Hyrule's Journey

Tous les ruisseaux vont à la mer

Fin de l'automne - 3 mois 3 semaines 1 jour après (voir la timeline)

Slo'Anh

Inventaire

Les heures crépusculaires du matin et du soir étaient celles que Slo'Anh préférait dans sa nouvelle vie terrestre. Les changements de température étaient tels que l'humidité grimpait dans l'air, rendant celui-ci plus respirable, moins irritant pour la Zora qui avait pris l'habitude d'être immergée le plus clair de son temps. Ses recherches ne l'avaient pas vraiment avancée sur sa question initiale, mais au moins pouvait-elle être fière de connaître ce phénomène météorologique, désormais. « De quoi aller loin… » marmonna-t-elle, un peu fâchée contre elle-même.

Un homme croisa son regard, les sourcils arqués, une expression de surprise sur son visage de Sheikah. L’Hylienne qui lui tenait le bras se cacha légèrement derrière elle, peu rassurée. « Pardon, je parlais seule. » précisa-t-elle, l’expression d’une neutralité bien travaillée. A son arrivée au village, la chasseuse aurait sans doute tenté de sourire pour avoir l’air plus avenant, mais quelques déconvenues lui ont montré que plus les humains voyaient ses dents, et moins ils se sentaient en confiance. Sans que ça ne devienne une habitude, la femme-poisson avait déjà été objet de convoitise chez certains de ses congénères, aussi paraître si monstrueuse lui avait couté, au début. Mais auprès des siens, c’était son esprit renfermé qui l’éloignait d’autrui. Elle avait donc, une nouvelle fois, appris à faire avec.

Pourtant, ce matin-là, Slo’Anh avait vraiment toutes les peines à se motiver pour la journée qui l’attendait. Elle se sentait stagner dans ses découvertes, mais la perspective d’affronter le domaine Zora maintenant qu’elle cohabitait avec leurs ennemis tacites ne l’enchantait guère. Aussi repoussait-elle l’échéance, encore et encore. Elle aurait aimé que son frère la prenne dans ses bras et lui dise que tout se passerait pour le mieux. Mais Chev’Anh n’était pas là.

Secouant la tête pour chasser toutes ces mauvaises pensées, elle s’assit sur un petit tas de pierre qui longeait le chemin menant chez l’apothicaire. Aucune lumière n’était encore allumée, ainsi lui restait-il un peu de temps libre avant de regagner la bâtisse. Elle en profita pour sortir quelques instruments dont elle oubliait toujours le nom que lui avait prêté son mentor. Elle les avait nettoyés la veille, mais profita de cet instant pour les affuter.

Absorbée par sa tâche, elle leva néanmoins les yeux, pour rendre sa vision un peu plus nette. Un vieillard – pourtant nettement plus jeune qu’elle en termes d’années – fumait la pipe dans un jardin en face d’elle. Malgré elle, elle fut fascinée par les volutes de fumée qui s’en échappaient. Puis, se reprenant, elle regarda la vie qui commençait à se manifester dans le village. Des hommes, des femmes, des enfants qu’elle parvenait de mieux en mieux à différencier, voire à reconnaître.

Son regard se fixa sur une personne aux cheveux longs et au regard clair. Il lui semblait l’avoir déjà vue, cette personne, mais elle n’en était pas certaine. Sous certains aspects, ce qui semblait être un homme lui rappelait ce sale gosse rencontré au bord de l’eau quelques temps auparavant. Mais sa stature n’avait pas l’air d’être la même. Ni ses traits, d’ailleurs, maintenant qu’il lui faisait face.

Le regard de l’étranger croisa celui de la Zora, qui, prise au dépourvu voulut regarder ailleurs. Mais ses instincts reprirent le dessus. Même si la situation n’était pas dangereuse, ces fichues interactions avec les autres rendaient Slo’Anh nerveuse. Et son père lui avait appris à ne pas quitter le danger des yeux. Elle plongea donc ses deux grands yeux jaunes dans ceux de l’Hylien, tout en continuant à aiguiser ses outils pour se donner une sorte de contenance. 


Ludrick

Inventaire

  • Dague familiale
Comme toute matinée dans le village, chacun avait sa propre routine. Celle de Ludrick était simple et habituelle : À l'aube, il sortait de chez lui pour rejoindre l'auberge et partir cueillir quelques herbes pour aider Célyse au bon fonctionnement de son dispensaire qui avait eu la chance de devenir populaire auprès des habitants du village. Il habitait dans la montée conduisant jusqu'au laboratoire de Pru'ha à peine à quelques mètres plus loin de la boutique de l’apothicaire. Toutes les boutiques étaient encore fermées à cette heure-ci, la plupart des habitants dormant encore. Il continua à descendre la rue, profitant de l'air matinale et l'apaisant chant des oiseaux.

