Le Fléau d'Elimith : des maux que nul rempart ne saurait repousser – Le domaine d'Alistair & les venelles

[Quête Halloween - 2020]

Alors qu'un mal étrange ronge jusqu'aux racines de la Cité-Commerce, trois aventuriers décident de s'associer après avoir surpris la conversation de deux hommes de mains et du capitaine de la Milice. L'Hylien, qui habite alors la Ville-Blanche depuis des cycles, travaille main dans la main avec une Zora pour tâcher d'identifier la source du danger. Tous deux ignorent cependant qu'ils sont suivis par l'une de ces marginales des bois...

Fin de l'automne - 3 mois 4 semaines 1 jour après (voir la timeline)

Vieil homme

Narrateur

Inventaire

Ses larges doigts épousèrent, un temps, son crâne dégarni. Datoh lança un bref regard à son frère qui n'avait pas l'air bien plus fier que lui. L'un comme l'autre étaient dévoués corps et âme au Bourgmestre mais tous deux aurait préféré ne pas avoir à réveiller Alistair en pleine nuit. Le bonhomme avait beau être âgé, plus petit et moins épais qu'eux, il était de ceux que nul n'osait déranger. Lui, la vieille folle du Moulin et cette étrange Gerudo dont le petit Ludrick s'était porté garant, il y a quelques mois. Ils avaient cru comprendre qu'elle avait rejoint la Milice pour participer à la défense de la Cité-Commerce. Ils ne l'avaient plus vu depuis plusieurs semaines mais ils ne l'avaient pas vraiment cherchée, au contraire.

"Qu'est-ce t'attends ? Cogne-zy !", finit par grogner son frère après un long frisson. La pluie annonçait l'hiver et elle givrait jusqu'à leurs braies. Comme toujours, ils n'avaient pas jugé bon de se draper d'un manteau ou même d'une pèlerine : ils avaient toujours été fier de leur carrure et des muscles saillants qui habillaient leurs os. « T'es-t'y pas un marrant toi, maugréa le gros-bras, si t'as tellement envie qu'il te foute une raclée, pourquoi tu cognes-tu pas toi ? », s'enquit-il ensuite, non sans lancer un coup d’œil noir à son idiot de parent. Parfois, il se disait qu'ils n'étaient pas fait du même moule ; qu'il était de loin le plus futé des deux. En vérité, il manquait surtout de recul. « T'es vraiment une mauviette », souffla Mutoh, visiblement las. Il arma son poing, mais quelque chose sembla le retenir en l'air, un instant.

"Ah bah, tu vois-tu ?", ricana l'autre, un demi-sourire en coin gravé sur la gueule. « Toi aussi, t'fais pas eul'malin ! » Il fit craquer son cou, puis s'occupa de chacune de ses phalanges. « Ta gueule, débile », jura l'homme de main, d'un ton qui se voulait menaçant. « Je vais le faire », acheva-t-il, son imposante paluche toujours suspendu en l'air. « Bah fais-y-le alors », provoqua encore Datoh. « Je vais finir par te coller une mandale, gros débile », insista cette fois le cadet, ravi de son trait d'esprit et persuadé d'avoir remporté là un important duel rhétorique. C'est que sa tonitruante voix avait porté loin, comme toujours.

Bientôt, un nouveau ton leur glaça le sang.

"Sombres crétins", lança méchamment l'officier-chef de la Milice, qui siégeait au conseil de la Ville-Blanche depuis maintenant des années. Ses yeux froids les tançaient d'un air sévère, presque mauvais, qu'ils ne virent pas tout de suite : plutôt que de leur ouvrir la porte, il avait passé sa tête par la fenêtre après avoir poussé les deux battants de bois. « Oh putain, il est où ?! », tonna Datoh de son timbre lourd et grave. La nuit était encore sombre et de longs nuages noir masquaient la lune. « J'imagine que ce que vous avez à me dire est urgent ? », trancha Alistair, sans s'attarder en bavardage. Il était plus incisif encore qu'il ne pouvait l'être d'habitude ; et cela signifiait quelque chose. « Je... euh... Ouais, m'sieur », reprit l'aîné, qui peu à peu regagnait contenance. « C'est m'sieur eul'Bourgmestre qui nous envoie », détailla ensuite son cadet. « Il a précisément dit que c'était urgent, comme que vous dites », se sentit-il obligé de préciser. Et le vieux bretteur de pousser un soupir las, avant de disparaître à l'intérieur. « Je vais vous ouvrir, déclara-t-il, de l'autre côté de la porte, tandis que chantait le verrou, tâchez d'être concis. »

Les deux hommes entrèrent enfin, après quelques instants, et apprécièrent la chaleur du foyer. Dans l'âtre rougeoyaient encore les braises d'un feu tout juste mort ; mais qui répandait encore un peu de son ardeur sur la demeure. « Brrrr... 'Fait ben meilleur chez vous que dehors », lança Mutoh, comme pour détendre l'atmosphère. Son grand-frère lui asséna un violent coup de coude entre les côtes. Le colosse retint un glapissement de surprise plus que de douleur, pour ne pas perdre la face devant le maître d'arme. « Faites-vite », s'agaça l'homme qui avait grande fierté à tracer sa lignée jusqu'aux derniers gardes royaux à avoir servi les Anciens. « Ma mie dort encore, et je ne souhaiterais en aucun cas la réveiller », expliqua-t-il ensuite, non sans adresser une dure œillade aux deux compères. Il savait pertinemment d'où Baldin les avait tirés et s'il peinait encore aujourd'hui à approuver, il avait fini par s'y faire… et apprendre à les gérer. Il ne comprenait toujours pas ce que son fils pouvait cependant leur trouver.

