Hyrule's Journey

Un sujet d'étude à la recherche d'un chercheur.

début de l'automne - 1 mois 1 semaine 4 jours après (voir la timeline)

Ardolon

Inventaire

  • Arc en bois de voyageur
  • Carnet de voyageur
Quoiqu'emporté par l'engouement de ses questionnements, l'attention d'Ardolon cherchait encore à mieux cerner la jeune Eluria. Elle-même semblait avoir développé un intérêt qui n'avait rien de factice et, même si ce n'était sûrement pas un sujet de recherche pour elle, l'hylienne l'avait écouté avec respect. Bien ignare serait celui qui lui donnerait l'image d'un sage exilé même si c'était ce qui se disait au village. Là où il s'y attendait le moins, il apprécia aussi la surprise de sa répartie et partagea un rire avec Eluria. Incidemment, il nota son intelligence sociale à élaborer si vite une analogie bien ficelée. Il apprécia l'instant tandis que l'astre solaire déclinait et ses lumières carmines parmi les nuages ne tardèrent pas à choir en un kaléidoscope flamboyant.


La caresse du vent flattait les plumes du piaf alors qu'Eluria exposa plus encore sa logique :


« J’aurais plutôt tendance à penser autrement. Par exemple, pourquoi il y a plusieurs déesses dans cette légende ? On aurait très bien pu imaginer une seule pour tout faire ! C’est comme si ce mythe existait pour encourager l’unité pour un projet commun, où les spécificités de chacun seraient mises à contribution. Il est évident qu’un seul être ne peut pas tout maîtriser, même avec la meilleure volonté. C’est pourquoi il pourrait compter sur les compétences de ses congénères pour l’épauler et aller de l’avant. Et les triangles d’or pourraient, quant à eux, symboliser l’implication de chacun… Mais ça reste juste mon point de vue. Je n’ai pas vraiment eu l’occasion, ni même l’envie, pour être honnête, de me pencher sur la question jusqu’à maintenant. »


Ardolon fut pris d'une réflexion profonde, de ces méditations que son visage trahit par une expression dure. L'expression d'un paradoxe.
Ce que disait la jeune femme était très juste : s'il n'y avait qu'un seul mythe fondateur, pourquoi le diviser en trois fragments ? Il y réfléchissait pendant qu'elle élaborait sa pensée et lorsqu'elle évoqua les triangles d'or, sa tête s'inclina légèrement sur la droite cependant qu'il fronça les sourcils. Un triangle peut toujours être constitué de trois triangles, au cœur desquels pourrait être incrusté un quatrième triangle inversé, mais ce n'était qu'un hasard. Son avis était qu'il était dans la mentalité de tout le monde de penser en trois étapes. Peut-être que cette répartition était moins idéologique que pédagogique ?
L'idée de tomber dans de nouvelles questions sans parvenir à dissiper les précédentes le fit soupirer et la jeune femme semblait partager cette opinion, si bien qu'elle changea de sujet.


« Je souhaiterais étendre mes recherches pour le bien de tous les peuples du royaume, rito compris. Avez-vous des contraintes pour lesquelles je pourrais utiliser la technologie archéonique afin d'apporter des solutions ? »


La technologie archéonique, voyons...Ardolon tacha d'y réfléchir toutefois il avait du mal à cerner l'essence même de ces connaissances - et plus encore des aptitudes d'Eluria. Qu'est-ce qu'elle pourrait faire au juste dont les ritos pourraient avoir besoin ? Un peuple aussi fier n'avait pas à dépendre des aides d'une technologie perdue, à part peut-être les archers débutants. Comment est-ce qu'ils pourraient bénéficier d'un léger coup de main ?


« Peut-être... Que les plus jeunes d'entre nous auraient besoin d'une petite aide à la visée ? Est-ce que la technologie archéonique serait capable de montrer à un archer l'endroit où sa flèche irait se ficher, avant même de la tirer ? Enfin, se reprit-il, nous autres ritos manions déjà l'arc comme nul autre, ce n'était qu'une idée en l'air. Ou peut-être pour nos plus jeunes archers, éventuellement... »


Réticent à apprendre l'archerie, l'oisillon qu'il avait été aurait donné cher pour être capable de comprendre la trajectoire de ces flèches sans jamais s'y exercer. Mais au final, l'apprentissage lui avait permit d'accéder à une liberté nouvelle. Alors, il refusait d'une assistance trop intrusive.


« Néanmoins je ne suis pas certain de l'étendue de ce que la technologie archéonique peut accomplir... Peut-être devrions-nous nous revoir pour en discuter. J'aimerais aussi beaucoup savoir comment cela fonctionne. Qui sait ? Peut-être que cela pourra m'aider à mieux discerner les pièces et composants dont tu pourrais avoir besoin ? Je compte rester dans les environs en tout cas, pour quelques temps. »


Même s'il avait voyagé sans interruption jusqu'alors, Ardolon estimait qu'il pourrait rester dans la région. Il devait comprendre la façon de voir le monde qu'avait pu cultiver une famille de savants et apprendre à méditer sur la sienne propre. Mais le programme qu'il se réservait était bien plus ambitieux car il avait besoin de réapprendre à combattre, sans ses défunts amis, obtenir un nouvel équipement, et acquérir une petite notoriété.


