Le Fléau d'Elimith : des maux que nul rempart ne saurait repousser – Repos et soins à l'auberge

[Quête Halloween - 2020] - Partie III - Team Grey's Anatomy

Fin de l'automne - 4 mois après (voir la timeline)

Ludrick

Mascotte incontournable

Inventaire

Jour II - 20:35


Après qu'Arkai, Soje et Ludrick se soient séparés, le pauvre guerrier ne put que faire quelques pas en direction de l'auberge avant de devoir avancer en rasant les murs et s'appuyant sur ceux-ci. Il déposait sa main sur la pierre froide des bâtisses à chaque pas qu'il faisait. Il se sentait encore bien plus faible qu'il ne l'aurait cru et ne l'avait fait paraître. Ludrick avait l'impression que ses jambes pourraient le lâcher à chaque instant. Il était content que personne ne soit de sortie en dehors des miliciens. Il ne voulait pas que trop de personnes ne voient son visage. D'ordinaire, ça lui aurait prit une dizaine de minutes pour marcher jusqu'à l'endroit où il estimait trouver la guérisseuse sauf que ça lui prit le double de ce temps. Malgré tout, il devait faire vite avant qu'il ne se fasse attraper en dehors alors qu'il y avait encore le couvre-feu. Il serait aussitôt ramené à son père sans aucun soin ou même bien pire au vu de la situation sanitaire et de ses blessures. Il craignait ce que la crainte pourrait provoquer chez certains miliciens en l'apercevant dans la sombre nuit. Il profitait de l’obscurité des rues pour se déplacer dans la nuit. Il connaissait les chemins de patrouilles ainsi que les endroits les plus discrets pour se faufiler dans le village. Il ne pourrait supporter la douleur de ses blessures ou de les laisser empirer en se contentant de rentrer chez lui. Il était déterminé à rejoindre Célyse.



Arrivé à l'auberge, il avait récupéré un peu de forces et n'eut plus besoin de se tenir aux bâtiments pour avancer. Il déposa sa main sur la poignée froide en métal de la porte et l'ôta instantanément, comme si ce simple objet lui avait brûlé la paume. Ce froid lui rappelait de mauvais souvenirs bien trop vifs encore. D'un point de vu extérieur, il aurait pu sembler fou mais il sentait l'angoisse monter alors que la douleur qu'il avait ressenti, à cet instant, semblait à nouveau présente comme si elle ne l'avait jamais quittée. Ses yeux se remplirent de larmes alors qu'il prit de grandes inspirations pour se calmer avant de pousser rapidement la porte comme s'il arrachait un douloureux pansement. Il n'imaginait pas avoir été si violemment marqué par cette expérience et pourtant. Il se faufila dans l'ouverture de l'encadrement de la porte pour éviter de devoir retoucher la poignée si la porte se fermait. A peine eut-il entré que les gens se retournèrent vers lui.

"P'tain c'est quoi ça ?! T'es malade ?! Dégage !" cria l'aubergiste de l'autre bout de la bâtisse en apercevant le jeune homme. "Mais j'ai besoin d'aller..." Il fut tout de même atteint par ses paroles alors qu'il tenta de forcer son chemin mais il fut très vite repoussé par un coup de bâton dans le torse. "Je m'en fous ! Casse-toi." Il fut poussé à plusieurs reprises à l'extérieur de l'auberge avant que la porte ne soit refermée. Il devait abandonner l'idée d'entrer par l'entrée principale et il devait vite partir avant que le bruit provoqué n'attire les patrouilleurs. Il fit le tour des murs pour rejoindre les fenêtres de l'autre côté. Il estima plus ou moins celle qui appartenait à l'endroit où dormait Samir et Célyse avant de jeter à plusieurs reprises des petits cailloux sur les volets en bois de celles-ci pour attirer son attention. Au bout de plusieurs lancers, il finit tout de même par attirer l'attention de celle qu'il voulait voir.