"C'est que... Tout le monde y tombe-tu malade, m'voyez ?", débuta maladroitement la première des deux brutes. Ses lèvres gercées par le froid, son front chauve et ses sourcils arqués lui conférait un air pittoresque que l'épéiste ne préféra pas relever. « C'est-à-dire ? », questionna-t-il seulement, après un embarrassant silence. Les deux hommes pensaient visiblement en avoir assez dit. « 'Sait pas trop. Eul'Bourgmestre dit qu'c'est grave, qu'l'apothicaire et les autres c'des bons à rien », reprit alors Mutoh, tachant tant bien que mal de ne pas faire trop de bruit pour ne pas réveiller les autres habitants de la maison. « Il dit qu'eul mal pourrait raser Elimith si on est pas vigilant », fit ensuite Datoh, dont la perplexité était apparente. « Il veut vous voir en conseil d'ici une heure au plus tard, pour discuter d'tout ça. Ah et il veut aussi qu'vous montiez une expédition pour Cocorico », ajouta-t-il, comptant sur ses doigts pour s'assurer que tous les messages avaient bel et bien été délivrés. « Savez-vous ce qu'il entend demander à dame Impa ? », demanda Alistair, qui n'aurait su se satisfaire d'une information aussi parcellaire. « Des herbes et des soignants, il a dit, l'éclaira le cadet, il a aussi dit qu'vous devriez passer vite fait chez Nikolas si vous voulez l'voir. Y'ferme l'après-midi maintenant. Pour s'occuper des malades, tout ça »

L'ancien bretteur hocha la tête sobrement. Avant de conclure : « Très bien. Je vais me mettre en route. Et… bonté du ciel, pas un mot à Ludrick. Pas un seul mot. »

Ce compte est un compte narrateur : les personnages joués par le narrateur ne peuvent pas être utilisés par les joueurs ou joueuses dans leur post (sauf autorisation d'un admin) et les jets de dé du narrateur sont contraignants.



Ludrick

Inventaire

  • Dague familiale
  • Épée de rechange
La pluie avait surpris le jeune homme alors qu'il était encore debout dans le jardin de la demeure de sa famille. Il était alors occuper à s'entrainer seul, comme chaque soir depuis son retour. La pluie glaciale le faisait frissonner, il sentait que l'hiver arrivait à grands pas, la température avait par ailleurs grandement diminué. Il devenait donc difficile pour le guerrier de continuer à veiller plus longtemps sous un temps pareil, il avait donc décidé de rentrer dans la bâtisse derrière lui quand il entendit des voix d'homme visiblement peu conscient de la signification du mot "discrétion". Il pouvait entendre avec aisance leur voix porter dans les environs et les reconnut avec aisance, Datoh et Mutoh. Ces idiots allaient réveiller ses parents ainsi que leurs quelques voisins, il s'apprêtait donc à intervenir pour leur demander de diminuer le volume de leur voix. Il fit le tour de la maison pour rejoindre le devant quand il s'arrêta à quelques centimètres du coin de celle-ci, la voix de son père avait attiré son attention.

"Sombres crétins."  He bien, de ce qu'il savait des deux soldats du Bourgmestre, ils n'étaient effectivement pas des flèches. Et l'un deux prouvait encore une fois leur grande vivacité d'esprit par un "Oh putain, il est où ?!" mais le reste de la conversation s'était avéré bien plus intéressante que de juger l'intelligence des deux hommes. Une situation urgente qui nécessitait de réveiller son père en pleine nuit ? Voilà, une chose qui piquait grandement l'intérêt du jeune homme. Alors que les deux hommes disparurent dans l'encadrement de la porte, Ludrick rejoignit l'annexe de la maison pour l'escalader et rejoindre sa chambre à l'étage, il avait expressément laissé sa fenêtre ouverte pour rentrer discrètement sans réveiller ses géniteurs. Il en sortit ensuite pour se placer dans le couloir et écouter discrètement la conversation.

Pas un mot à Ludrick ? Il était bien trop tard pour se préoccuper d'une telle chose. Le cerveau de l'aventurier n'avait pas manqué d'enregistrer chaque information qui lui était offerte par la discussion entre Datoh, Mutoh et son père. S'il pouvait participer ou au moins, espionner, ce fameux conseil, il pourrait en apprendre bien plus sur cette fameuse maladie et ses conséquences. Dans la meilleure des situations, il pourrait aider à régler cette situation. Il pourrait enfin se rendre utile et prouver que le petit garçon avait bien grandi. Il pourrait rendre son père fier, ce même père qui était devenu de plus en plus dur avec lui alors qu'il gagnait en âge et qui ne lui avait jamais dit ces simples mots "Je suis fier de toi." Ludrick fut animé par deux motivations : Celle décrite plus tôt et son désire de venir en aide à son prochain. Elimith restait son village natal même s'il était lassé d'y vivre, il refusait de le laisser disparaitre sous la menace d'une mystérieuse maladie.

Il savait où avait lieu le conseil, dans le temps, il avait déjà du apporter des repas à son père lors que ceux-ci s'éternisaient. Ce serait facile pour le guerrier de s'y aventurer pour en soustraire le plus d'informations possibles. Pas le temps de se changer ou se sécher, il ressortit par la fenêtre par laquelle il venait pour se diriger vers le bord de la rivière et s'y dissimuler le temps que son père quitte sa demeure. L'obscurité de la nuit ainsi que la berge du cours d'eau suffirent amplement à cacher l'aventurier. Alors qu'il s'y cachait, il aperçut une silhouette familière dans l'eau de la rivière. Une silhouette qu'il reconnut après quelques instants de réflexion, c'était Slo'Anh. Il lui indiqua de garder le silence, son index venant se poser sur ses propres lèvres alors qu'il sifflait un discret "Chuuuuut..." puis il lui adressa la parole, chuchotant.

" Je t'expliquerais."