Après quelques minutes à fouler le chemin de terre, il passa devant l’apothicaire et continua encore un peu avant de tomber sur une Zora aux airs menaçant. Elle semblait aiguiser certains instruments que l'homme ne connaissait pas. Tout cet attirail était inconnu pour lui. Sa curiosité le poussait à fixer tout ceci du regard avec insistance alors qu'il s'arrêta à quelques mètres d'elle, il tentait d'en comprendre leur utilité même si il n'y arriverait sûrement pas tout seul. Il finit, néanmoins, par croiser son regard. Si Ludrick lui offrit un poli sourire amical, elle détourna le regard très rapidement avant de finir par plonger son regard dans le sien avec insistance au bout de quelques instants. Il eut du mal à comprendre une telle réaction et ne sut comment réagir. Son sourire devenait plus nerveux, le jeune homme commençant à se sentir mal à l'aise d'un tel regard insistant et de son visage impassible. Il finit même par penser qu'il avait peut-être une coiffure horrible ou une tâche suspecte sur ses vêtements.  Il commença alors à passer ses mains dans ses cheveux pour corriger sa coiffure avant de passer à l'inspection de ses vêtements.
Non, il était présentable de son point de vue.

Avec son visage impassible, son regard insistant et ses dents pointues dépassant de ses lèvres, il commençait à croire qu'elle réfléchissait à une méthode pour l'assassiner ou de quelle façon, elle pourrait le cuisiner. Pourtant, il ne voulait pas la fuir pour paraître impoli.

Au bout d'un moment silencieux à s’observer dans le blanc des yeux, et qui sembla durer une éternité pour lui, il finit par la saluer d'un mouvement de main tout en approchant de quelques pas. Il se racla la gorge avant de lui adresser la parole. Peut-être avait-elle besoin d'aide pour quelque chose ?*

"Hum.... Bonjour. Je peux vous aider ?"


Slo'Anh

Inventaire

Les secondes semblaient s’étirer à mesure que la distance entre l’homme et la Zora se réduisait, dans une relation savamment proportionnelle, bien qu’il ne s’agisse que d’une illusion. L’aileron dorsal de Slo’Anh s’était discrètement redressé, témoignant de son attention toute particulière sur cette situation pourtant anodine.

Le garçon était devant elle à présent. Elle aurait aimé le saluer, car il ne s’agissait pas d’une proie, et il ne semblait pas non plus l’attaquer. Mais ses lèvres restèrent opiniâtrement scellées, alors qu’elle continuait à le dévisager, comme si quelque-chose de terrible allait se produire si elle rompait le lien invisible qui s’était tissé entre leurs deux regards. Elle frémit légèrement lorsqu’il leva la main pour la saluer, un peu surprise par un mouvement qu’elle n’attendait pas.

« Hum.... Bonjour. Je peux vous aider ? » dit-il finalement, chassant enfin ce silence pesant qui s’était installé. Il cligna des yeux, libérant enfin Slo’Anh de l’apparente torpeur dans laquelle tout ceci l’avait plongée.  « Navrée. » s’excusa-t-elle brièvement. « Je vous ai confondu avec quelqu’un d’autre. » expliqua-t-elle, pour justifier sa conduite finalement assez insolente. Elle inspira longuement l’air humide, avant de soupirer par le nez et d’essuyer le petit scalpel qu’elle avait assez aiguisé.

Soudain, elle fut frappée par l’absurdité de tout ce qui venait de se produire. Un rire silencieux agita sa poitrine, et elle secoua la tête d’un dépit amusé. « Vous avez du cran. » se contenta-t-elle de répondre à l’air interrogateur de son interlocuteur de fortune. « D’autres ne se seraient pas attardés. » Elle mesura la menace qui pouvait être interprétée dans ces quelques mots, mais ça n’en était pas une. Une simple constatation statistique pensa-t-elle.

Comme pour illustrer son propos, le couple qu’elle avait rencontré précédemment passa dans l’autre sens, et marqua un léger détour pour passer le plus loin d’elle qu’ils le pouvaient. Elle ne réagit pas. Tout ceci était clairement prévisible. Elle se contenta de rejeter sa lanterne à l’arrière de sa tête, l’éteignant par la même occasion, puisqu’elle ne s’appliquait plus sur son matériel.

