Hyrule's Journey

Quand un mal ne peut être soigné...

Fin de l'automne - 3 mois 3 semaines 5 jours après (voir la timeline)

Playru Point

Inventaire

  • Les larmes
Le soleil commençais à dire bonjour, il disait bonjour à la végétation local, aux arbres, au fleurs, aux herbes et autres plantes qui compose la flore d'Hyrule. Il disait bonjour à la faune, il disait bonjour au cocon qui s'ouvrait pour laisser naître un jeune papillon, il disait bonjour aux écureuils qui doucement faisaient leur provision pour survivre l'hiver qui approchait, il disait bonjour aux oiseaux qui se mirent à chanter pour lui répondre. Le Soleil disait bonjour aux plaines, au monts, aux plateaux, au lac et à tout autres paysages. Le Soleil disait bonjour à Hyrule, il disait bonjour à la vie.

Alors que le Soleil disait bonjour, un zora l'observa brièvement avant de tourné le regard.
« Hmm... Il fait déjà jour ?... Où suis-je ? »
En se relevant, Playru reconnu sa chambre d'auberge.
Il se mit à descendre afin de prendre un 'petit déjeuné' avant de se mettre à faire le ménage. Il se força à prendre un verre d'eau entre chaque tache histoire de ne pas finir déshydraté ou par peur de se faire crié dessus par le patron de l'auberge car il ne prendrais pas assez soin de lui même. Comme à son habitude, le zora fini ses taches avant la mi-journée. Soudainement alors que Playru prenait une pause, une voix féminin l’interpella.
« T'es un rapide toi... »
« Ça dépends de l'activité. Et je vous prierez de me vouvoyer... »
En se retournant Playru fut sous le choc. Face à lui se trouvait une hyliène d'une trentaine d'année. Elle semblait énormément fatiguée. Le Zora l'observa la bouche tremblante.
« Est-ce que ça vas ? Vous avez l'aire d'avoir vue un fantôme. »
« Zo... Zo... Désolé, je vous ai pris pour une personne que j'ai connu il y a fort longtemps... Mais ce n'ai qu'une coïncidence. Je suis désolé encore. »
De vieux souvenir du zora refirent surface, des bon souvenirs comme des mauvais. Le zora fut perdu dans ses pensées avant de reprendre conscience quelques secondes plus tard.
« Oh, pardon, vous vouliez me demander quelque chose ? En quoi puis-je vous être utile ? »
L'hylienne commença à retrousser une des manches de sa chemise montrant des traces noir. Ces même traces était aussi visible sur sa nuque et ses jambes.
« Ne vous inquiétez pas... Ce n'ai pas contagieux... »
dit-elle en tournant le regard de honte et en s'appuyant contre un mur.
« Je... Ça fait un... depuis longtemps que j'ai ça... »
« Vous avez besoins de soin.  C'est pour ça que vous êtes venue me voir ? »
« Non non ! Ce n'est pas pour ça que je... kof ! kof ! Kof ! »
Elle se mis à tousser de tout ses poumons à genoux. Le zora traversa la pièce en courant d'un air paniquer et inquiet vers l'hyliènne.
« Zoé, Sa vas ?! »
« Kof ! Kof ! Zoé ? Mais ce n'est pas mon nom. Moi c'est Kana. Et sinon ça s'est calmé. Je vous remercie de vous être inquiétez pour moi. »
Elle se relève, le visage toujours fatigué mais laissant paraître un air joyeux suite à l'inquiétude du zora. Puis son visage changea pour une expression plus triste.
« Je... Cette maladie... Il ne me reste plus que peut de temps à vivre... Je le sais, je le ressent, je m'en vais peut à peut... et je n'ai personne avec qui partager ma fin. »


Slo'Anh

Inventaire

Après une matinée bien chargée où les soignants du dispensaire avaient fait en sorte la faire courir d’un bout à l’autre d’Elimith, Slo’Anh rentra à bout de force dans l’auberge où elle parvenait à trouver un peu de réconfort auprès du personnel, ceux-ci ayant souvent eu l’occasion d’abuser de ses services. La lumière blanche de ces journées claires d’automne lui avait déclenché une migraine dont elle se serait volontiers passée. Mais c’est tout de même avec la voix la plus aimable qu’elle avait à sa disposition qu’elle salua la vieille femme qui accueillait les nouveaux-venus.

« Mais c’est ma grande perche ! » lui répondit alors la femme. Elle s’amusait beaucoup de la plaisanterie, l’appelant toujours ainsi lorsqu’elles se voyaient. La Zora le prenait bien car elle avait un minimum d’affection pour l’Hylienne, et souriait toujours avec courtoisie à l’écoute de ce petit surnom. « En personne. » se contenta-t-elle de rebondir. Elle s’apprêtait à enchaîner toute une série de « Hmm » et de « Oh ! » pour rythmer le flot de banalités que son interlocutrice était sur le point de lui envoyer au visage, mais leur discussion fut tuée dans l’œuf par le mari de l’Hylienne. « Eh bien, ils tombent du ciel ceux-là ! » s’écria-t-il sans saluer la Zora. Elle savait qu’il était bien moins tolérant que son épouse à son égard, et ne releva même pas. Elle se demanda néanmoins de quoi il pouvait bien parler.

