ton clapet, Sylvain ! A force de brailler comme un enfant, les loups vont te prendre en chasse et c'est nos carcasses qu'on va finir par retrouver » lui assura-t-il d'un ton qui n'appelait à aucune contestation. Les deux hommes s'échangèrent un regard de défi qui tourna bien vite en faveur du plus calme des deux, dont l'imposante stature inspirait plus le respect et l'obéissance que son compatriote plus maigrelet.

Un craquement dans le sous bois vint finalement interrompre le combat de coq. « Quand on parle des loups… On a retrouvé celle qui les chasse », souffla le milicien avec un soupçon de soulagement dans la voix. Une silhouette féminine finit par se dessiner au milieu des arbres ; rarement une chevelure d'un rouge si profond et sombre n'apaisa autant les deux hyliens qui avaient pour habitude de l'éviter le plus possible lorsque celle-ci déambulait au milieu d'Elimith. Non pas par peur mais davantage par méfiance, évidement.

La Sheikah finit par arriver à hauteur des deux hommes, qu'elle dépassa sans leur adresser le moindre regard pour finalement s'assoir sur une souche juste à côté d'eux. Plus à même de l'observer facilement, les deux hyliens échangèrent un regard inquiet. De la femme qui les avait laissé quelques heures plus tôt, il ne restait plus grand chose. Ses habits bleus nuit étaient couvert de terre et de sang, tout comme son visage. Ses cheveux impeccablement bien coiffés laissaient également place à une tignasse parsemée d'épis. D'aucun dirait qu'elle était méconnaissable. Pourtant celui plus à même d'être impressionné entre les deux, ce fut Sylvain qui coupa court au silence gênant qui s'installait. « Vous êtes blessés ? » S'enquit-il, non pas par pure inquiétude que par peur de subir les mêmes épreuves en restant ici. La femme de Cocorico ne rétorqua rien. « Ce n'est pas son sang », rétorqua le second, les bras croisés. Haya décocha un regard à son encontre suffisamment lourd de sens pour qu'ils s'évitent de longues explications et discours sur ce qu'il s'était passé. La Sheikah en avait bavé et c'était bien suffisant, finalement.

« Vous avez trouvé ce que vous vouliez ? » S'enquit Sylvain, décidément peu enclin à faire preuve de la moindre délicatesse malgré la situation. Mais Haya ne prit pas la peine de lui répondre. Attentif, son camarade prit la peine de décortiquer l'humeur de la jeune femme et prit finalement conscience d'une forme d'agacement chez elle. Peut-être prenait-elle conscience de l'ampleur de la tâche dont elle allait devoir s'affranchir auprès du Bourgmestre ? Toujours est-il qu'après quelques longues secondes à peser ses mots, la Fille d'Impa maugréa enfin un début de réponse qui résonna fortement comme un reproche à ses interlocuteurs : « Quand comptiez vous me mettre au courant pour le moblin ? »



Le ciel était couvert par d'épais nuages gris ce matin là. L'agitation ne battait pas son plein dans le village ; bien moins qu'habituellement en tout cas. La nouvelle devait déjà s'être répandue chez des Elimithois qui commençaient certainement à accuser le coup suite aux épreuves qu'ils devaient traverser récemment. D'un certain côté, Haya s'en voulait pour être de bien mauvais augure — d'autant que ce n'était pas la première fois — mais d'un autre, l'urgence de la situation la préoccupait bien trop pour qu'elle ne fasse semblant de ne rien y voir. Déjà six longs mois s'étaient écoulés depuis les premiers rapports faisant état de la prise du haras par la tribu Boko et la menace que ces créatures représentaient s'était démultipliée, à son grand regret. Si elle avait pu convaincre Impa d'agir plus tôt… mais elle avait beau retourner le problème dans tous les sens, elle ne savait pas comment elle aurait pu s'y prendre autrement. Comme quoi, malgré la proximité notable entre le village caché et la cité du commerce, les problème des uns n'étaient toujours pas les problèmes des autres.

Le plus terrible étant qu'elle n'était pas certaine d'arriver à régler ce différent ; la discussion mouvementée qu'elle avait tenu avec le Bourgmestre quelques jours plus tôt en était un bon exemple. Elle ne comprenait pas comment un homme responsable d'autant de vies pouvait autant faire la sourde oreille à ses appels et ce malgré huit longues années à jouer les ambassadrices entre les deux peuples. Certes, il l'avait informé qu'il lui accorderait des hommes pour l'accompagner dans sa tentative pour reprendre de force le vieux haras mais son appel aux volontaires qui avait suivi démontrait bien qu'il comptait peu s'impliquer dans cette délicate entreprise. Un politicien des plus prévisibles, somme toute. Haya goûtait peu à cette façon de faire qui démontrait encore une fois comme cet homme était plus proche de son image que de ses habitants.