« Mais je n’ai encore mordu personne, fort heureusement ! » plaisanta-t-elle. Elle lui tendit une main d’apparence très humaine, même si elle était proportionnelle à sa haute stature et de couleur bleue. De légères marques étaient encore visible sur ses bras et sur son buste, là où elle avait peu d’écailles. Elles avaient été laissées par les aiguilles de la nouvelle guérisseuse du village, à laquelle Slo’Anh s’était… Disons attachée avec beaucoup de distance.

« Slo’Anh » se présenta-t-elle alors. Elle était plutôt satisfaite de cet échange : il lui permettait de travailler son contact avec les terrestres, et elle sentit en parlant qu’il lui était de moins en moins difficile. Elle se sentait progresser, et cela lui mit du baume au cœur, après l’instant de doute qu’elle venait de traverser quant à ses objectifs. Elle se sentit obligée de préciser, cependant : « C’est mon nom. », de peur que l’autre prenne ça pour une formule de politesse zora.

« En tout cas vous êtes bien matinal. » remarqua-t-elle en arquant son arcade dénuée de sourcils, mais parée d’écailles plus foncées qui contribuaient à l’expressivité de son visage.


Ludrick

Inventaire

  • Dague familiale
Ludrick avait craint que la Zora ne soit dangereuse et désire de faire de lui son petit-déjeuner ou simplement un jouet tant qu'un souffle de vie sortirait de son corps mais il n'en était rien et il en était rassuré. Son sourire reprit alors en sincérité maintenant que toute possibilité de danger semblait écarter. Elle prit même la peine de s'excuser auprès de lui et d'expliquer son comportement. Il apprécia ce geste de politesse, elle semblait bien plus civilisée aux coutumes hyliennes que les autres habitants laissaient croire par leur réaction.

Il continua à l'écouter parler, silencieux. Est-ce qu'il avait du cran ? Il n'en savait rien. Peut-être était-il simplement inconscient ? Il accordait facilement sa confiance aux gens qu'il rencontrait et il était partit en voyage sur un coup de tête. Résultat : Il avait failli y laisser sa vie. Si c'était du cran ou de l'inconscience, il ne le savait pas mais il n'en était pas plus malheureux pour autant. Il vivait sans aucun regret.

"C'est idiot de juger une personne à cause de son apparence... Je suis persuadé que des gens bien moins effrayants sont capable de bien pire."

Il n'avait pas prit de pincettes mais au vu de ses paroles, elle semblait être consciente de son apparence qui pourrait effrayer certains Hyliens peu habitué à son espèce. Il espérait tout de même ne pas l'avoir vexé.

Le jeune homme lui saisit la main sans hésiter. Elle était bien plus froide que la sienne et sentit une caresse glaciale recouvrir sa main mais il n'en grimaça pas pour autant, restant de marbre avec son sourire amical. La sensation de sa main était différente de celle d'un Gerudo ou d'un Hylien, une nouvelle expérience dont il faisait preuve. C'était la première fois que la naïf Ludrick rencontrait un Zora.

"Certains mériteraient qu'on les morde." Il ricana à son tour, plaisantant lui aussi. "Slo'Nah.. Hum Pardon. Slo'Anh. Je suis désolé, je n'ai pas l'habitude." Il lui offrit un sourire désolé, il avait honteusement écorché son prénom. "Je m'appelle Ludrick, enchanté."

Il finit par remarquer les marques parcourant son buste et ses bras. Il reconnaissait ces marques. Elle provenait sûrement des aiguilles de Célyse, il commençait à avoir l’œil pour reconnaitre de telles choses à force de l'observer. Il était surpris mais en même temps, pas énormément. Elle était devenue si populaire dans le village depuis son arrivée. Tous allait la voir pour différentes raisons ou besoins, il était heureux pour elle.

"C'est ainsi que mon père m'a élevé. Dormir de trop est un gâchis d'une partie de la journée d'après lui. Je m'apprêtais à rejoindre une amie." Il tourna la tête vers la route menant en contrebas du village."Je l'aide à récolter des plantes médicinales et elle m'apprends à les utiliser, que ce soit en soin ou poison. Ce sont des connaissances utiles dans ce monde."