« Plaît-il ? » osa-t-elle donc timidement. C’est la femme qui lui répondit alors « Tu ne sais pas ? », soit par une autre question. Quelle vilaine manie avaient-ils là, tous ces humains… « Eh bien il faut croire que non. » s’impatienta-t-elle légèrement, le crâne toujours vrillé par sa migraine. « Il y en a un autre comme toi au village ! Il est en haut, dans l’aile les voyageurs ! »

Son sang ne fit qu’un tour. Un autre comme elle ? Mais comment ? Pourquoi ? Et surtout qui ? « Chev’Anh… » murmura-t-elle, soudain emplie d’un espoir immense. « Allez vas-y, tu en meurs d’envie, va ! » lui autorisa son amie sous l’air indigné de son bougon de mari. « N’allez pas vous multiplier hein ! » s’agaça l’homme alors qu’elle le contournait pour monter voir de quoi il retournait. La remarque lui provoqua un pincement au cœur, mais elle l’oublia vite à la perspective de retrouver son cher frère. Elle se surprit même à trottiner dans l’escalier. Sa tête, également, lui semblait beaucoup plus légère.

La plupart des portes étaient fermées, et aucune lumière ne semblait filtrer en-dessous, laissant supposer qu’elles étaient inoccupées. Mais elle entendit des voix étouffées par l’une d’entre elles, restée ouverte. Elle se permit de jeter un œil à l’intérieur de la chambre en passant à sa hauteur, et ce fut comme si le monde entier s’appuyait sur ses épaules, musclées, certes, mais pas assez pour cette fausse joie. En effet, ce n’était pas Chev’Anh qui se tenait devant elle, mais un Zora inconnu, qui semblait bien abîmé par la vie, par-dessus le marché. Il était accompagné d’une humaine qui avait à peine la peau sur les os, et ladite peau semblait partir en lambeaux. Cette vision ne fit qu’accabler encore plus la jeune soigneuse.

Son arrivée n’étant pas franchement discrète, les deux autres ne tardèrent pas à croiser son regard. « Pardon. » dit-elle simplement. « On m’a dit qu’il y avait un autre Zora. Je ne voulais pas déranger. » Son corps tout entier lui hurlait de revenir sur ses pas et de les laisser là où elle les avait trouvés, mais son sens du devoir fut tout de même plus fort que ses instincts primaires. « Je… Vous avez besoin d’un médecin ? » demanda-t-elle gentiment à la jeune femme. Elle gardait néanmoins un œil méfiant sur son aîné aquatique : il n’était que trop peu courant de voir son espèce sympathiser avec les terrestres.


Playru Point

Inventaire

  • Les larmes
Kana était en train de s'appuyer sur le bras du Zora pour se relever. Ce dernier n'avait pas vraiment compris la raison de sa venue et cela se voyait dans son visage.
« Je... Je ne suis pas sur d'avoir bien compris. Vous pouvez me dire en quoi puis-je vous aider ? »
« Je suis mourante... Je sais qu'il ne me reste plus beaucoup de temps sur ces terres... et je n'ai personne avec qui partager ma fin... Et on m'avait dit qu'ici je pourrais trouver un Zora solitaire et altruiste qui... »
En pleins milieux de sa phrase une autre voie, celle d'une zora.
« Pardon. » dit-elle simplement.
Playru la regardé d'un air curieux « Il y a une autre zora en ville ? » se disait-il alors que cette dernière reprit.
« On m'a dit qu'il y avait un autre Zora. Je ne voulais pas déranger. »
Le Zora ne pût s’empêcher de voir que cette dernière avait l'air un peu hésitante et déçue. Alors qu'il ouvrit la bouche pour parler, elle reprit la parole toujours une peu hésitante.
« Je... Vous avez besoin d'un médecin? » dit-elle à Kana.
« Non... enfin oui... mais je crains qu'il ne soit trop tard pour me soigner... mais merci quand même »
dit-elle en feintant un faux sourire visiblement forcé.
« à la limite vous pouvez faire quelque chose pour moi. Monsieur le Zora, pour revenir où j'en étais, On m'a dit qu'il y avait un Zora solitaire et altruiste... Je me disais que vous pourriez me tenir compagnie le temps qu'il me reste avant que je ne parte... » Elle se tourne vers Slo'Anh « si vous voulez... vous aussi vous pouvez me tenir compagnie... »
Le Zora était un peu troublé, l'ilienne ressemblait trait pour trait à sa défunte fille, il se demandait si c'était sa réincarnation qui souhaité lui dire une dernière fois au revoir, un cruel jeu du destin qui joué avec les sentiments du Zora, une chance de rédemption, ou tout simplement un hasard, mais le Zora acceptait la demande de Kana sans répondre. Juste un simple signe de la tête. Kana se tourna vers Slo'Anh.
« Alors ? Vous acceptez. ».


Slo'Anh

Inventaire

Une chose était certaine, au vu du regard de l’homme-poisson : il était aussi surpris qu’elle de trouver quelqu’un de son espèce. Ou alors, c’était un très bon acteur. Mais à en juger par l’air dépassé par la situation qu’il affichait, elle le voyait assez mal en espion pour le Banc Principal. Elle demeurait cependant sur une réserve plus que palpable. Les Zoras n’aimaient pas les Hyliens, elle avait été une exception jusqu’ici. Et comme par hasard, un autre gentil petit poisson venait en paix, ici, à Elimith ?