Slo'Anh

Inventaire

Quelques bulles vinrent faire danser les algues du fond de la rivière alors qu’elles quittaient subtilement leurs feuilles pour regagner l’atmosphère gazeuse au-dessus d’elles. D’un œil distrait, Slo’Anh les regardait venir embrasser la surface de l’eau et disparaître pour se mélanger au vent qui chatouillait le liquide pour dessiner de petites vagues. La lueur que diffusait doucement sa lanterne leur donnait un relief et une brillance qu’elle appréciait de plus en plus.

Elle aussi, s’était précipitée à la surface pour s’évaporer, quelques semaines auparavant. Parviendrait-elle, elle aussi, à se fondre parmi les terrestres, comme ces bulles parmi les autres éléments terrestres ?

Les vaguelettes n’avaient rien à voir avec les immenses murs aquatiques qui s’abattaient régulièrement sur les falaises, là où elle avait grandi. Mais ces remous, bien que faiblards, étaient les bienvenus. Elle ferma les yeux en les sentant masser ses muscles fatigués par la marche, la gravité, et les gestes répétés d’un quotidien qui n’avait pas été pensé pour son espèce. De plus en plus, elle se surprenait à nager les yeux fermés, ayant appris également sur le sol à s’orienter sans compter sur ses yeux éblouis par la lumière. Les algues chatouillèrent ses pieds et lui arrachèrent un sourire qu’elle ne présentait presque plus.

Dans sa danse solitaire et silencieuse sous les profondeurs – quoique restreintes, elles aussi – de la rivière, elle avait de cette manière pu percevoir des pas précipités et nettement moins grâcieux que sa nage faire vibrer le rivage. « Il se passe quelque-chose. » se dit-elle à elle-même.

Un autre frémissement parcourut sa jambe alors que quelque-chose l’effleurait. Mais il ne s’agissait pas d’une algue cette fois. Utilisant toute la force de ses longs bras dessinés par la nage, elle se retourna d’un geste vif et sec. Un léger filet de sang teinta le halo autour de sa tête d’un rouge orangé. Elle n’avait fait qu’une bouchée d’un petit poisson de rivière qui était venu un peu trop près d’elle. Chassant cette distraction d’un mouvement de tête, et d’un lent salto, aidée par l’eau, elle remit de l’ordre dans ses pensées.

Tout le monde courait partout ce soir-là. Elle en avait été frappée, à son retour de la maison où elle était allée passer quelques jours après que l’Apothicaire lui a dit de se reposer un peu. Elle avait joué les naïves sur le moment. Mais entre la contrariété de n’avoir pas trouvé Chev’Anh une fois dans leur caverne, et toute cette agitation, la Chasseresse qui se prenait pour un médecin savait désormais que le vieux Nikolas avait cherché à l’éloigner. Mais l’éloigner de quoi ? Elle avait bien vu que les personnes se faisaient plus nombreuses chez son mentor. Mais elle n’avait pas eu le loisir d’en savoir davantage. Qui voudrait voir sa gueule de carnassier alors qu’ils souffraient déjà, après tout ?

Les hypothèses tournaient en rond dans son esprit, tout comme elle nageait en rond autour d’un rocher. Elle devait probablement générer un petit tourbillon, tout là-haut, mais qui pourrait bien s’en soucier ?
Un clapot différent déforma soudain la surface de l’eau. Ses pupilles s’élargirent alors que sa lumière faiblissait. Quelque-chose était juste au-dessus d’elle, tout au bord de l’eau. Prenant son élan en s’enfonçant le plus possible dans l’eau, elle fonça d’un seul coup vers la source du mouvement. Une odeur de cuir lui fit dévier de sa trajectoire au dernier moment. Elle ne s’intégrerait pas aussi bien que ses petites bulles si elle boulottait le pied de quelque badaud perdu au bord de l’eau. Sa grande-tante Veg’Anh n’avait plus jamais voulu chasser quoi que ce soit après un accident de la sorte qui lui avait valu un procès bien peu délicat. La pauvre âme s’était éteinte très vieille, mais très maigre après avoir passé des décennies à manger des algues et du plancton.

Elle se rattrapa comme elle put en faisant quelques pirouettes à la surface, tout en vérifiant si le Terrestre qui l’avait attirée n’était pas tombé. Elle retint une exclamation sincère en reconnaissant Ludrick, mais celui-ci lui intima de se taire. « Chuuuuut… » siffla-t-il. Elle crut d’abord qu’il feulait à l’instar de ses congénères pour exprimer un mécontentement, et s’en trouva un peu vexée, mais elle se rappela que ces sont avaient une autre signification pour les humains. Elle s’approcha donc sans faire le moindre bruit en le questionnant du regard. « Je t’expliquerai. » lui murmura-t-il.

Elle appuya ses bras sur le sol près de lui. « Je suis rentrée ce soir. » lui indiqua-t-elle pour justifier son ignorance sur la situation qui, de toute évidence, était stressante pour lui. « Qui sont ces hommes ? » demanda-t-elle, en suivant son regard, ravie de bénéficier de son excellente vision nocturne dans une telle situation.

Son jeune ami semblait bien soucieux, mais elle observa à sa posture qu’il trépignait. Elle ne l’avait pas compris tout de suite, mais c’était une odeur inconnue qui l’avait sortie de sa torpeur aquatique, quelques minutes auparavant : celle de l’aventure. Un immense sourire se dessina sur son visage alors qu’elle observait, elle aussi, ce qui se passait.


Talyn

Inventaire

  • Arc fait main
  • Couteau de chasse
Ses pieds s’enfoncèrent dans la terre mouillée, silencieusement, alors qu’elle fermait les yeux et se concentrait sur les voix.