Slo'Anh

Inventaire

« Eh bien enchantée également, Ludrick. » accueillit-elle les présentations de son interlocuteur. Sa remarque sur les morsures l’avait surprise autant qu’elle l’avait amusée. Qu’il ne vienne pas lui donner des idées, sinon sa popularité n’allait pas vraiment s’améliorer…

L’échange courtois qui s’était installé doucement entre les deux êtres si différents qu’ils étaient avait légèrement détendu la Zora. Toutefois elle gardait toujours une certaine tension dans les muscles, prête à bondir ou à décamper, de manière inconsciente. Sous son flegme acquis au cours des décennies, c’était l’anxiété l’amie qui l’accompagnait le plus souvent.

C’était donc avec méfiance, mais une méfiance plaisante, que Slo’Anh apprenait à apprécier cet inconnu qui lui témoignait un respect finalement longuement attendu chez ses congénères. « C'est ainsi que mon père m'a élevé. Dormir de trop est un gâchis d'une partie de la journée d'après lui. » lui confia-t-il pour répondre à sa question. « Il me rappelle mon propre père dans ce cas. » ironisa-t-elle, formatée par tant d’années de formation à la chasse. Elle n’était pas aussi douée que ses frères et sœurs, et le chef de famille ne perdait que peu d’occasions de lui dire. « Lui en revanche mordrait volontiers certaines personnes ici. » rebondit-elle sur la plaisanterie précédente.

L’Hylien évoqua ensuite une amie, qu’il s’apprêtait à rejoindre pour apprendre des plantes et de leurs effets. Oubliant ses grandes dents, elle esquissa un sourire. « Célyse avait parlé d’un apprenti. » commenta-t-elle simplement. Le jeune homme ne parut pas surpris d’entendre le nom de la soigneuse aux aiguilles, ce qui indiqua à la chasseresse qu’il avait observé les marques sur son corps. Avenant, mais pas stupide, ce qui était un très bon point pour lui dans l’esprit de la Zora.

« Je me forme auprès de l’Apothicaire, quand je n’aide pas au dispensaire. » Elle rangea ses affaires dans une petite besace qu’elle portait à l’épaule, et se pencha très légèrement en avant pour faciliter la communication entre eux. Ses épines dorsales se hérissaient dans son dos à cause de la courbure ainsi générée par son dos. « Notre amie commune est nettement plus intéressante. » dit-elle, une pointe de lassitude dans sa voix éraillée par trop de longs silences. Sa remarque laissait néanmoins supposer qu’elle aussi choisissait de passer du temps auprès de l’Hylienne.

Ne tenant plus réellement en place, elle se leva finalement, aussi délicatement qu’elle le put pour ne pas faire rouler les pierres sur lesquelles elle s’était perchée. « Jusqu’ici, que préférez-vous ? » demanda-t-elle plus naturellement qu’elle ne l’avait songé. En fin de compte, les conversations avaient fini par lui manquer, si bien qu’elle était soulagée de voir celle-ci continuer un peu.  « Poisons ou remèdes ? » précisa-t-elle, alors qu’elle arrivait à sa hauteur, debout. Elle était légèrement plus grande, mais pas énormément compte-tenu de sa petite stature pour un Zora.

« J’ai chassé toute ma vie : j’admets que soigner est assez plaisant. » Son visage de renfrogna légèrement. Le Domaine avait assez de soigneurs comme cela, et avec une médecine bien Zora. Qu’adviendrait-il d’elle, si ses recherches devaient s’éterniser durant toute sa vie ? Serait-elle à jamais séparée des siens, car elle ne pouvait conjuguer sa vie zora et son intérêt pour les autres cultures ?

Sa nuque s’était courbée, sous le poids de ce chagrin passager. Mais elle se ressaisit en voyant que l’autre l’observait. « Mais je vous retarde. » dit-elle en sur un ton qui ressemblait à de vagues excuses. « Laissez-moi vous accompagner. » proposa-t-elle, ayant encore un moment devant elle.


Ludrick

Inventaire

  • Dague familiale
Il était bien plus aisé qu'il ne le pensait de converser avec la Zora. Malgré son air imposant et quelques maladresses qui pourraient la faire passer pour une dangereux prédateur, elle restait une bonne compagnie aux yeux du jeune hylien. Il n'était pas difficile de plaire au jeune homme qui avait le contact assez facile avec son entourage et une tolérance peu habituel dans un tel village craignant les étrangers. Il semblait comme une anomalie dans ce village et il se sentait comme tel. Il sentait le regard des habitants lui peser sur l'épaule, des regards lourds de sens, il y était habitué. Il parlait souvent avec les étrangers traversant le village et ça avait pour effet que si la plupart des villageois l'appréciaient grâce à ses efforts pour Elimith, une grande partie de celui-ci, les plus méfiants et hostiles aux étrangers, ne l'appréciaient pas et le lui faisaient bien ressentir. Ludrick ne s'était jamais rebellé contre cela, acceptant simplement ce fait. Il voulait quitter ce village, cette routine dans laquelle il était enfermé, il ne supportait plus tout ça. Il avait souvent l'impression d'étouffer, d'être un oiseau à qui on avait tenté de couper les ailes pour l'empêcher de voler loin de son nid et découvrir le ciel. Malheureusement, l'hiver arrivait et il ne pourrait partir sans devoir braver un froid glaciale et des conditions dangereuses.