Elle fut assez triste de constater que la femme avait tardé à se faire soigner. Désormais, plus rien ne semblait pouvoir être fait pour elle. Et à présent, elle concentrait toute son attention sur le nouveau venu. « On m'a dit qu'il y avait un Zora solitaire et altruiste... Je me disais que vous pourriez me tenir compagnie le temps qu'il me reste avant que je ne parte... » lui dit-elle sur un ton presque implorant.

Un Zora. Solitaire, d’accord. Et… Altruiste ? D’un seul coup, les doutes de Slo’Anh qui avaient commencé à se dissiper revinrent aussi vite qu’une marée haute. « Et qui a dit ça ? » railla-t-elle, trop au courant de la réputation des Zoras auprès des terrestres. Mais elle devait bien reconnaître qu’avec son physique plus conventionnel, proche du canon royal de son peuple, ce Zora solitaire et altruiste semblait plus avenant. Cela aurait pu la rendre malade, après tous les efforts qu’elle faisait, de voir un parfait inconnu se placer directement dans les bonnes grâces des humains, si cela n’avait pas été aussi inapproprié.

Entre temps, la femme avait proposé à Slo’Anh de rester avec eux. « Alors ? Vous acceptez ? » la relança-t-elle face à son silence indigné. Sans bouger, la Chasseresse jeta un coup d’œil à travers les voilages de la fenêtre. La lumière semblait encore bien forte, dehors. Elle était donc un peu coincée ici, de toute manière. Par ailleurs, son caractère de grande sœur s’était réveillé avec fracas, et elle refusait de laisser une Hylienne affaiblie avec un Zora inconnu. Qui savait quelle vengeance il pouvait imaginer dès qu’elle aurait tourné les talons ? « Bien sûr. Vous n’avez plus à être seule. » dit-elle d’un air rassurant.

En contournant le Zora, elle aida la malade à s’assoir sur le lit. Elle s’agenouilla devant elle, sa haute stature plaçant ses yeux à la même hauteur que les siens. Elle lui sourit naturellement, tout en essayant de ne pas l’effrayer. « Je m’appelle Slo’Anh. J’aide à soigner les malades et les blessés du village. Je suis navrée que nos routes ne se soient pas croisées plus tôt. » Elle pencha la tête de côté, d’un air bienveillant. Elle leva la main pour lui toucher gentiment le bras, mais se ravisa, ne voulant pas paraître intrusive. « Et vous ? Parlez-moi… » Elle posa son regard sur son compatriote. « Parlez-nous de vous. Cela vous fera penser à autre chose. »

Elle alla chercher un verre d’eau à la cruche qui avait été posée dans la chambre, laissant l’autre Zora se rapprocher d’elle. Elle n’était pas ravie, mais après tout, c’était lui qu’elle était venue trouver. Elle lui confia le verre pour qu’il le lui donne, mais ne le quitta plus des yeux, et demeura à bonne distance pour réagir en cas de besoin.


Playru Point

Inventaire

  • Les larmes
La jeune Zora aida Kana à s'assoir et lui parla d'un ton apaisant et bienveillant. « Je m'appelle Slo'Anh. J'aide à soigner les malades et les blessés du village. Je suis navrée que nos routes ne se soient pas croisées plus tôt. » tout en penchant sa tête et laissant un sourire apparaître sur son visage. « Et vous ? Parlez-moi... Parlez-nous de vous. Cela vous fera penser à autre chose. »

Playru donna à Kana un verre d'eau que Slo'Anh lui avait passé quelques secondes plus tôt. Il était un peu mal à l'aise par le fait qu'il y ait deux femmes dans sa chambre dont une Zora qui n'arrêtait pas de le fixer du regard. Kana remercia Playru et Slo'Anh pour leur gentillesse.
« Merci... Je m'appelle Kana, Kana Venture.  Et Slo... Anh, c'est ça . Même si nos routes se croisé plus tôt, J'ai peur que même là vous n'auriez rien pus faire... » Elle laissa paraître encore un faux sourire et un petit ricanement forcé pour tenter de dédramatiser la situation. « J'ai déjà rencontré de nombreux soigneurs... mais aucun d'entre eux n'étaient apte à soigner ce que j'ai... »
Après un court moment de malaise et de silence, Playru prit la parole.
« Moi... Je me nomme Playru, Playru Point... Je suis un voyageur... » Plus il parlait, plus il se sentait mal à l'aise, car son histoire lui non plus n'était pas joyeuse et il voulait éviter de plomber encore plus l'ambiance. « Heu... sinon... heu... dame Venture... avez-vous un plan pour passer le temps ? »
Il regarda les deux femmes dans sa chambre et détourna vite fait le regard après avoir vu Slo'Anh. Cela faisait un bon moment qu'il n'avait pas vu Zora, qu'il avait oublié que peut d'entre eux portaient des vêtements comme lui. Mais durant les quelques secondes où il vit la Zora, il remarqua qu'elle semblait gênée par la lumière du soleil.
« Hmm... Je ne sais pas... on pourrait faire de la promenade, faire de la cueillette... Je n'avais pas vraiment de plan en fait... Je vis un peut au jour pour jour... Et vous ? Vous avez une idée . Qu'est-ce que vous feriez si vous deviez mourir demain ? » dit-elle avec le sourire toujours forcé mais une larme à l'œil.
Cette question frappas le Zora en pleins cœur. Il n'avait jamais réellement pensé à cette question, et s'attendait encore moins qu'une femme ressemblant à sa défunte fille la lui pose. Il laissa entendre un une inspiration coupée, ses yeux tremblant alors que lui reviens en mémoire l'image de sa fille entrain de se noyé (rappel pour ceux qui n'ont pas lue la biographie de Playru Point. Zoé, la fille de Playru, est une Hylienne et non pas une Zora qu'il a adopté)
« Pardon...heu... Moi, je... Je continuerai à aidé les personne qui m'entoures. C'est une promesse que je me suis fait... »