Ah que la femme de la forêt n’aimait pas la Cité-Commerce. Trop de monde. Trop de sons. Trop souvent elle sursautait en entendant le cri d’un enfant ou celui d’un marchand. Et alors sa main ne pouvait pas se contrôler, et elle portait les doigts jusqu’à son carquois… Avant de se ressaisir et de se détendre. Mais le mal était fait, et on avait vu l’étrangère sans chausses toucher son arme lorsqu’un petit passait près d’elle.

Alors quand ses pas l’avaient à nouveau menée vers la ville-blanche, pour la première fois en trois ans, elle était restée à l’écart cette fois. Souhaitant épargner aux habitants et à elle-même des jours agités. Néanmoins, après quelques temps passés à camper à une lieue des murs d’albâtre, la chasseresse se retrouva forcée de s’en rapprocher, aujourd’hui même.
Deux fléaux étaient ainsi venus secouer ses réflexes d’ermite : le premier, celui de la Faim. Il y avait quelques jours déjà que les proies ne s’étaient pas présentées aux traits de l’archère. Les racines commençaient à manquer dans ses réserves, et, hasard malheureux ou présage funeste, les quelques baies et fruits qu’elle avait mis de côté s’étaient gâtés en une nuit. Et elle avait beau gratter la terre, elle n’y trouva pas subsistance, ses ongles se heurtant à la terre froide et dure annonciatrice de l’arrivée de l’hiver. Elle espérait troquer quelques peaux contre une pitance.
Le second fléau était un vent mauvais. Une prémonition macabre. L’étrange sentiment qu’elle serait plus en sûreté près des habitations… Ou bien qu’il était nécessaire pour elle de s’y rendre ? Toujours était-il qu’elle frissonnait à l’idée de s’éloigner de la ville. Et à l’inverse, quelque chose l’appelait au sein des murs. Un appel d’autant plus identifiable qu’il était rare qu’elle se sente attirée par ce genre de rassemblements. Mais elle avait vécu jusqu’ici en se fiant en partie à son instinct, et elle n’allait pas s’arrêter en si bon chemin.

Elle avait passé une partie de la soirée en ville, sans forcément réaliser que sa présence n’aidait pas à rehausser l’ambiance maussade qui y régnait. « … Sorcière… » avait maugréé un vieillard sur son passage, qui s’efforçait pourtant d’être discret. Mais il était ardu de passer inaperçu quand on était aussi grande et d’allure aussi… Caractéristique qu’elle. Toutefois, ce qui piqua sa curiosité, ce ne furent pas ceux qui se fendirent de commentaires désobligeants, c’était ceux qui, au contraire, ne semblaient absolument pas avoir le temps de considérer sa présence parmi eux.

On murmurait. On pleurait. Il y avait, à la Cité-Commerce, un mal qui pesait. Maladie, spectre, psychose collective ? Impossible à dire pour la va-nu-pieds. Mais elle ne comptait pas en rester là. Qu’importe qu’on l’accepte ou non, qu’elle soit vue ou pas. Elle avait appris à ne pas rester les bras croisés dans ce genre de situations. Elle vivait mal la compagnie, mais elle aimait les Autres. De loin.
Et la voilà donc, tapie dans l’ombre. Frappée par la pluie sans que cela ne semble la gêner, recouverte qu’elle était par ses fourrures. Les deux muscles avaient progressé à travers la ville avec une détermination peu commune, et certainement pas partagée par le reste du peuple ce soir. Estimant ainsi qu’ils étaient sa piste la plus sûre, l’archère avait décidé de les filer. Sans trop de soucis, l’ondée aidant à voiler ses mouvements et les deux bonhommes étant moins compliqués à discerner qu’un lapin dans les hautes herbes. Elle ne pouvait malheureusement pas les suivre jusque dans la demeure, mais là n’était pas leur résidence, à en juger par l’argumentation qui fut nécessaire pour leur permettre d’entrer. Ils allaient forcément en ressortir, donc. Et en attendant, elle pouvait se cacher et…

Coquin de sort. Elle n’était pas la seule rôdeuse. Sur la berge, elle distinguait des ombres, qui parlaient en prenant soin de ne pas réveiller toute la populace, à l’inverse du duo qu’elle avait suivi. Que faire ? Étaient-ce des âmes mal intentionnées ? Ou bien au contraire, des protecteurs chargés de mettre à jour les individus comme elle ? Se révéler aurait été une façon directe de mettre les choses au clair. Mais ce n’était pas son style. Trop imprudent.

Non mieux valait attendre. Elle se plaqua contre l’herbe humide et la boue, voilant du mieux qu’elle le pouvait son souffle. Les sens aux aguets, elle faisait de son mieux pour ne pas être repérée tout en restant à portée pour écouter le duo de la berge. Tout en sachant pertinemment que si elle pouvait les observer et les entendre, alors il en était de même pour eux.


Ludrick

Inventaire

  • Dague familiale
  • Épée de rechange
Avant qu'il ne puisse reconnaitre Slo'Anh dans l'obscurité de la nuit et l'eau trouble de la rivière, il avait sursauté en voyant la Zora surgir hors de l'eau tel une prédatrice voulant dévorer sa proie. Si Ludrick ne tenait pas tant à être discret, il aurait crié d'effroi sans hésiter une seconde au vu de la performance terrifiante, bien qu'involontaire, de la demoiselle. A la place, son cœur sembla louper un battement et il avait placé sa main à celui-ci ayant peur qu'il ne s'évade soudainement de sa propre poitrine. Décidément, elle avait tendance à lui infliger une certaine terreur à chaque fois qu'il la rencontrait. Une habitude que le petit cœur du guerrier aimerait bien qu'elle se débarrasse. Quand il se remit de ses émotions, il lui avait adressé la fameux "Chuuuut..." ainsi que sa dernière phrase. Il avait attendu, silencieux, tapi dans l'obscurité de la nuit et derrière la berge de la rivière durant plusieurs minutes. Le sol boueux de la berge et la pluie, toujours présente, étaient glaciale et refroidissaient les membres de l'homme à travers ses vêtements en plus de les salir. Il se sentait doucement glisser vers la surface de l'eau et devait souvent reprendre appuie pour éviter qu'il n'aille se baigner involontairement. Finalement, le père de Ludrick sortit de leur maison, une capuche de voyage lui dissimulant le visage et le protégeant de la pluie. Ludrick était trempé, il avait froid. Le bout de ses doigts et de son nez étaient devenu insensible sous l'effet de ce froid glaciale.