La Sheikah se tenait devant l'auberge de la ville, où elle avait donné rendez-vous aux volontaires pour se rassembler avant de partir. Elle doutait ne voir qu'un seul d'entre-eux débarquer, en vérité. Déjà à Cocorico, elle n'avait jamais fait l'unanimité, alors ici… Comment est-ce qu'une étrangère, une femme qui plus est, pouvait s'imaginer commander à une troupe complète d'Hyliens ? Peut-être un brin présomptueuse, Cheveux-de-Sang n'avait pas pris le temps de se poser cette question. Son choix était déjà fait, de toute façon : accompagnée ou non, elle se rendrait au haras et ferait ce qu'il faut. Du moins, elle essaierait.

Revêtue d'une tunique bleue nuit propre aux guerriers de son peuple, elle n'avait en guise de protection que de simples épaulières en cuir ainsi que des revêtements supplémentaires au niveau de ses avant-bras et de ses tibias. Deux lanières plus sombres lui ceinturaient le bassin et arboraient trois kunaïs quand dans sa main gauche reposait Sabre Rouge, celui-ci précieusement conservé dans son étuis. Forcément, Haya ne passait pas inaperçue auprès de quelques passants qui ne purent retenir des regards insistants à son encontre, comprenant en une fraction de seconde ce qui était en passe de se jouer ce jour-là sans pour autant en saisir toute l'urgence et la gravité. Pour autant, l'inquiétude semblait gagner le cœur des habitants et une drôle d'atmosphère lugubre s'installa très vite lorsque les premiers combattants rejoignirent la Sheikah.

Haya lance le dé "Dé succès - pile ou face" !
Succès Succès
Le premier d'entre-eux était l'un des deux qui l'avaient accompagnée en reconnaissance quelques jours plus tôt. Equipé d'une lance que Haya devinait de médiocre facture vue son état, Gregory devançait un groupe de trois autres hommes. Le premier n'était qu'un milicien de plus, armé d'une fourche, qu'elle se souvenait avoir vu de temps en temps à l'entrée de la ville. En revanche — et à son plus grand étonnement — les deux autres avaient déjà une toute autre allure : ils revêtaient chacun un équipement de bonne facture et semblaient plus à même de guerroyer que les miliciens. Ainsi le Bourgmestre avait tout de même pris en compte ses avertissements et détaché pas moins de deux mercenaires parmi ceux qu'il avait engagé.

« Bien le bonjour, Dame Haya ! » S'exclama Gregory avec un brin d'enthousiasme qui pourrait rapidement devenir contagieux. L'avenir n'était peut-être pas si radieux mais les déesses leur donnaient une chance d'y arriver, finalement.

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Arkaï

Apprenti stagiaire

Inventaire

Le trait fusa dans les airs, parfaitement orienté. Une.

Un autre le suivit, avant même qu'il ne se fige dans l'écorce. Puis un autre. Tchak. Tchak. Tchak. Chaque dard qui s'enfonçait dans la chair tendre de l'ancêtre feuillu le récompensait d'un gémissement plus doux à ses oreilles que du miel. En cadence, l'arc jouait sa musique, comme trop heureux de pouvoir se refaire entendre après toutes ces journées muettes et mornes. Arkaï, lui, savourait chaque geste.

Epaule droite, dos à la verticale du sol, le bras gauche tendu, le droit levé haut, il accomplissait chaque mouvement avec le soin qu'un Sheikah se doit d'accorder à son lever ou à une cérémonie d'hommage. Hormis que cette fois, ça n'était pas à un ancêtre ou un dieu qu'il entendait rendre les honneurs, mais à son esprit guerrier, meurtri trop longtemps par sa propre bêtise. Car Arkaï pouvait enfin se sentir libre, après plusieurs longues semaines à endurer l'humiliation d'une attelle et la frustration du repos imposé.

Bien sûr, cela ne l'avait pas empêché de participer à résoudre l'énigme qui menaçait Elimith, mais même devant le résultat honorable auquel ils étaient arrivés, le garçon ne pouvait pleinement savourer sa victoire. Un oeil lucide voyait aisément plus loin que ce bilan trompeur : En réalité, ils avaient bénéficié de beaucoup de bienveillance divine, ou de chance, si cela vous parle d'avantage. Plusieurs fois, le péril les avait frôlé de très près, que ce soit Ludrick dans le puits puis auprès du coupable ou Zelda partant toute seule interroger l'imbécile - Dieux soyez loués pour sa bêtise - du cimetière. Si les rôles eurent été inversés... Qui pouvait dire si son amie n'aurait pas subi le sort du jeune Elimithois ? L'élève du monastère, héritier de la tradition guerrière du village le savait bien : Il aurait dû être paré, en pleine possession de lui-même, et pas avec un bras engourdi entre deux plaques de bois.