La patron passa devant la chambre.

« Hey, oh ! Le poisson qu'est ce que tu fait tout seul dans ta cha... Oh pardon, Je n'avait pas vue que tu te faisait plaisir en bonne compagnie... On voie que l'on reprends goût aux plaisir de la vie hein ? » Il ferma la porte et disant. « Amusez-vous bien ! Changé les drap dés que vous aurez fini, je ne veut pas que ça sente la transpiration de poisson ou autre chose douteux... »
Le zora se sentais de plus en plus gêné par la situation... Lui et Kana regardaient Slo'Anh en attente de sa réponse à la question sur qu'est ce qu'elle ferait si elle devait mourir demain.


Slo'Anh

Inventaire

Lorsque l’étranger servit le verre à Kana, Slo’Anh put observer qu’il se mouvait avec une certaine douceur. Il ne semblait pas aussi hostile qu’elle le suspectait d’être. Elle ne relâcha pas sa vigilance pour autant. Elle fut navrée par ailleurs à l’écoute du discours de la jeune femme. « Eh bien dame Venture, j’espère que l’aventure que nous vivrons avec vous aujourd’hui vous mettra quand-même du baume au cœur. » plaisanta-t-elle, toujours avec douceur.

Le Zora prit enfin la parole pour se présenter. Il se nommait apparemment Playru Point. Ce nom ne lui évoqua absolument rien, et elle fut certaine de ne jamais l’avoir rencontré lors de ses visites au domaine royal. « Vous devez voyager depuis longtemps. Je ne pense pas que j’aurais oublié avoir croisé un jour un de mes semblables accoutré de la sorte. » Elle ne se retint pas de le détailler des pieds à la tête, les écailles plus foncées lui servant de sourcils arquées en une expression visiblement analytique.

Elle demeura en retrait pendant que les deux autres échangeaient sur la manière de passer ses dernières heures. Aussi serviable qu’elle pût être, elle ne savait pas si elle allait être de très bonne compagnie pour des promenades et des cueillettes. Quant à attendre, impuissante, que l’Hylienne s’éteigne, c’était contraire à sa personnalité obstinée. Mais au vu de son état et de son discours, il n’y avait plus réellement le choix.

Bientôt, leurs deux regards se tournèrent vers la Chasseresse. Elle avala bruyamment sa salive, en les regardant tour à tour. Elle détestait prendre la parole, encore plus devant deux inconnus. De plus, elle n’y avait jamais réellement songé. Y aurait-il encore des Zoras qui fouleraient cette Terre et peupleraient ses eaux, quand son heure à elle serait venue ? Elle s’imagina entourée de petits alevins, ayant eux-mêmes été éclos par la descendance qu’on lui aurait confiée. Elle s’accrocha très fort à ce rêve pour entretenir sa motivation. Elle en avait plus que jamais besoin dans ses recherches.

Elle s’apprêta à bredouiller une réponse quand elle fut interrompue par un homme bien vulgaire et indélicat. « Nous ne transpirons pas. » dit-elle comme si elle n’avait pas saisi ses sous-entendus des plus vulgaires.

« Avec ma famille. » dit-elle simplement, après son départ. Si elle devait mourir, elle voudrait avoir pu dire à sa famille qu’elle en aimait chaque membre, même si c’était très compliqué pour elle de le leur montrer. Elle pensa à l’étreinte réconfortante de son frère, et espéra pouvoir le revoir avant de mourir, si quelque-chose devait leur arriver avant leurs vieux jours. « Avez-vous de la famille, Kana ? Et vous Playru ? » demanda-t-elle, quitte à mettre les pieds dans le plat.


Playru Point

Inventaire

  • Les larmes
Suite à la réponse de Slo'Anh, le cœur de Playru se serra. « de la famille... » ce mot raisonna en tête du Zora...
« O-oui oui, J'ai mes "parents" qui sont toujours en vie... je pense... »
Il regarda vers Les larmes et lâcha un soupiré, le visage un peu triste.
« Ça fait juste très longtemps que je ne les ai pas revus... Je devais avoir quoi... 47, 48 ans la dernière fois que je les ai vue... »
Il hésita de leur parlé de Zoé, mais il n'en avait hélas pas la force de leur parlé d'elle. Il resta quelques instants la bouche ouverte comme si il allait leur en parlé mais changea de phrase au moment où vit le son.
« Il... Sinon, vous Kana ? Avez-vous de la f-famille ? » Il ne comprit point pourquoi il avait buté sur le mot famille.