Quand son père s'éloigna assez d'eux, Ludrick retourna sur le terrain plat au dessus de la berge de la rivière avant de se retourner vers son amie tout en se frottant les mains entre elles pour se réchauffer. Il ne se doutait pas un instant qu'au moment même alors qu'il prenait son père en filature, une autre personne faisait de même mais avec le jeune aventurier. Il parlait tout de même assez doucement pour ne pas que n'importe qui les entende.

"Une maladie mystérieuse a frappé le village d'après les dires des guerriers du Bourgmestre. Un conseil aura lieu pour en discuter." Il s'interrompit pour souffler dans ses mains et tenter d'en chasser tant bien que mal le froid. "Je vais m'y rendre pour l'espionner et en obtenir le plus d'informations. Je veux aider. Si ça te tente... Viens avec moi."

Il se doutait déjà de la réponse de la Zora qui semblait des plus curieuses et intéressée par les informations sur la situation qu'il lui avait donné.

"J'y vais. Je ne veux pas en rater une seconde. Suis-moi."

Même dans la nuit et la vue troublée par la pluie, Ludrick connaissait ce village comme sa poche. Chaque chemins possibles et imaginables étaient enregistrés dans l'esprit du jeune homme. Il commença donc à traverser le village pour rejoindre la demeure du bourgmestre. Le conseil avait lieu dans une annexe près de celle-ci, une grange plus précisément qui avait servit au vieux chef du village quand il était encore métayer. Les murs en bois de la grange possédait une très mauvaise insonorisation qui lui permettrait d'écouter les voix des villageois siégeant au conseil ou une fenêtre discrètement ouverte ferait amplement l'affaire.
Après un temps de marche, peu aisé dans la boue, l'obscurité et sous la pluie, Ludrick arriva accompagné de Slo'Anh aux abords de l'annexe ainsi que d'une autre invitée qui avait su dissimuler parfaitement sa présence. Elle avait aisément pu suivre les deux amis sans qu'ils ne s'en doutent un instant, du moins du côté de Ludrick. Maintenant, Ils se devaient d'être discrets pour ne pas éveiller les soupçons. Il chuchota proche d'elle.

"A partir de maintenant, on ne dit plus rien. Je vais ouvrir une fenêtre et on écoute. Ça sera très instructif."

L'homme se recroquevilla légèrement avant de s'approcher de la vieille bâtisse, il voulait éviter d'apparaitre dans le champ de vision offert par les trous servant de fenêtres et fermés par un volet de bois. Il suffisait d'en ouvrir un pour apercevoir le jeune homme dans l'obscurité. Par chance, aucun milicien ou garde du Bourgmestre ne faisait de rondes, pour le moment. Une légère lumière offerte par les fanaux, dont un léger filet s'évadait par les interstices des volets, éclairait l'intérieur du bâtiment pour que les différents participants puissent se voir entre eux. La main frigorifiée de Ludrick s'approcha alors du volet en bois se trouvant au dessus de lui. Il savait que celui-ci avait du mal à fermer et qu'il était facile à déverrouiller. Il suffisait de pousser puis tirer pour qu'il se déverrouille et s'ouvre Il ne craignait qu'il ne grince donc il se contenta de le laisser contre son chambranle. Ainsi, il put entendre très clairement la voix de son père et des autres participants discuter. Il fit ainsi signe à sa partenaire de la rejoindre à ses côtés pour qu'elle puisse écouter avec lui.


Vieil homme

Narrateur

Inventaire

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Soudainement, et bien plus lestement que sa lourde carrure ne le laissait suggérer, Auru s'arracha à la cloison. D'un bond – à l'image de ces démons de l'ancien temps, que les Aïeuls montaient sur des ressorts –, il saisit Talen au col et le plaqua contre le mur. Du bout de son pic à glace, il vint tutoyer son menton. « Insulte moi encore une fois et j'te saigne », murmura-t-il à son oreille, avant de finalement lâcher prise et reporter son attention sur la besogne pour laquelle on le payait aujourd'hui. « Putain d'abruti », marmonna-t-il tout bas, conscient qu'il lui faudrait un jour ou l'autre partir. Il n'était pas fait pour cette vie posée —  dolente, même. Pas fait pour protéger les possessions d'un autre, pour rester sage devant la femme d'un autre. Non, il brûlait d'un autre feu ! Plus brillant et plus vivant que celui de tous les misérables qui se cachaient derrières les murs de la Cité. « On devrait faire une ronde », grommela-t-il néanmoins, d'une voix résignée autant qu'elle pouvait être frustrée. « Avec un peu de chances, on trouvera peut-être de quoi se réchauffer les poings », siffla-t-il ensuite, non sans frapper ses cestes l'un contre l'autre. « T'as sans doute raison », maronna seulement son associé, les phalanges encore blanchie et la gorge cassée parce qu'il espérait être l'émotion. Un sourire mesquin étira les lèvres du gros-bras.