"Célyse." dit-il alors qu'il se tenait droit au pied de la fenêtre, bien plus bas. Il parlait assez fort pour qu'elle l'entende sans pour autant hausser de trop la voix et attirer des indésirables. Il était gêné de se montrer dans un tel état face à elle malgré sa condition de soigneuse et l’obscurité de la nuit. "C'est moi... Ludrick... Au cas où... Voilà." Il avait dit tout ça tout en montrant son propre visage de sa main. Il ne savait absolument pas à quoi il ressemblait avec toutes ses blessures et si, seulement, il était reconnaissable. "J'aurais besoin de soins mais ça, tu l'as remarqué, je pense." Il rigolait nerveusement. Il semblait épuisé, surtout mentalement, ce moment de repos lui ferait le plus grand bien avant de reprendre ses devoirs le lendemain.




"Mais j'ai bien plus important à te dire. J'ai des informations."



Depuis cet endroit, il ne pouvait voir l'intérieur de l'endroit et ne savait donc pas si elle était seule ou accompagnée. "Samir et Slo'Anh sont avec toi ? Ce serait plus simple." De plus, il savait que ça lui ferait beaucoup de bien de les voir eux aussi. Toujours plus de visages amicaux étaient plaisants pour son moral ébranlé. "Rejoins moi en bas, un peu plus loin derrière le bâtiment. Il y a la rivière, on sera tranquille. Ils ne patrouillent pas là, généralement."


Célyse


Inventaire

Dire que le trio médical avait passé une journée noire aurait été un euphémisme.

Hébétés par ce qu'ils avaient vus chez l'employeur de Samir, le concerné et ses deux compagnes d'aventure s'en étaient retournés à l'auberge sans échanger un seul mot, ni même un seul regard. Après s'être isolés dans leurs chambres respectifs pendant quelques instants pour pouvoir se remettre de leurs émotions, Slo'Ahn ayant été invitée à partager celle de Samir pour des raisons de praticité, ils avaient fini par descendre prendre un repas de fin de matinée assez tardif, et sans aucun enthousiasme. A vrai dire, Célyse mangea très peu tant elle en avait l'estomac noué - et c'était chose rare pour cette doctoresse que même les actes chirurgicaux n'ébranlait pas. D'aucun n'osa évoquer la scène qui leur avait été exposée plus tôt.

Après cette maigre pitance, Célyse finit par lâcher un long soupir las avant de déclarer à ses compagnons qu'elle avait besoin de sommeil. Cependant, leurs autres compagnons partis aux quatre coins de la ville risquaient de revenir, aussi proposa-t-elle que l'un d'entre eux trois restât toujours à veiller dans la salle principale de l'auberge, afin de pouvoir les intercepter lorsque ceux-ci reviendraient.

Célyse partit la première se reposer. Une fois seule dans sa chambre, elle s'affala sans même se changer et s'endormit comme une masse. Vers la fin de l'après-midi, quelques coups à la porte l'arrachèrent au cauchemar qui l'assaillait, et elle s'éveilla en un sursaut difficile. Le visage de l'enfant lui restait gravé dans la rétine. D'un geste nerveux, elle tira à plusieurs reprises dans ses cheveux noirs de jais, un geste répétitif qui l'aida à reprendre pied, avant de quitter son couchage et de se diriger vers la porte. Passant devant le miroir de sa chambre, elle décocha un regard calculé à son reflet. Celui-ci ne lui renvoyait rien d'autre qu'elle-même, une jeune Hylienne dans la fleur de l'âge, pleine de vitalité. Le froid qui l'avait transi dans la chambre de l'enfant aurait presque pu paraître un mauvais rêve...

La voix de Samir retentit à travers le battant de la porte, comme une interrogation. "C'est bon, j'arrive, tu peux prendre ma chambre," lâcha la soignante d'une voix un peu rauque et agressive. Elle réarrangea un instant sa tenue avant d'ouvrir la porte, et de prendre la relève du Gérudo dans la salle principale.

Puis elle attendit.
Le soir tomba très vite, et l'heure du dîner passa, mais aucun compagnon ne revint.

Etant la dernière à tenir la garde, Célyse finit par remonter à l'étage, et par toquer à sa propre chambre afin d'y réveiller Samir. "Toujours personne," lui annonça-t-elle froidement lorsque celui-ci ouvrit la porte. "Va chercher Slo'Ahn, et revenez quand vous serez prêts. J'ai besoin de discuter avec vous de ce qu'on a vu ce matin chez Seym."