Tchak. Tchak. Légèrement déviées. Arkaï jura de frustration, conscient qu'il s'énervait, pour du vent. Le passé appartenait au passé, rien ne servait de vouloir le lui voler. A présent, une occasion en or se présentait à lui pour faire ses preuves, vis à vis des autres, et de lui même. Préparant une nouvelle série de flèches au carquois, il se reconcentra. Inspire. Expire. Dos droit, bras ferme, prise souple. C'est parti.

Une. Deux. Trois. Quatre. Cinq.

Tchak. Tchak. Tchak. Tchak...

Une de raté. Et une douleur persistante, sur l'arrière de l'avant bras. Il se retint de jurer, encaissant en silence les protestations de son muscle en feu. Pour autant, rien ne l'aurait fait abandonner. Hors de question de laisser son corps lui dicter quoi que ce soit. La nuit était encore longue, et le rendez vous fixé au lendemain matin. Ni la rigueur du froid, ni l'obscurité, ni la fatigue ne l'arrêterait. Arkaï récupéra ses flèches d'un pas rageur, se remit en position, et repris sa posture.

Une. Deux. Trois. Quatre. Cinq... Presque. Mais déjà mieux, et moins douloureux.

Le laboratoire tout entier ronflait encore des rêves profonds lorsque la silhouette, allongée par son arc, d'Arkaï se glissa par la porte de derrière. Autant il affrontait sans sourciller la condescendance amusée de Pru'ha lorsqu'elle le surprenait à l'entraînement pendant la journée, autant le garçon mettait un point d'honneur à ne rien révéler de ses escapades nocturnes. On lui avait toujours dit qu'il ne savait pas s'arrêter, quitte à en faire trop, ce qu'il ne parvenait pas à considérer comme un défaut. Mais aux yeux des autres, ça l'était, en plus d'un motif d'inquiétude. Aussi le Sheikah leur épargnaient ils des angoisses en jouant avec les ombres.


La grande crainte d'Arkaï résidait dans le risque de croiser Haya, généralement plus lève tôt que tous et toutes, mais cette fois là, il parvint jusqu'à sa couche sans signe de son aînée. Tirant légèrement les rideaux en prévoyant ainsi de laisser passer les premières lueurs de l'aube, le Sheikah tira sa couverture sur son corps gelé et s'endormit à son tour, rassuré.

Le matin s'étirait paresseusement en une marée aux teintes de corail lorsque, comme prévu, l'astre lui darda des traits plus cruels encore que les siens en plein visage. Malgré sa mauvaise humeur de sentir un agréable songe s'échapper de son esprit, son sens du devoir et il se leva avec moult grognements mécontents. Un regard dehors lui confirma qu'il était encore dans les temps, aussi inspecta-t-il son bras. Pas de douleur, ni de courbatures, enfin. Son esprit combattant soulevé d'enthousiasme devant ce constat, il se jeta hors de sa natte et se prépara au départ. Croisant un Canel aux yeux encore quasiment fermés, il lui soutira honnêtement une boulette de riz et s'en excusa d'un enjoué « Grosse journée aujourd'hui ! A plus tard ! »

Bien sûr, bien sûr, il s'agissait d'aller se battre. Mais enfin, Arkaï allait pouvoir mettre en pratique ce qu'il avait passé tant de temps à apprendre, au fil d'efforts absurdes. Alors, à ce moment là, les perspectives les plus tragiques ne lui apparaissaient même pas. Impatient, c'est l'humeur que trahissaient ses longues foulées sur la pente qui l'amenait au village.

Certes, lorsqu'il avait eu vent de l'appel à volontaires, Arkaï ne s'attendait pas à voir la ville entière converger tel un seul coeur, les armes à la main, pour défendre héroïquement son territoire. Il n'en était plus là, niveau naïveté. Mais rien ne l'avait préparé au spectacle qu'il eut devant les yeux en arrivant au point de rendez vous. Haya était là, comme prévu, accompagnée d'un paysan dont l'allure laissait peu de doutes sur son utilité au combat, et de deux autres hommes qui, eux, paraissaient déjà plus à la hauteur de la tâche. Néanmoins, cinq combattants en se comptant, cela parût ridicule au Sheikah, qui compris à cet instant que rien ne serait aisé ce jour là. A commencer par révéler à son aînée qu'il ne se baladait pas là par hasard.