"Grouille-z’y !", tonna Datoh aussi discrètement qu’il était capable de le faire. Son frère cadet lui avait dit qu’il ne se sentait pas bien depuis qu’ils étaient passés chez Alistair et avait insisté pour s’éloigner, le temps de quelques minutes. Le Bourgmestre les avait  chargés de veiller sa logis, sa femme et son fils comme la prunelle de leurs yeux. Sans vraiment savoir de quoi il s’agissait, ils avaient tous les deux compris que c’était là quelque chose de précieux. L’ainé espérait cependant que Baldin n’avait pas remarqué toute la confusion dans son regard. « J’fais-z’y comme je peux ! », chuchotât à son tour Mutoh, avec toute la sourde subtilité d’un Moblin à-demi endormi. Il faisait pourtant son possible pour ne pas déranger le sommeil de la maisonnée, pourtant éveillée depuis des heures. D'ici, il n'aurait pu entendre les cris et les sanglots qui agitaient la chambre de Koryl.

Un long frisson secoua l'échine de Datoh, tandis que ses grosses paluches se refermaient sur la hampe de son bec-de-corbin. Le Bourgmestre lui avait offert cette arme en guise de paiement, pour son premier labeur. Il ne s'en était jamais séparé depuis. « Quand t'auras-tu fini ? », s'enquit-il en direction de son frère, dont « l'envie pressante » ne lui semblait finalement pas si pressée. Il l'avait connu plus rapide et, ce soir, il regrettait ne pas pouvoir moquer sa célérité en toute choses. « Datoh, tu m'emmerdes ! J'viens-tu t'faire chier, moi, quand tu pisses-tu ?! », grogna Mutoh, visiblement agacé. « Non, mais... — », commença le plus âgé des deux bourriques. Avant d'être subitement coupé. « Mais ferme ta gueule ! Y vont pas mourir pendant que j'vidange eula'citerne ! », beugla son idiot de frangin. Sans doute fulminait-il autant que lui.

"Très bien. Mais quand t'auras-tu fini on ira voir l'annexe. Eul'Bourgmestre veut qu'on y jette une tête", annonça Datoh. De son perchoir, le visage de Mutoh sembla un temps se dégonfler. « Mais... J'ai pas d'tête à jeter, moi ! », marmonna-t-il seulement.

Vieil homme lance le dé "Dé succès (3) - réussite / échec / échec critique" !
  • Si le dé tombe sur Réussite :
    Alors que les deux groupes entament leurs rondes, nos protagonistes parviennent à se soustraire à leur regard à l'aide d'un amas de tonneaux et de sacs abandonnés près de l'annexe où se déroule le Conseil. Ils peuvent librement écouter les membres du Conseil s'exprimer.

    Merci d'attendre un second post du Vieil Homme pour avoir le détail des informations.
  • Si le dé tombe sur Echec :
    Au cours de leur ronde, Datoh et Mutoh découvrent Ludrick & Slo'Anh. Quand Ludrick s'avance pour leur expliquer ses intentions, ils se montrent méfiant, mais semblent prêt à l'écouter.

    Le temps passé à gérer la situation avec Datoh et Mutoh implique mécaniquement de ne pas pouvoir suivre les propos du Conseil. Assurez-vous de gérer prestement la situation pour ne pas risquer de perdre trop d'informations. Certaines sont d'ores et déjà irrécupérables...
  • Si le dé tombe sur Echec critique :
    Au cours de leur ronde, Talen et Auru découvrent Ludrick, Slo'Anh et Talyn. Alors que Ludrick tente de s'expliquer pour désamorcer le conflit qui ne peut que suivre, Auru lui brise la cheville d'un violent chassé. Le raffut alerte le Conseil, qui met un terme rapide aux hostilités, mais n'a pas d'autre choix que de faire enfermer nos trois protagonistes.

    Le Vieil Homme vous informera du moment où il leur sera possible de quitter les geôles d'Elimith.

Résultat : Réussite

Alors que les deux groupes entament leurs rondes, nos protagonistes parviennent à se soustraire à leur regard à l'aide d'un amas de tonneaux et de sacs abandonnés près de l'annexe où se déroule le Conseil. Ils peuvent librement écouter les membres du Conseil s'exprimer.

Merci d'attendre un second post du Vieil Homme pour avoir le détail des informations.


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Baldin

Narrateur

Inventaire

"Je ne suis pas sûr de bien comprendre, Baldin", lança Alistair, d'une voix posée, mais dont la rigueur trahissait l'appréhension. « Datoh et Mutoh m'ont dit que tout le monde tombait malade. Or, tu ne parles que de Koryl. Y a-t-il vraiment d'autres cas où es-tu simplement inquiet pour ton fils ? » Le Bourgmestre lui lança un regard sombre, presque accusateur, qu'il préféra ignorer. Sur sa gauche, le Forgeron renifla lourdement. Le torse bombé, les doigts bagués et le marteau à la ceinture, il cherchait sûrement à asseoir son autorité. Il était indispensable au bon fonctionnement de la Cité, ce que nul n'aurait pu contester. Mais il en fallait davantage pour impressionner le vieux soldat. «  Il n'y a pas que Koryl », balaya l'ancien métayer, alliant le geste à la parole. D'un grand mouvement du bras, il repoussa l'air et la poussière qui habillaient l'hêtre de la table. «  Mais c'est évidemment le cas qui m'intéresse le plus. Tu me comprends, j'en suis certain. Que ferais-tu si Ludrick tombait malade, lui aussi ? », questionna encore le chef d'Elimith, les yeux cerclés de cernes plus sombre que la fange des Tourbières de Lanelle. « Quelque soit le problème, commença alors Opar, de sa voix chevrotante, je peux vous assurer que ça ne vient pas de chez moi ! » Le vieillard croisa les bras sur sa frêle poitrine, comme pour dire toute sa colère à l'encontre des Limiers qui l'avaient agressé en pleine nuit. « Par ailleurs, Baldin, il devient urgent que nous discutions de tes hommes de main. J'exige réparation ! »