Eluria

Inventaire

En attendant la réponse d’Ardolon, Eluria entreprit de reprendre en main son carnet de notes, prête à y inscrire les informations nécessaires pour y concentrer ses recherches une fois qu’elle en aurait le temps.



« Peut-être... Que les plus jeunes d'entre nous auraient besoin d'une petite aide à la visée ? Est-ce que la technologie archéonique serait capable de montrer à un archer l'endroit où sa flèche irait se ficher, avant même de la tirer ? Enfin, se reprit le rito, nous autres ritos manions déjà l'arc comme nul autre, ce n'était qu'une idée en l'air. Ou peut-être pour nos plus jeunes archers, éventuellement... »



À mesure qu’elle prenait des notes, la jeune chercheuse réfléchissait… Ce dont son interlocuteur parlait lui évoquait le système de visée des gardiens et autres tourelles antiques. Ces derniers étaient équipés d’une sorte de pointeur qui faisait apparaître un point rouge à l’endroit de l’impact de leur tir mortel. Et en période brumeuse, on pouvait distinguer le rayon lumineux qui reliait ce point à l’œil du tireur. Un système incroyablement précis et redoutable si la cible n’avait pas remarqué cette marque et/ou n’était pas suffisamment rapide pour s’en démarquer avant le tir. Cela la conforta dans le sens qu’effectivement, la technologie archéonique était tout à fait capable de répondre à la demande du rito. Elle commençait même à se demander s’il y avait une limite quant aux capacités de cette technologie, mise à part celle de l’imagination.



« Je peux déjà affirmer que ce que vous demandez serait tout à fait possible. Néanmoins il me faudrait rendre visite à mon confrère à Akkala pour rassembler plus de données. »



De toute façon, elle avait pour projet de lui rendre visite. Même si ses recherches se concentraient principalement sur les besoins dans le civil, elle se doutait qu’elle devrait s’instruire, un jour ou l’autre, sur les applications pour l’armement. Elle voulait attendre le bon moment pour s’y rendre, surtout la bonne escorte. Comme pour aller n’importe-où, elle ne pouvait pas se permettre d’y aller seule, sans armes ni expérience en combat. Cela relèverait du suicide. Mais peut-être que l’arrivée d’Ardolon allait marquer un début de changement dans ses projets, que d’autres rencontres allaient se faire par la suite, lui permettant d’accomplir ses objectifs. Elle l’espérait sincèrement.



« Néanmoins je ne suis pas certain de l'étendue de ce que la technologie archéonique peut accomplir... Peut-être devrions-nous nous revoir pour en discuter. J'aimerais aussi beaucoup savoir comment cela fonctionne. Qui sait ? Peut-être que cela pourra m'aider à mieux discerner les pièces et composants dont tu pourrais avoir besoin ? Je compte rester dans les environs en tout cas, pour quelques temps. »



Quelque part, elle n’en était pas sûre non plus, mais elle fut tout de même ravie de constater que, pour la première fois, une personne étrangère montrait autant d’intérêt pour le sujet de ses recherches. Le fait de ne pas passer pour folle à ses yeux la grisait. Malgré son air bourru, elle ne pouvait s’empêcher de penser qu'au fond il ne l'était pas tant. Elle ne pouvait donc refuser lorsqu’il formula la requête de se revoir pour continuer de s’entretenir au sujet de la technologie archéonique.



« Ce serait avec grand plaisir ! »



À cet instant, elle remarqua le crépuscule qui commençait à prendre place. La fatigue commençait aussi à la gagner. Et elle ne voulait pas inquiéter non plus Canel et Pru’Ha. De toute façon Eluria savait qu’elle aurait d’autres occasions de revoir Ardolon.



« En tout cas je suis ravie d’avoir fait votre connaissance. J’ai beaucoup appris de notre discussion et j’espère que les prochaines seront tout aussi instructives ! »



Elle chercha par la suite à lui tendre la main pour le saluer avant son retour au bercail. Mais elle se ravisa ensuite et, avec un air embarrassé, osa lui demander :



« Est-ce que votre peuple a une manière particulière de se saluer ? Je ne voudrais pas vous offusquer en vous imposant la mienne… »