« Ya-oh, Haya. » la salua-t-il sur un ton calme, tout en s'approchant. « Je suis là pour le haras. »

Il la trouva fatiguée, plus marquée que d'ordinaire, comme si elle s'était déjà battue. Mais qu'est-ce qui aurait pu causer tant de problèmes à une guerrière de sa trempe ? Raison de de plus pour aborder le problème avec prudence. Pour autant, Arkaï sut qu'il avait tout intérêt à éviter les détours et les fioritures qui ne feraient qu'énerver la Sheikah. Haya lui avait toujours donné l'impression de préférer la franchise. Cela n'impliquait pas non plus qu'il lui suffirait de mettre les pieds dans le plat. Ses arguments auraient intérêt à être solides, aussi ne se fit il pas prier pour commencer à les dérouler, « Je me doute que tu ne t'attendais pas à ce que je vienne, sinon tu me l'aurais proposé » dit sur le ton de la plaisanterie et accompagné d'un léger rire, la remarque n'était pas totalement innocente. « Je sais que je n'ai pas encore eu l'occasion de te prouver ce que je vaux et... Je ne le sais pas trop moi même, pour être honnête. Mais je pense que c'est l'occasion ou jamais de le découvrir ensemble. » Et avant qu'elle ait le temps de penser qu'il s'agissait là d'un élan héroïque insensé, il leva les mains comme pour s'en défendre et objecta, « J'ai bien pesé le pour et le contre, crois moi. » Il entreprit ensuite d'énumérer toutes les objections qui pourraient lui venir à l'esprit « Mon bras est remis, pas de séquelle. Zelda est restée au laboratoire. J'ai revu tous mes exerces contre les bokos. Je suis reposé. Je serais attentif à tes ordres... » Arkaï baissa d'un ton pour la suite, désireux de ne pas être entendu du reste de leur étrange compagnie, « Et puis vu l'étendue de la mobilisation, je pense que t'auras pas de trop d'un archer qui vise droit. »

La remarque était sans doute assez cruelle envers les Elimithois. Ceux là n'étaient pas taillés dans le même bois que des Sheikahs. Leur demander de risquer leurs vies, c'était sans doute beaucoup. D'autant que du peu que savait Arkaï, c'était au village caché de régler ce genre de problèmes d'ordinaire. Peut être que les derniers événements liés à Zelda avaient mobilisé d'avantage l'attention d'Impa, mais ça restait de son devoir de protéger les alliés du clan. C'était assez de raisons en soit, mais Arkaï était décidé à jouer cartes sur table, aussi fit il un pas de plus vers elle, sans parvenir à dissimuler sa gêne de s'exprimer un peu plus ouvertement encore, « Au fond, je pense que me suis assez entraîné, j'ai besoin de mettre tout ça en pratique. Tant qu'à faire, autant que ça soit dans des conditions qu'on a choisi, et sous ton commandement. Tu pense pas ? »

Par dessous tout, Arkaï craignait un « Non. » aussi tranchant que définitif, qui viendrait couper la discussion courte mais alors qu'il attendait encore la réponse, avec pas mal d'appréhensions, il entendit des pas derrière lui. Une autre personne approchait, qu'il reconnut instantanément en se retournant. Un sourire lui vint, rapidement évanoui. Il s'était souvenu de leur dernière discussion, pas franchement cordiale. Il n'avait pas eu le coeur, ou le courage, de retourner lui en parler, et d'aplanir leurs différents. Ludrick le voudrait il seulement, c'était là une toute autre question.


Ludrick

Mascotte incontournable

Inventaire

Ludrick faisait face à sa table de chevet, dessus reposait le cataplasme que Nikolas lui avait confié pour le coup de poignard qu'il avait prit au niveau de la hanche. Se servant de ses doigts comme d'une cuillère, il en récupéra une partie pour l'appliquer sur la blessure qui avait été refermé par le vieux médecin. Même s'il était loin d'avoir complètement récupéré, il était capable de se mouvoir presque comme il le désirait tant que le traitement faisait effet. Le guerrier grimaça alors qu'il sentait le produit faire effet. Célyse tout comme Nikolas lui avaient dit à quel point il avait eu de la chance. La lame n'avait pas atteint son os et son amie avait pu traiter immédiatement le poison qui avait tenté de s'introduire dans son corps. Il tourna la tête, ses yeux bleutés se posant vers les fourreaux de ses armes reposant dans un coin de la pièce. Il portait deux armes à sa hanche, tous les jours, mais elles n'avaient pas été des plus utiles, ces derniers temps. L'une de ses mains se porta à son visage, ses doigts explorant sa peau, se remémorant les blessures l'ayant parcourut à cause du fantôme du puits. Ils passèrent sur son nez qui avait été légèrement fracturé par le frère du Tueur quand il avait, lui-même, explosé de colère et agit sous l'émotion. L'exploration de sa main se termina sur sa hanche dont la dague du Coupable s'était enfoncé avec une certaine profondeur. Que des souvenirs de défaites terriblement récentes qui déprimait le jeune homme. Que des moments où il avait été inutile, où il gâchait les opportunités. Il voit encore l'Ordure prendre la fuite alors qu'il se tenait la hanche de douleur, il ressent encore le sentiment d'impuissance qu'il avait ressenti à cet instant, sentiment qui avait été amplifié quand il avait fait face au frère.