"Plus tard, vieillard", gronda l'Engraveur, avant de frapper du poing sur la table. «  Nous avons visiblement plus important à discuter. Que sait-on du mal qui frappe notre ville ? Peux-tu nous assurer qu'il n'est en rien lié à la disparition de la jeune laborantine ? Les sorciers du moulin nous ont peut-être maudits », questionna encore l'artisan, qui connaissait la teneur exacte de l'échange qu'avaient eu Canel et Baldin. Quand le Sheikah était venu demander l'aide de la Milice pour retrouver Eluria, le Bourgmestre lui avait rappelé que la mort faisait partie de la vie et qu'il fallait apprendre à s'y faire. « Nikolas a l'air de penser qu'il s'agit d'une maladie », soupira l'homme de labeur, qui travaillait jadis la terre avant de détrôner le vieux Charpentier. « Je suis allé voir la Macrale et elle m'a dit qu'elle n'y était pour rien, qu'elle ne pouvait pas nous aider. Pourtant, je sais qu'elle ment. Tout, chez elle, pue la magie », reprit-t-il, s'affalant un peu davantage dans son siège. Il avait vu son visage malsain, son corps d'enfant. Cette horreur n'avait rien de naturel. Plus que jamais, il désirait la voir brûler sur une pique, mais il ne pouvait pas se permettre de fâcher le Village secret. Nul n'avait le droit de profiter de la communauté sans chercher à la protéger en retour.

"Deux métayers sont morts", ajouta Baldin, non sans reprendre un peu de contenance. « Nous avons déjà enterré le premier, la nuit passée. Un troisième souffre le martyr à l'heure même où nous parlons. D'autres sont certainement malades, mais Nikolas ne peut pas tous les identifier », poursuivit le Bourgmestre, avant de se lever et de faire les cent pas, sous le regard attentif des membres du Conseil. « Il y a deux nuits, une métayère est venue frapper à ma porte, tandis que nous dormions, Clévia et moi. Elle était paniquée, en pleurs, mais j'ai préféré ne pas l'écouter et je lui ai claqué la porte au nez. Je ne me souviens pas très bien de quoi elle parlait – j'étais encore à moitié assoupi. Je crois qu'elle voulait que je paye pour les soins de son enfant, elle a évoqué des délires... » Dans un acte de colère monstre, le Bourgmestre jeta sa chaise au sol d'un violent coup de pied, avant de la frapper à trois autres reprises. Il s'en voulait autant que s'il avait lui même tué le gamin. Tous, autour de lui, restèrent silencieux. « Je ne sais... J'ignore même de qui il s'agissait. Je n'ai pas pris le temps de regarder de qui il s'agissait », avoua-t-il, les joues mouillées de remords et de regrets. Tandis qu'un pesant mutisme s'installait sur le vieux grenier, il ramassa sa vieille stalle et s'installa de nouveau à table. « J'ai peut-être condamné toute la Cité, reconnût-il ensuite, la voix basse et le ton si calme qu'il en devenait presque effrayant, mais cela ne signifie pas que l'on doive abandonner l'idée de la sauver ».

Le Bourgmestre lança un regard entendu à Alistair, avant de reprendre. « Je veux des hommes à chaque porte de la ville. Personne ne doit pouvoir quitter Elimith sans mon accord. S'il ne s'agit pas d'une maladie et que l'on essaye de nous tuer, je veux que le coupable paie. En parallèle, trouve trois de tes hommes capables de faire le trajet jusqu'à l'avant-poste du Village secret en moins d'une semaine. Donne leur des chevaux s'il le faut. Ils doivent partir dans la journée et ramener avec eux toutes les herbes médicinales que les Sheikah voudront bien leur donner. Dis leur, s'ils le peuvent, de revenir avec l'un de leurs guérisseurs », ordonna-t-il, d'une traite. Le soldat opina du chef.

"Du reste", ajouta le Bourgmestre, les yeux sautant d'un Hylien à l'autre, « J'exige de vous la plus grande attention. Tous autant que vous êtes êtes dépositaire d'une certaine forme d'autorité sur la Cité-Commerce. Soyez vigilants, scrutez les signes. On ne sait pas encore bien quels sont les symptômes du mal, tant ils varient d'une victime à l'autre et Nikolas refuse encore de tirer des conclusions. » Il marqua un silence, la tête emplie du mépris qu'il éprouvait pour le vieil apothicaire. Il détestait sa prudence qui, dorénavant, lui semblait dangereuse. Par crainte de s'avancer, l'ancien tuerait peut-être son fils... « Aussi dois-je les tirer moi-même », acheva Baldin, presque théâtral. « Mon instinct, ainsi que tous les témoignages que j'ai pu recevoir, me poussent à croire que le mal ne touche que les plus jeunes d'entre nous. La victime la plus âgée approche les seize ans. Il s'agit de Milo, le fils de Jom. Je n'ai pas entendu parler de malades plus âgés et je ne crois pas non plus que les femmes soient touchées... »

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Slo'Anh

Inventaire

Les sens de la Zora étaient bien trop dirigés vers Ludrick et la situation vers laquelle ils évoluaient pour être parfaitement alertes quant à tout l’environnement qui les entourait. Ce pas particulièrement léger qui les suivait de près, elle aurait dû le remarquer, mais elle était tant grisée par leur toute nouvelle aventure, qu’il ne parvint pas jusqu’à sa conscience.

Elle avait en effet suivi son ami terrestre avec toutes les précautions dont elle était capable, bien moins agile sur terre – bien que mouillée par le temps – que sous l’eau. Elle ne s’était jamais aventurée vers les bâtisses de ce coin de la cité commerce, mais l’odeur qui régnait lui laissa imaginer que Ludrick y avait de la famille. Il s’agissait d’une toute petite note, comme une signature qui venait souligner toutes les odeurs des personnes d’une même lignée. C’était plus ou moins marqué selon les espèces qui parcouraient le monde, mais la Chasseresse avait fini par s’en aider pour différencier les Hyliens qui se ressemblaient un peu trop pour ses yeux étrangers, parfois.