« Moi ? Hum... Non, plus vraiment... Ma mère est morte il y a plus de 10 ans et je n'ai jamais connu mon père. J'avais un grand  frère... mais... » Elle serra les poings un peu en colère. « Je le considère déjà comme mort. »
« Que s'est-il passé ? »
« Il nous a abandonnés au moment où on avait le plus besoin de lui. »
« Et moi qui ne voulais pas plomber l'ambiance...»
« ... »
« ... »
« … Et si on sortait . Je pense qu'un bol d'air frais nous fera un bien fou. » Dit-il après avoir tapé des mains.
Il se tourna vers Slo'Anh « Une question. Par curiosité et sans vouloir être impolie. Vous êtes omnivore ou carnivore ? » demanda-t-il alors qu'il accroche Les Larmes à son dos puis aida Kana à se relever.


Slo'Anh

Inventaire

Comme réponse, Playru évoqua des parents, mais pas de clan, ni de tribu. A son allure très canonique, en dehors des vêtements qu’il portait, elle en jugea qu’il avait dû naître au domaine royal. Mais il parlait également de l’avoir quitté. Rares étaient les Zoras solitaires, mais cela ne signifiait pas leur inexistence. Au moins pourrait-elle se sentir enrichie d’en avoir croisé un dans sa vie. Un voile sembla passer devant ses yeux alors qu’il fouillait ses pensées pour poursuivre ses paroles. Apparemment, même si ses parents ne semblaient pas être un sujet sensible, il y en avait un autre, enfoui un peu plus profondément dans son histoire. Mais qui était-elle pour juger, après tout, après les histoires que portait sa propre famille ?

« Sinon, vous Kana ? Avez-vous de la f-famille ? » finit-il par demander, coupant court à toute discussion à son sujet. Encore une fois, elle ne put vraiment lui en vouloir, étant toujours très réticente à se faire tirer les anguilles des branchies. Sans un mot, elle fit glisser son regard du Zora à la femme qui allait bientôt prendre la parole.

Apparemment, sa vie familiale n’était pas plus reluisante que sa santé. Une nouvelle fois, Slo’Anh fut frappée par l’aspect fugace de la vie terrestre. Pourquoi ne s’amusaient-ils pas plus puisqu’ils étaient si éphémères ? En un sens, cela devait signifier que chaque espèce avait son lot de soucis. Elle était néanmoins assez remontée contre les habitants du village pour ne pas vraiment s’apitoyer pour eux. Elle ne put que rester sans voix à l’écoute des malheurs de Kana.

Après un moment de silence, un bruit sec la fit sursauter. Elle regarda vivement en direction de sa source, et dévisagea Playru d’un air peu amène. Il avait simplement frappé des mains, mais elle était passée à deux doigts de lui sauter à la gorge à cause de ses réflexes de chasseuse. « … Et si on sortait ? Je pense qu'un bol d'air frais nous fera un bien fou. » avait-il proposé au même moment.

Elle s’apprêta à s’excuser, mais l’autre Zora la devança par une nouvelle question. « Une question. Par curiosité et sans vouloir être impoli. Vous êtes omnivore ou carnivore ? » Elle cligna trois fois des yeux, ses secondes paupières trainant légèrement après les premières pour humidifier ses yeux. Elle accompagna le mouvement du corps de Kana sans la toucher pour la réceptionner en cas de besoin, alors qu’elle se levait avec l’aide de Playru. « Mmh, je m’adapte. » répondit-elle alors, son regard vagabondant sur l’arme étrange qu’il portait dans le dos.

En croisant leur regard, elle comprit qu’ils attendaient une réponse plus complète. « Carnivore. » compléta-t-elle alors. « Mais mon corps peut tout digérer. » Ce qui était pratique quand elle ne pouvait pas aller pêcher pendant un moment. Elle accompagna à nouveau leur mouvement jusqu’au couloir, mais s’arrêta après avoir franchi le pas de la porte.

« Je ne peux pas vous suivre. » annonça-t-elle, toujours avec une voix douce. « Je vous rejoindrai quand le jour baissera. » donna-t-elle comme seule explication. De toute manière, il ne fallait pas avoir inventé l’air chaud pour comprendre, rien qu’en la regardant, sa lanterne nonchalamment rejetée derrière ta tête, qu’elle était un être de la nuit. Elle leur sourit, attendant qu’ils prennent de l’avance dans le couloir pour aller se reposer.


Playru Point

Inventaire

  • Les larmes
«  Je ne peut pas vous suivre... Je vous rejoindrais quand le jour baissera.  » annonça Slo'Anh.
Playru l'observait rapidement de la tette au pied sans bouger sa propre tête. Il réfléchit assez rapidement à la situation. Ce qui n'était point difficile. Et compris bien vite que Slo'Anh était très photosensible.
« Hum... Je vois... J'espère que l'on se reverra assez tôt. » dit-il d'un air sympatrique. Son visage affichait un sourire qu'il n'était pas apparue depuis plusieurs années, non pas un sourire forcé ni de politesse, mais un véritable sourire amical. Après un petit soupire il quitta la chambre avec Kana.