Il s'approcha de ses lames, s'emparant de son épée, trophée d'un des ses échecs plus vieux, celle-ci dans le creux de ses deux mains. Son regard semblable à la rivière en parcoururent son long, se demandant s'il était encore utile qu'il la porte et insiste dans la voie qu'il avait choisi. Était-il capable de survivre dans la nature ? Il n'en était plus aussi sûr qu'il y a quelques mois. L'aventurier hésitait à raccrocher pour éviter d'être à nouveau un obstacle pour les autres dans le futur. Il n'arrivait pas à voir le positif qu'il avait apporté, il n'en était pas capable. L'Élimithois claqua l'épée contre sa table, le mouvement ampli de frustration. Il n'en pouvait plus de se voir échouer.



Cela faisait plusieurs jours que Ludrick avait délaissé ses armes, les laissant reposer sur la table. Il ne les portait plus à sa hanche, le poids de celles-ci le pesant bien trop, en ce moment. La honte était trop importante. Alors qu'il revenait d'une de ses balades dans le village qu'il faisait pour se garder en forme, son père mentionna l'appel aux volontaires. D'ordinaire, il aurait essayé de lui cacher tout cela, ce qui l'intrigua. Peut-être l'estimait plus capable qu'avant les évènements du Puits ou peut-être qu'il avait remarqué l'attitude plus morose de son fils, utilisant cette nouvelle comme moyen détourner pour lui donner un peu d'espoir ? Nul ne savait ce qui pouvait traverser l'esprit d'Alistair, à l'exception de lui-même. Le fils du chef de la milice hésita longuement. En était-il capable ? Cette évènement lui couterait-il la vie ou serait-il encore un obstacle ? Il rejoint sa chambre sans dire un mot, le guerrier s'approchant des jumelles. Il voulait prouver qu'il était capable de plus glorieux, il voulait aider à récupérer l'haras mais il ne pouvait s'empêcher d'être anxieux. Il sentait une énorme boule dans sa gorge alors qu'il accrochait ses armes à sa hanche. Elles semblaient toujours aussi lourdes mais il prit sur lui, ravalant cette horrible sensation. 

Ses pieds le portèrent jusqu'à l'auberge, point de rendez-vous. Son esprit avait été en ébullition durant tout le trajet, le jeune homme cherchant à solidifier sa détermination. Il voulait le faire. Il devait le faire pour se persuader qu'il n'était pas qu'un incapable. Au loin, il aperçut six personnes : Haya, Datoh, Mutoh, Gregory, Frederick et une dernière personne pour lequel il ressentait des sentiments partagés, Arkaï. Il lui était reconnaissait pour l'aide qu'il avait apporté au village lors des derniers évènements mais en même temps, il repensait aux paroles blessantes qu'il avait pu prononcées même si c'était pleinement involontaire de sa part. Quand il lui sourit très rapidement, Ludrick ne sut comment réagir. Alors qu'il disparaissait de ses lèvres, l'aventurier s'arrêta, hésitant. Il partit d'abord saluer les autres participants avant de s'approcher des deux Sheikah. Il offrit un sourire aux deux, en réponse à celui de l'homme plus tôt.

"Bonjour Arkaï et... Haya, je suppose ? On a jamais eu la chance de se présenter mais on m'a parlé d'une femme aux cheveux rouges qui s'occupait de l'expédition. Je m'appelle Ludrick et je voudrais venir avec." Il se tourna vers le Sheikah, une main venant frotter sa propre nuque de malaise. Il voulait que les choses se passent bien et par ça, il devait passer par une réconciliation, même temporaire, avec lui. En tant que compagnons d'armes, il faudra qu'ils se couvrent l'un l'autre. "Je sais que les choses ne se sont pas forcément bien passé la dernière fois qu'on s'est vu... Mais je veux pouvoir compter sur toi tout comme tu pourrais compter sur moi. Alors, je suis désolé de m'être emporté et j'oublierais ce qu'il s'est passé... Pour l'instant." Il ne se sentait pas encore prêt d'oublier complètement les paroles qui étaient sorties de sa bouche mais il décidait de passer outre pour l'instant. Il s'adressa à nouveau à la Sheikah, cette fois-ci. "Mon père m'a entrainé à l'épée depuis mon plus jeune âge et je maitrise les bases de la médecine, je sais que je pourrais être utile de bien des manières." Même si ses lèvres avaient prononcés les mots "Je sais", il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il espérait l'être. Il se laissait cette dernière chance pour se décider à propos de son futur.