« Attention… » siffla-t-elle entre ses longues dents, plus avec son souffle qu’avec un réel filet de voix. Des pas approchaient des deux côtés, et la nageuse à la lanterne commençait à se sentir de moins en moins à l’aise. Ludrick lui fit signe de le suivre dans un petit recoin derrière une sorte de muret, à partir duquel s’étalaient diverses ressources rangées dans des sacs et des tonneaux. Silencieux, et le cœur battant à l’unisson dans un rythme rapide, ils perçurent au moins quatre voix. Et l’air contrarié de l’Hylien ne rassura pas Slo’Anh.

Deux d’entre eux ne semblaient pas avoir inventé l’algue à couper les anchois, et elle dût retenir quelques commentaires aussi acérés que ses dents à ce sujet. Les deux autres, un peu plus loin, l’effrayaient davantage, même si les coups des quatre hommes auraient pu leur créer de vrais dommages. Bientôt, même si leur entreprise lui parut durer une éternité -et une éternité zora étaient autrement plus parlante qu’une éternité de terrestre – ils purent se mettre à l’abri dans le recoin d’une annexe depuis laquelle d’autres voix leur parvinrent.

Le regard interrogateur de la Chasseresse se posa sur les petits nuages de buée qui s’échappaient des lèvres de son compagnon. Son attention fut néanmoins captée ailleurs lorsqu’elle entendit prononcer le nom de son mentor, l’apothicaire. Même s’il était souvent acariâtre avec elle, elle le respectait assez pour se sentir concernée à son évocation.

« Je le savais… » prononça-t-elle, toujours presque silencieusement. Nikolas avait voulu l’éloigner quand des malades étaient arrivés dans son office. Elle écouta tout ce qu’ils dirent sur les symptômes et la population touchée avec le regard dur qu’elle avait quand elle se concentrait réellement. Elle s’en voulut de ne pas avoir pris de quoi écrire, mais elle avait confiance en sa mémoire pour pouvoir le noter plus tard, s’ils s’en sortaient sans dommages, évidemment.

Ludrick aussi était captivé par la conversation qu’ils… Qu’ils espionnaient, ni plus ni moins, se dit-elle, un peu honteuse, mais toujours trop excitée pour s’en préoccuper sérieusement. Leurs regards se croisèrent, et elle leva le menton dans un petit mouvement de tête adressé à Ludrick pour lui demander quelle était la suite de tout ceci.


Ludrick

Inventaire

  • Dague familiale
  • Épée de rechange
Pendant leur petite infiltration aux abords de l'annexe, Ludrick avait ouïe deux voix qu'il lui déplaisait d'entendre. Deux hommes méprisables, bien plus dangereux que Datoh et Mutoh. Et le sujet de leur discussion était d'autant plus haïssable. Le jeune guerrier n'avait jamais comprit pourquoi le Bourgmestre leur avait offert un travail et la possibilité de vivre dans le village. De son propre avis, deux tombes auraient été bien plus séant aux deux bêtes sauvages. Personne dans le village à l'exception de son père ne pouvait faire fuir les deux bandits ou bien leur éviter de propager plus de souffrances. Chaque excuses étaient bonnes à leurs yeux pour tuer ou passer quelqu'un à tabac. Ludrick savait que si les deux hommes les apercevaient... Slo'Anh et lui auraient dû fuir au risque de se voir ôter la vie. Chose qui força le jeune homme à redoubler de prudence alors qu'ils s'approchaient de l'annexe.

Un muret proche d'une montagne de ressources conservées dans des tonneaux et caisses suffirent pour se cacher, le temps que les gardes s'éloignent de l'endroit où ils étaient, l'obscurité aidant évidemment à dissimuler leurs silhouettes. Ils n'avaient pas été repérés et ça convenait très bien à l'Hylien. Pour la suite, le jeune homme porta une oreille attentive aux voix provenant de la vieille bâtisse. Chaque information même semblant futile était importante.

Cette écoute avait donc été très instructive. Ils avaient beaucoup apprit sur le fléau dont était atteint le village. La maladie semblait se propager auprès des plus jeunes mais qui peut savoir si elle ne finirait pas par se transmettre auprès des plus âgés au bout d'un moment ? Une épée de Damoclès semblait dominer la totalité du village. Une seule erreur de la part de n'importe qui et sa lame risquerait de s'approcher dangereusement. Tout ceci dépassait ce que Ludrick était capable de faire... Du moins seul. Il avait déjà Slo'Anh avec lui. Peut-être qu'avec de la chance, il tomberait sur d'autres personnes portant en elles le désir d'aider le village à qui il pourrait partager ce qu'il avait apprit. Le Forgeront avait évoqué une possible malédiction... Peut-être que c'était ça. Il n'avait jamais su si c'était possible mais c'était évidemment une théorie à ne pas écarter tout comme la simple théorie de la maladie, d'une épidémie frappant le village. Quelque chose de bien moins mystique et dont le jeune homme se savait possiblement capable de faire quelque chose.

Alors qu'il était plongé dans ses pensées, il se rappela qu'ils ne devaient pas traîner dans les parages au risque de se faire voir. Il releva et croisa le regard de la Zora, lui démontrant un mouvement de tête semblant interrogatif. Silencieux, il lui fit signe de le suivre par le même chemin qu'ils avaient prit pour se rendre aux murs de l'annexe. Ce n'est qu'une fois qu'il s'assura d'être assez éloigné de la grange et ses quatre dangers rôdant autour qu'il adressa la parole à celle qui l'accompagnait.

"On devrait retourner au centre du village avant que l'on nous trouve. On pourrait trouver d'autres personnes pouvant nous aider."
Ludrick voulait vraiment croire à cette possibilité. Autrement, ils se débrouilleraient ensemble. "Je te laisse ouvrir la marche. Je couvre nos arrières."