Tandis que Samir sortait appeler la femme des rivières, la doctoresse prit le temps d'attiser le feu de l'âtre qui commençait à s'éteindre. Les nuits se faisaient glaciales dernièrement. Par automatisme, elle sortit le baume qui lui servait de rouge à lèvres de sa sacoche, et elle appliqua une fine couche sur ses lèvres en attendant le retour de ses compagnons. La sieste n'avait pas suffit à effacer la fatigue de son regard, mais au moins était-elle un minimum plus présentable, tant qu'on ne l'observait pas de trop près.

Lorsque le Gérudo et la Zora revinrent et s'installèrent tous deux dans sa chambre, Célyse commença à retracer leur matinée chez Soje et Seym. Elle n'eut cependant pas l'occasion d'avancer longtemps sur le sujet car deux, puis trois coups répétitifs ricochèrent contre le volet en bois de sa chambre. Tout le corps de la doctoresse se raidit. Elle jeta un regard alerte à ses deux compagnons, comme pour les intimer à rester immobiles et silencieux, avant de pivoter sur la pointe des pieds et de saisir son wakizashi au passage. A ce stade, l'arme servait davantage à la rassurer qu'à la protéger d'un quelconque danger. Leur rencontre avec Sépharo le matin-même avait suffit à la rendre paranoïaque.

D'un pas de loup, elle s'avança jusqu'à la fenêtre de sa chambre, qu'elle ouvrit d'une main peu assurée. Poussant le battant de son volet, elle hasarda un regard inquiet à l'extérieur, et porta la main à la garde de son sabre lorsqu'elle aperçut une silhouette juste en contrebas. L'intrus se déclara cependant très vite, pour dissiper tout malentendu. Les yeux écarquillés, la soignante mit un temps à répondre tant les mots lui manquaient.

Le visage de Ludrick était si abîmé qu'elle aurait pu crier en croyant voir un fantôme vengeur si celui-ci ne s'était pas présenté tout de suite.

"On arrive," lança-t-elle d'une voix tout aussi basse, en espérant que la bise nocturne porterait ses mots jusqu'à son disciple médical. "J'amène de quoi te soigner."

Et sans perdre une seconde de plus, la femme-médecin claqua la fenêtre avant de préparer son sac en jonc, qu'elle bourra de compresses et de gazes propres, d'alcool de sauge, d'aiguilles et de fils au cas où un rafistolage plus conséquent était nécessaire, et quelques fioles dont elle seule connaissait le secret. Une fois prête, elle hissa le sac sur ses épaules avant de se tourner vers Samir et Slo'Ahn. "C'est Ludrick," annonça-t-elle très sobrement. "Il est blessé. Il nous attend derrière le bâtiment, près de la rivière, pour éviter les patrouilles. Il a des informations. Prenez une lanterne, et suivez-moi."

Elle n'attendit pas la réaction de ses compagnons pour quitter sa chambre. La précipitation ne la rendit pas plus maladroite : c'est en prenant garde à ne pas faire de bruit qu'elle parvint à quitter l'auberge, aussi discrète que la situation pouvait lui permettre de l'être. L'état de Ludrick était affolant, et elle n'était pas prête à perdre une seconde de plus pour pouvoir le prendre en charge.

Une fois derrière l'auberge, près de la rivière, elle aperçut bien vite le jeune Hylien, et elle fonça sur lui avec la rapidité d'un rapace sur sa proie. "Ne dis rien," lui intima-t-elle sèchement lorsqu'elle parvint enfin à sa hauteur. "Dis-moi juste où tu as mal. Le visage, où d'autres ?"

Avec une efficacité très clinique, la doctoresse palpa du bout des doigts le visage boursouflé de son patient, et les nombreuses coupures qui le parsemait. Sa bouche était enflée, du sang séché parsemait encore ses lèvres. A ce constat, elle leva des yeux alarmés vers l'Elimithois. "Tu as craché du sang ? As-tu ingéré ou respiré du poison ?"


Ludrick

Mascotte incontournable

Inventaire

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