Haya

Babysitter par intérim

Inventaire

Haya crut tressaillir lorsqu'un compagnon qu'elle ne connaissait que trop bien les rejoignit : Arkaï. Interdite, elle réagit à peine à ses salutations, pas plus qu'au reste de son discours qu'elle lui laissa le temps de déblatérer. Mais quelle fichue mouche avait piqué cet imbécile pour qu'il ne mette dans l'idée de les suivre dans cette folie ? Peut-être s'était-il imaginé faire partie d'une troupe bien plus nombreuse et mieux équipée ou bien était-ce son vieux maître qui lui avait bourré le crâne avec des histoires de guerre et de héros qui ne retranscrivaient en rien la réalité. Toujours est-il que la finalité échappait encore à la Sheikah dont les iris rouge restaient plantés sur le jeune homme. Les mots, bien qu'elle les entendait parfaitement, lui passait au-dessus de la tête au fur-et-à-mesure qu'une forme d'énervement palpable la gagnait. Pour autant, elle était pieds et poings liés face à cette situation puisque compte tenu de leur petit nombre, congédier le Gerudo aurait un impact bien trop négatif sur le reste de leur petite compagnie.

Privée de mots sur le moment, son regard bifurqua sur le côté lorsqu'un second garçon, tout aussi jeune, se présenta à le troupe. Ludrick, de son prénom, était de ces jeunes Elimithois qu'elle avait eu le temps de voir pousser au fil des années ; la première fois qu'elle avait rencontré son père et chef de la milice Alistair, il était encore qu'un enfant. Si sa présence était tout aussi douloureuse que celle d'Arkaï, elle comprenait et acceptait davantage les motivations qui pouvaient le pousser à venir. Aussi, bien que les mots restaient encore coincés au fond de sa gorge, elle signala son approbation d'un hochement de tête à son égard. Il va sans dire qu'un médecin, même débutant, constituait un atout des plus précieux pour l'ensemble de la troupe et la Fille d'Impa ne pouvait décemment pas faire l'impasse sur ça. Ceci étant, elle demeurait intriguée par le passif que les deux plus jeunes semblaient partager sans que cela ne la pousse à réellement aborder le sujet. Si différent il y avait, ils devraient régler ça entre eux.

Consciente que son mutisme ne risquait pas de consolider sa position de meneuse, la Sheikah prit néanmoins le temps de laisser retomber la pression qui s'accumulait en acceptant tant bien que mal l'absurdité de la situation. Sept gens, dont deux enfants et deux fermiers, pour repousser toute une tribu Boko ; le scénario de cette journée ne manquait déjà pas de panache. Mais là où la plupart pourraient penser à un combat perdu d'avance, la Sheikah préférait entrevoir les opportunités à saisir. Le yeux toujours fuyants l'ensemble du groupe, la combattante aguerrie siffla son cheval et en attrapa les rênes. Autours d'eux, de plus en plus de regards fureteurs et inquiets commencèrent à peser. Les enfants, intrigués mais aussi un brin fascinés, cessèrent leurs jeux quand leurs mères mettaient en pause leur activité au foyer pour observer depuis le pas de leur porte. « 'nous r'gardent comme si on était mort », maugréa Datoh avant de cracher par terre. Ses paroles envenimées n'appelèrent aucune réaction, pas même venant de Haya. Pourtant, elle savait qu'il avait dit tout haut ce que beaucoup devaient en penser mais elle préférait que ses mots se perdent dans le vent. Au lieu de cela, Cheveux-de-Sang prit le temps d'observer les quelques visages des curieux afin de prendre la mesure de sa tâche puis elle se tourna vers ses compagnons.

« C'est pour ça, pour ces gens qu'on va se battre », finit-elle par leur dire avec sérénité. « Rappelez vous en là-bas lorsque vous ramperez par terre et la tête dans la boue en ayant perdu tout espoir », asséna-t-elle ensuite comme un ultime avertissement à chacun. Si l'objectif n'était pas de les décourager, c'était avant tout pour leur donner une source de motivation supplémentaire et qu'aucun d'entre-eux ne s'engage sans en mesurer pleinement les conséquences. Le choix du lieu de rendez-vous n'était clairement pas anodin pour ça, au cœur même de la Cité du Commerce. « Je vous laisse cinq minutes pour vous préparer puis nous nous mettrons en route », leur dit-elle enfin, ensuite de quoi elle commença à s'éloigner avec sa fidèle monture en direction de la sortie de la ville.