En quittant L'auberge, Kana demanda au Zora « Heu... vous avez une idée ? ... de ce que l'on va faire ? »
« J'ai une idée mais je ne pense pas que j'ai assez d'argent pour faire ce que je voudrais faire... » Il hésita à demander de l'argent à Kana mais se retint. Puis une Idée lui vient en tête. « C'EST BON J'AI TROUVÉ ! » dit-il en se retournant sec et pointant son index vers le ciel. Kana lâcha un petit cri de surprise lorsque le Zora se retourna sans prévenir. Ils retournaient tous deux dans l'auberge.

« Déjà rentrés ? Vous n'êtes même pas partis deux minutes. » demanda Onag.
« Le déjeuné est déjà préparé ? » répond Playru par une autre question.
« B-bah... non. Pourquoi ? »
« Je vous propose un servisse : Je prépare à manger et en échange vous me passez un peut d'argent. »
« Heu... » Elle hésitas quelques instant... « Et tu fait la plonge aussi ? »
« Cela me semble logique. Alors ? »
« Humm... D'accord. Il est bientôt la mie journée alors prépare le repas aller. »

Le Zora entra  dans la cuisine. Cette dernière était propre. Mais bon c'est tout à fait normal, vue que le Zora l'avait déjà nettoyé au matin et deux fois par jour les jours précédents. Il commença à allumer un feu et préparait à manger. Ses mouvements étaient souples et gracieux. Une douce et bonne odeur commençaient à se rependre dans l'auberge. Attirant encore une fois les regards des personnes environnantes sur Playru. Sur l'instant tout ce qui se passait sous les yeux des spectateurs était un régal, que cela soit les sons mélodiques provenant de la cuisine, l'odeur appétissante émise par le plat en court de préparation, la température ambiante, où le spectacle visuel que le Zora offrit, son corps se déplacent dans la cuisine de manière souple gracieuse et méthodique. Il ne manquait plus que le goût avant que tous les sens des personnes observant le Zora soient comblés face à ce grand spectacle.
Le repas fus prêt en moins de deux heure.
« Ouah... »
« Ouah... »
Dites-t-elles impressionnées par la prestation du Zora.
« Mesdames, le repas est prêt. » Dit Playru le visage satisfait et heureux. Pour lui la cuisine comme l'alchimie le font se sentir vivant.
Playru avait préparé un magnifique ragoût de viande, le plat n'attendait plus qu'à être servis.
« C-comment ? …o-où ? ... qu-quand ? ...D'où à tu appris à faire ça ? » bégaya Onag.
« La vie vous apprend bien des choses en 160 ans. J'ai même déjà été père pendant presque une trentaine d'années... » Dit-il d'un air fier. « C'était un de ses plats favoris... » Reprit-il d'un air un peu triste.

Le plat était tout simplement délicieux, la viande fondait en bouche, nul besoin de forcer pour mâcher la viande parfaitement cuite, la sauce était parfaitement en raccord avec la viande et donnait un mélange exquis. On pouvait sentir dans ce plat tout l'amour d'un Zora pour l'art de la cuisine, ceci était un plat préparé par un père aimant pour sa fille, un plat qui pouvait réchauffer et remplir le cœur et l'estomac de quiconque le déguster.


Slo'Anh

Inventaire

Après le départ des deux autres, Slo’Anh s’était réfugiée dans une chambre inoccupée dans laquelle elle avait gagné le droit d’aller de temps en temps. Profitant de l’obscurité de la pièce, elle se concentra pour détendre ses muscles, comme Célyse le lui avait appris. Avec son habitude de faire tout un coquillage de ce qui lui arrivait depuis qu’elle avait posé ses balistes – … ou non… valises ? – à Elimith, elle accumulait une tension monstrueuse dans tout son pauvre corps déjà assez dépaysé comme ça.

Les pieds dans une bassine d’eau, elle refit le cours de sa journée dans sa tête afin de faire un bilan de ce qu’elle avait appris. Laissant scintiller sa lanterne au bout de son nez, elle sortit son carnet rempli de notes à la graphie précipitée et parfois hasardeuse. Sur une nouvelle page, elle se mit à croquer grossièrement les lésions qu’elle avait vues sur la peau de Kana. Autour du dessin se disputaient quelques notes évasives, résumant le peu qu’elle avait pu apprendre. Elle s’attaqua ensuite à un dessin tout aussi simple de Playru. Lui non plus n’inspirait pas la santé quand on le regardait. Elle hésita à représenter ses vêtements. Elle savait bien que l’habit ne faisait pas le crabe, mais ce détail n’avait cessé de l’interloquer. Que cherchait-il, à se mettre ainsi sur son trente-requins ? « Et s’il cachait une maladie ? » se demanda-t-elle à haute voix. D’un côté, elle notait ses observations, puis de l’autre ses hypothèses.

Son cerveau fonctionnait à toute allure, et cela lui fit un bien fou, comme si elle se dégourdissait enfin les méninges. « …ou une arme ? » hésita-t-elle, encore méfiante quant au personnage. Mais quel intérêt avait-il à en dissimuler une, alors qu’il en avait déjà une autre, bien visible, dans le dos ? Elle avait bien entendu parler de Zoras partis fonder leur clan rebelle, mais elle les imaginait plus malins que solitaires et à la vue de tous dans une auberge assez renommée ?