Ardolon

Inventaire

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  • Carnet de voyageur
À mesure que la lumière crépusculaire déclinait, les plumes vermeilles d'Ardolon faisaient illusion : l'apparence détendue du piaf commençait à se transmuer, jusqu'à presque se faire lugubre. Sous certaines lunes, on aurait cru que ses rémiges rutilantes eurent trempé dans le sang ; mais pareilles fantaisies ne tromperaient personne cette nuit. Et puis, il faudrait encore quelques heures avant que l'horreur se dessine malgré lui sur les plumes du rito. Ardolon souhaitait cacher cet aspect de sa personnalité au village dont il avait bien l'intention d'y développer des liens plus... Diplomatiques.
Alors l'urgence de prendre congé lui parut aussi évidente que naturelle. Même Eluria admettait que leur discussion avait trouvé son terme. Quand elle le fit, sa main se leva dans un mouvement qu'il ne connaissait que trop bien. Le salut des hyliens était aussi un moyen de sceller un pacte mais n'était pas adapté aux ailes des ritos. Certains piafs levaient une aile, mais il n'appréciait pas pareille ouverture ; d'autres ritos baissaient la tête mais un tel signe de docilité ne lui seyait pas. Ardolon s'autorisait peut-être des gestes banaux, en quelques rares occasions, mais il supportait ces cérémoniaux avec une sobriété désinvolte. Il se contentait d'un regard entendu avec ses amis... Anciens amis.


« Ce n'est pas un au revoir car je garde un œil sur toi, Eluria, assura Ardolon d'une voix profonde. »


Au cœur de l'après-midi radieux qu'ils venaient de vivre, la même phrase aurait paru affectueuse. Mais le silence qui s'installait parmi les obscurités croissantes formait un climat d'inquiétude. L'attitude pragmatique du piaf se parait de reflets rassurants en pleine journée mais à la nuit tombée, les mêmes instincts de chasseurs portaient l'empreinte de sa noirceur. Bien qu'il n'y faisait pas attention, la malice d'Ardolon était semblable aux deux faces d'une pièce. Et elle brillait de l'éclat hétérochromique de ses iris.


« Nous nous reverrons très vite. Pendant quelques temps, je vais rester près d'Elimith. »


Le vagabond contempla la jeune femme une dernière fois, gravant dans sa mémoire son apparence ainsi que les mimiques qu'il avait pu examiner. Il se décida ensuite à s'en éloigner, se dirigeant vers la forêt d'une foulée légère puis, rapidement, dans battement d'ailes, il s'en fut allé.
Sous la frondaison du havre sylvestre, Ardolon ne recherchait pas le calme vespéral. Il n'espérait pas non plus une cache ni le gîte tutélaire de la nature. Ce qui l'animait était une chasse potentielle. Sans arme, envisager un combat n'aurait été que pure folie mais il savait procéder avec plus de finesse : observer sa proie était une étape qu'il ne brûlait jamais. Les faibles adversaires qu'il avait eus, plus tôt dans la journée, ne pouvaient pas être isolés et il devait y avoir un camp quelque part au-delà des sentiers.
Dans une expression ravie, il imaginait par quelle façon il amènerait les villageois à commanditer l'élimination qu'il planifiait, de toute façon, pour son propre intérêt. Il resterait certainement près d'Elimith quelques temps et pour mieux comprendre les habitants, Ardolon devait d'abord obtenir leur acceptation.


Eluria

Inventaire

La réponse du rito ne se fit pas attendre longtemps et, comme elle le craignait, il ne lui rendit pas son geste. Elle ne put s’empêcher de repenser à Uzoamaka, avec qui elle avait vécu la même scène bien que, ce coup-ci, le contexte était différent. Même si Ardolon lui assura qu’il garderait un œil sur elle, Eluria s’avoua tout de même :


« Et de deux… »


Néanmoins, le fait de savoir qu’ils se reverraient lui apporta une certaine joie. D’habitude, les gens avaient tendance à l’ignorer au mieux, à l’esquiver au pire. Là, une personne lui avait clairement exprimé l’envie de s’entretenir de nouveau avec elle dans un futur proche, chose qui ne lui était encore jamais arrivée. De plus, cette personne envisagea de rester quelque temps au village. L’hylienne estima que c’était peut-être l’occasion de prouver aux villageois qu’elle n’est pas aussi folle qu’ils le pensaient, en la voyant converser avec une personne étrangère à Elemith.


Et ce fut sur cette note positive qu’elle prit congé de l’homme-oiseau. La chercheuse était globalement satisfaite de sa journée. Elle eût l’occasion de faire la connaissance d’un membre d’un autre peuple, de récolter quelques informations qui lui donneraient matière à ses recherches, et le fait de converser sur un autre sujet lui avait aussi permis de prendre l’air dans son esprit, qui est habituellement focalisé sur son travail.


Cependant, Eluria avait remarqué une lueur plutôt inquiétante dans le regard de son interlocuteur, peu avant leur séparation. Et elle se rappela ce qu’il lui avait dit :


« Ce n'est pas un au revoir car je garde un œil sur toi, Eluria. »


À cet instant, un frisson lui parcouru l’échine. Se sentant subitement surveillée, elle se retourna brusquement pour voir si le rito était toujours dans les parages, à l’observer. Mais, de toute évidence, il avait déjà disparu. Eluria secoua sa tête pour se dire qu’elle se faisait sûrement des idées avant de reprendre son chemin en direction du laboratoire, sous les derniers rayons du soleil.


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