Un silence de mort s'abattit sur la petite compagnie ; celui qui y coupa court fut ce diable de Datoh, qui râcla sa gorge bruyamment avant de décorer le sol boueux de son plus beau mollard. « 's'prend pour qui, celle là ? » Railla-t-il en réajustant son équipement sur ses épaules. « Putain d'Sheikah… » Jura-t-il ensuite, l'œil mauvais. Son compagnon Mutoh se gratta la barbe, le regard voguant sur les toits des quelques maisons qu'ils pouvaient contempler depuis la hauteur. « T'rappelles Maximilien ? » Demanda-t-il à l'égard de son comparse. « Max' ? L'vieux Max' ? C'lui qu'y disait qu'y réparait les trucs pour donner l'heure, là, 'vec des aiguilles… les "heurloges" ? » Répondit Datoh en fouillant dans ses souvenirs. « Y m'semble qu'il avait rejoint l'campement des brigands sur l'route de l'Est », ajouta-t-il ensuite. Le second mercenaire hocha la tête, avant de reprendre : « Bah, deux jours après, y s'sont fait raser la gueule. Genre, tous, même lui. Y z'ont r'trouvé une bonne vingtaine d'cadavres, la moitié complet' cramés, comme les arbres tout autours. Du coup les gens y z'ont pensé à un feu d'forêt, tu vois ? » Le principal intéressé acquiesça sans se poser plus de question. « Mais t'vois, là où y sont cons, c'que l'aut' moitié y sont pas mort comme ça-là. Z'étaient coupés de partout, même qu'y en a qu'y avait plus d'tête », poursuivit Mutoh avec un détachement assez froid, presque comme de l'amusement. « Bah t'vois, y s'murmure que c'est elle toute seule qui les a r'froidis », conclut-il d'un ton plus bas pour éviter que toute la ville l'entende, comme s'il révélait un grand secret. Ensuite de quoi il commença à s'éloigner du reste du groupe pour rejoindre la Sheikah. Datoh l'observa un moment d'un air hébété, puis suivit le mouvement. « Putain d'pyscopathe… », jura-t-il une nouvelle fois, prouvant une fois de plus que la maîtrise de la langue n'était pas sa plus grande qualité.



[Concernant les couleurs, si jamais vous en avec besoin à un moment ou l'autre - DarkKhaki pour Gregory - MediumPurple pour Mutoh - PeachPuff pour Datoh]


Arkaï

Apprenti stagiaire

Inventaire

Si un regard pouvait brûler, Arkaï serait parti en torche, ça ne faisait pas le moindre doute. 

Il s'était attendu à tout, depuis l'enthousiasme débordant jusqu'au refus aride, mais pas à ce silence accompagné d'un oeil de braise qui le calcinait sur place, le dépossédant de tous ses moyens. Peut être qu'un "Non" franc se serait avéré moins douloureux que ce mutisme chargé de reproches et de ressentiment. Haya lui reprochait il juste sa présence ce matin là, ou avait elle conçu une rancune contre lui en se renseignant sur les événement survenus pendant son absence ? Impossible de le dire. Impossible également de le demander car la langue du garçon refusait de bouger, incapable de trouver le moindre mot approprié. Était-ce le moment de reculer avant que les dégâts ne soient trop grands ? Cette pensée, insupportable, suffit à lui rendre le peu de force dont il avait besoin ; Hors de question de reculer.

Mais au moment où il pensait devoir la convaincre de manière plus directe, elle décala son regard sur les Elimithois qui s'étaient présentés. Après un instant de perplexité, le Sheikah compris que son aînée était coincée. Dans leur compagnie, les paysans avaient visiblement rassemblé leur peu de courage pour se proposer. Sans doute avaient ils un intérêt personnel dans la reconquête de leurs terres. Mais tout dans leurs gestes et leur attitude indiquait la faiblesse de leur détermination. Au fond, ils n'attendaient sûrement qu'un mot de découragement pour rentrer chez eux, avec l'assurance de vivre un jour de plus. Le renvoyer, lui, revenait à leur offrir cette porte de sortie sur un plateau. Sans le savoir, il avait piégé Haya. La situation prenait une tournure diablement ironique, mais après tout, le résultat était là, et il le satisfaisait, pour le moment. Tant qu'il ne pensait pas à la volée de bois vert qui l'attendrait plus tard, si il vivait encore pour la prendre.

C'est donc d'une humeur mitigée, plein d'appréhension mais volontaire, qu'il renvoie son salut à Ludrick « Hey, Ludrick ! Ta bl... Enfin, tu vas mieux à ce que je vois ! » Il s'était repris juste à temps. Pas la peine d'inquiéter Haya avec le passé. Si le jeune guerrier se sentait d'apporter sa pierre à l'édifice, c'était sûrement en connaissance de cause. Ca n'était pas à Arkaï d'en juger de toute manière, il en savait moins que lui là dessus. Et alors que le Sheikah allait enchaîner pour tenter de dégonfler l'abcès entre eux et s'assurer une bonne entente, contre toute attente, ce fut Ludrick qui se lança.