Bientôt, elle laissa son casse-tête de côté, en notant ce qu’elle pouvait sur les cas qu’elle avait observés le matin. A force de travailler, elle retiendrait sans doute de plus en plus de connaissances pour être ainsi autonome lors de ses voyages.

Elle ne sut exactement combien de temps s’écoula pendant qu’elle était concentrée sur son petit carnet, mais la lumière qui filtrait sous la porte s’était déjà légèrement affaiblie. Ce fut cependant une odeur très étrange qui la sortit de sa bulle. Déconcentrée, de toute façon, elle rangea ses affaires, s’essuya doucement les pieds pour ne pas traîner d’eau partout, et sortit doucement de la chambre. L’odeur semblait venir de la cuisine, mais elle ne reconnut pas vraiment l’origine des aliments, étant elle-même habituée à les manger crus. En s’approchant, elle vit que quelques personnes s’étaient rassemblées pour regarder un spectacle apparemment fascinant. Aussi fut-elle surprise lorsqu’elle découvrit Playru s’articuler autour de plats et marmites.

En premier lieu, pourquoi s’affairait-il ainsi aussi près d’un feu ? La chaleur lui semblait déjà assez désagréable de l’endroit où elle se tenait elle-même. Ensuite, pourquoi avait-il ainsi maltraité cette pauvre viande ? La cuisson avait du lui retirer beaucoup de son eau, et la Zora s’en trouva presque triste. Et enfin, pourquoi tout le monde était-il si fasciné par un spectacle qui pourtant ne lui semblait pas casser trois tentacules à un calamar ? Encore une fois, la chasseresse se renfrogna d’être tantôt ignorée, tantôt méprisée, alors qu’elle faisait son possible pour aider son prochain, quand l’autre devenait leur héros à peigner le narval de la sorte.

« Mais enfin qu’avez-vous fait ? » demanda-t-elle, un peu indignée, à Playru, en arrivant à leur hauteur. Kana et Onag semblaient ravies de ce qu’elles mangeaient. Elle refusa sans la moindre politesse lorsqu’on lui proposa une assiette. « C’est trop cuit pour moi. » se justifia-t-elle, particulièrement bornée sur la question. « Et très riche, aussi, ça demande trop d’énergie à digérer. » commença-t-elle à expliquer. Elle était d’ailleurs très inquiète pour Kana, dont la très faible constitution ne lui permettait sans doute pas de s’octroyer un tel repas sans conséquences douloureuses. D’ailleurs, elle vit que le visage de l’Hylienne commençait à se décomposer au moins autant que les protéines de ce pauvre animal ainsi carbonisé dans son assiette.

« Baudroie divine ! » jura alors la Zora en s’agenouillant près d’elle. « Tout va bien ? » Elle sentit déjà quelques regards se tourner vers elle comme si elle avait été la cause de tout ceci. « Playru ! » s’exclama-t-elle, sortant de ses gonds sous le coup de l’inquiétude. Elle tâcha de se tempérer. « …mon frère. Pouvez-vous lui apporter de l’eau s’il-vous-plaît ? » Les gouttes de sueur se formant sur le front de la jeune femme ne lui inspiraient en effet rien de bon.


Playru Point

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  • Les larmes
Playru avait mal. Même si la cuisine le faisait se sentir vivant, Playru avait mal. Quelle idée pour un Zora de rester aussi près d'un feu aussi longtemps. Le Zora avait déjà ses muscles dessinés avant même de cuisiner, mais là, il n'y avait pas que les muscles qui étaient visibles, ses nerfs aussi se dessiner sur son corps sec. Presque toute la graisse que contenait le corps du Zora avait disparu. Le moindre de ses mouvements lui faisait mal, il pouvait sentir chacun de ses muscles se frotter les uns aux autres alors qu'une fine pédicule puisse à peine les laisser se glisser entre eux. Cette état et cette souffrance était le prix à payer pour qu'il puisse cuisiné. Si il avait cuisiné une dizaine de minute supplémentaire, le corps du Zora n'aurait guerre tenus le coup, cinq si on était en Été.

« Mais enfin qu'avez-vous fait ? » lui demanda Slo'Anh un peu indignée. Alors que Playru s’apprêter à la servir un bol de ragoût à cette dernière qui refusa. Les explications fournies par Slo'Anh furent parfaitement compréhensibles même si cette dernière pouvait lui montrer un peu plus de respect suite aux efforts qu'il avait fournis. Mais il fut heureux de voir que d'autres personnes apprécient son plat. Playru retourna dans la cuisine afin de préparé sa plonge, mais avant il se prépara à boire plusieurs verre d'eau d'affilé même si l'envie qu'il avait dans sa pensé était de piquer une tête dans la rivière la plus proche.