A sa remarque sur son paternel, il pouvait facilement deviner qu'il était aussi sûrement aussi dur que le sien. Ils étaient dans le même cas et cela amusait doucement le guerrier. Elle enchaina ensuite sur une plaisanterie qui ne manqua pas de lui arracher un discret rire. Il n'en doutait absolument pas que son père voudrait en mordre certains. Ludrick lui-même avait déjà eu envie de frapper certaines personnes.

Elle finit par parler de Célyse. Il était peu étonné à la mention de son prénom mais ce qui l'étonna un peu plus fut qu'elle avait mentionné une information personnelle à l'hylienne taciturne.

"Célyse a parlé d'elle à quelqu'un ? C'est rare ça. Elle doit vous apprécier." L'homme afficha un léger sourire amusé. Il pouvait imaginer la tête de l'hylienne si elle l'avait entendu. "J'oserais pas le dire devant elle, par contre, sinon elle m'en voudrait."

Intéressante ? C'est vrai qu'elle l'était. C'était la première fois que Ludrick voyait quelqu'un soigner grâce à des aiguilles et elle semblait comme une encyclopédie vivante concernant les poisons et les remèdes. Il avait beaucoup apprit depuis qu'il était devenu son apprenti. Il était même devenu capable de créer ses poisons par lui-même, chose qui serait des plus utiles dans les terres sauvages qu'il comptait fouler.

Elle avait fini par se relever et dépassa l'homme d'une bonne tête, ce qui ne manqua pas de le surprendre. Il n'avait pas remarqué qu'elle était si grande quand elle était assise. Il avait bien remarqué que par moment, elle semblait plus lasser ou soucieuses au ton de sa voix et expressions de son visage. La Zora semblait trainer son lot de soucis, comme chacun. Il aimait remarquer à quel point chacun était semblable d'une certaine manière malgré les différences de chaque espèce. Il ne comprenait pas pourquoi chaque espèce se méfiait des autres, à ses yeux, ils étaient tous des êtres vivants égaux, devant vivre les mêmes soucis.

Qu'est-ce qu'il préférait ? De par sa nature profondément gentille, il aimait apporter son aide en soignant les blessures des autres mais il s'était découvert une passion à confectionner différents poisons qui devenait pour lui un autre moyen détourner d'aider les gens. Certains poisons peuvent aider à soigner tandis que d'autres peuvent tuer et donc protéger sa propre vie ou ceux qu'il voulait protéger. Chacun apportait à l'homme mais malgré tout, il préférait l'utilisation des poisons.

"Les poisons. Ils sont utiles pour toutes sortes de choses... De plus, entre de bonnes mains, ils peuvent protéger."
Elle était donc une soigneuse, tout comme Célyse. Il comprenait enfin pourquoi elles avaient dû s'entendre si bien et ça grâce à l'amour commun pour la médecine. "Soigner reste une chose plaisante, je suis bien d'accord. Mes connaissances dedans sont limités par contre."

Elle courba la nuque, le visage renfrogné, ce qui ne manqua pas d'inquiéter le guerrier. Il plaça sa main sur l’épaule de son interlocutrice comme pour lui apporte un léger soutien moral, un certain réconfort. Quand elle proposa de l'accompagner, il n'y vit aucun inconvénient et tourna sur le côté pour entamer la marche à travers la rue principale du village. Après quelques secondes de silence, il reprit la parole, voulant continuer de converser avec elle.

"Avez-vous certains soucis que je pourrais peut-être aider à régler, voir vous offrir une piste ? Je connais ce village comme ma poche donc je peux vous rediriger si besoin."

Il était comme ça, il ne pouvait s'empêcher d'apporter son aide même minime à qui que ce soit ou même quand elle n'était pas désirée. Il aimait apporter son utilité à ce monde, ça l'aidait à briser un quotidien lassant.