« Aye. On en reparlera plus tard dans le détail, mais sache que je regrette moi aussi. » lui répondit-il, soulagé et satisfait de la tournure que prenait la conversation. Car, au fond, le Sheikah ne se considérait pas coupable d'avoir voulu protéger Zelda d'un danger potentiel, mais même sans en avoir honte il comprenait que l'Elimithois l'ait violemment mal pris. Quand au reste... Rien à ses yeux qui ne dépasse le malentendu à dissiper. Pour autant, il ne ramperait pas devant son camarade pour obtenir son pardon. Sa fierté comptait trop pour cela, et son intuition lui murmurait que le sentiment était en cela pleinement partagé. D'ailleurs les derniers mots prononcés le confirmaient assez, l'affaire n'était pas close. « Tu peux compter sur moi aujourd'hui. » acheva-t-il. Une réponse parfaitement ambigüe et donc parfaitement Sheikah.

En tout cas, Ludrick fut mieux écouté par Haya qu'il ne l'avait été, récoltant même un léger encouragement de la tête, ce qui provoqua aussitôt un élan de jalousie chez Arkaï, si soudain qu'il en fut le premier surpris, quand bien même jouait-il à l'impassible n'ayant rien remarqué. Il en tira une détermination nouvelle, alliée de vexation : C'était le jour où il prouverait ce dont il était capable, face au danger. Il se trouvait tout concentré sur cette idée fixe lorsque Haya appela sa fidèle monture. Autour d'eux s'amassaient les villageois secouant péniblement leur sommeil glacé, les observant avec divers regards. Ici une incrédulité blasée, là un curiosité d'enfant, ou encore une méfiance suspicieuse. Pas beaucoup d'encouragements francs. L'un des mercenaires fit alors une remarque qui ne réchauffa pas l'atmosphère, tant elle suintait la défaite.

Haya eut l'intelligence de ne pas la laisser passer. Pour autant, là où Arkaï s'attendait - non pas à un discours enflammé, ne rêvons pas, mais au moins - à un réplique inspirante bien trouvée, ils ne reçurent qu'un sermon assez sec et dont le ton ne releva pas le pessimisme ambiant. Sans qu'elle ne l'entende, l'élève du monastère ricana en cape, tant il reconnu là l'esprit Sheikah. Auprès des leurs, ce genre de remarque aurait raffermi l'esprit du groupe mais à Elimith... Le choc des cultures lui parut franchement comique. Néanmoins, alors qu'il s'apprêtait à suivre le mouvement, Arkaï laissa ses oreilles traîner du côté des Elimithois. Il en retint moins l'exploit d'Haya, sur lequel il la questionnerait sûrement plus tard, que la facilité avec laquelle les habitants du bourg se laissaient passer au brigandage. Au fond, le garçon allait peut être combattre avec des hommes qu'il aurait à combattre lui-même plus tard. Décidément, drôle d'endroit, drôle de peuple.

Mais au milieu de cette bande, en marche peu disciplinée, il restait fort heureusement toujours Ludrick. Arkaï lui désigna Haya déjà assez loin devant eux, et avec un sourire, lui déclara, en référence à l'histoire des autres « A ton avis, combien de boules de feu lui sont sorti du cul pour faire un carton pareil ? » Il ricana. Peut être y avait il un fond de vrai dans tout ça, mais au fond, l'essentiel c'était que ces brutes y croient. Plus ils se figuraient des Sheikahs aux pouvoirs insensé, moins ces derniers risquaient de se faire attaquer. Par les humains, parce que pour le reste... D'ailleurs, Arkaï ne put s'empêcher de demander à son camarade, « T'en as déjà affronté toi, des bokos ? » Puis, levant les yeux au ciel, il poursuivit, « Moi non. J'en ai déjà semé, mais pour ce qui est d'en tuer... » Il caressa l'empennage emplumé d'une de ses flèches, « Ce sera une première. Mais bon, ça peut pas être bien sorcier. »

Il ne doutait pas vraiment d'y arriver. Des années passées à s'y entraîner le soutenaient plus encore que sa détermination que l'atèle l'avait fait avec son bras ces dernières semaines. On ne craint que ce qu'on ne connaît pas, et Arkaï était convaincu de ne rien ignorer à cette affaire. Ayant rattrapé Haya à la porte de la cité, il eut du mal à camoufler son impatience tandis qu'il demandait, sur un ton faussement léger, sans toutefois oser soutenir son regard, « Du coup, quel est le plan ? Combien ils sont, ces foutus bokos ? »