Alors qu'il s'apprêta à boire son premier verre sur une bonne douzaine, un cri se fit entendre « Playru ! … mon frère. Pouvez-vous lui apporter de l'eau s'il-vous-plaît ? » Sans la moindre hésitation, le Zora vint à l'appel de Slo'Anh avec une carafe et un verre tout deux remplis d'eau. Kana était entrain de s'étouffer.
« Kana !? Poussez-vous ! » Playru fit les gestes de premiers secours à Kana. Cette dernière pus enfin reprendre son souffle normal.
« Ahh... ahh... Désolé de vous avoir tous faits paniquer... » Elle prit une gorgé d'eau. « J'ai eu une crise de toux au alors que j'avais ma nourriture en bouche... Et dire que j’étais à de doigt d'y... »
Elle fut interrompue par le bruit de suffocation de son sauveur essoufflé qui qui a son tour commençait à avoir du mal à respirer. Il n'avait même plus la force de tenir debout et s’écroula de façon lourde. Il respira difficilement à grands coups de poumons de façon lente et bruyante. La détresse pouvait se lire sur son visage.


Slo'Anh

Inventaire

La crise de Kana avait finalement l’air moins grave que ce qu’elle avait laisser présager en premier lieu. Elle avait retrouvé la parole, et au vu de ce dont Slo’Anh se souvenait, c’était que l’air pouvait à nouveau passer dans sa trachée. « Ahh... ahh... Désolée de vous avoir tous fait paniquer... » haleta-t-elle, les yeux encore paniqués. « J'ai eu une crise de toux au alors que j'avais ma nourriture en bouche... Et dire que j’étais à deux doigt d'y... »

La Zora qui avait oublié de respirer sous le coup de l’inquiétude avait également repris son souffle, mais le soulagement ne fut que de courte durée. Alors que ses yeux ne quittaient pas l’Hylienne pour surveiller son état, un grand fracas la fit sauter sur ses jambes alors qu’elle était restée agenouillée. Avant même d’avoir réalisé ce qu’elle faisait, elle s’était retrouvée en position d’attaque, la nageoire dorsale relevée et menaçante, et la mâchoire inférieure avancée pour laisser libre toute son imposante dentition. Ses yeux jaunes, paraissant briller d’une lueur féroce dans la lumière tamisée, fixaient ce qui l’avait menacée. Une sorte de vibration faisait sonner ses écailles en ce qui ressemblait à un grognement étouffé.

Réalisant que ce qui avait réveillé ses instincts n’était pas une menace – du moins pas pour elle ni pour les deux femmes à la table – elle rectifia sa posture, reprenant enfin son souffle. Un peu égoïstement, elle fut soulagée que la plupart des regards soient dirigés vers Playru qui convulsait sur le sol, plutôt que sur ce qui venait de se produire avec elle, ce qui les aurait sans doute encore plus terrifiés.

Des murmures vinrent bourdonner dans la salle, sans que personne n’ose vraiment poser de questions à voix claire. Certains se demandaient s’il allait mourir, d’autres ce qui lui arrivait. Slo’Anh s’approcha avec méfiance. « Playru ? » l’appela-t-elle pour jauger sa conscience. Mais le pauvre était secoué de tellement de spasmes qu’il lui était sans doute impossible de répondre. Une autre question à voix basse arriva néanmoins jusqu’à ses oreilles : allait-il sentir encore plus fort une fois qu’il serait mort ? Elle ne put s’empêcher de lancer un regard peu amène en direction de l’auteur d’une telle question.

Kana était paniquée, et Slo’Anh imagina qu’elle s’était sans doute prise d’affection pour cet étranger qui l’accompagnait dans ses dernières heures. Mais lequel partirait avant l’autre, la Zora n’en était plus vraiment certaine. Elle empêcha la femme d’approcher. « Vous pourriez vous prendre un coup. » dit-elle aussi gentiment qu’elle le pouvait, malgré sa grande méfiance. Elle s’avança tout doucement.

Ce qu’elle vit en approchant lui évoqua les poissons qu’ils remontaient pour les villageois avec son père. Ils restaient là, à se débattre pour ne pas griller au soleil alors qu’ils n’avaient plus d’eau pour survivre. Généralement, elle essayait de les achever avant de les remonter, mais lors de certaines livraisons, cela ne garantissait pas la meilleure fraîcheur. Playru, tout comme ces poissons, était en train de se noyer au sens Zora du terme.

D’un geste excessivement vif pour l’animal placide qu’elle avait l’habitude d’afficher en présence des terrestres, elle revint en arrière pour attraper le pichet d’eau, et se repositionna tout près de son frère des eaux, comme si elle ne s’était jamais déplacée. Elle vida doucement le contenu de la cruche sur le visage et les branchies de Playru.

« Tu n’iras pas mieux, mais ça évitera que tu ailles moins bien. » essaya-t-elle de le rassurer, oubliant le vouvoiement au passage. Elle fit danser sa lanterne au-dessus de lui pour essayer de capter son regard, pour qu’il s’accroche à quelque-chose. Cela marchait très bien avec sa petite sœur lorsqu’elle était encore un tout petit alevin. En relevant sa tête, elle se heurta à une rangée de regards aussi interrogateurs qu’accusateurs. « Il lui faut de l’eau. » leur expliqua-t-elle d’une voix autoritaire. « Que quelqu’un m’aide à le porter à la rivière. » Et sans appel, elle vint le saisir au niveau des épaules, en attendant qu’on lui obéisse.